Belfaux

Canton de Fribourg · District : Sarine · 3'488 habitants (31.12.2025)

Origine du nom de Belfaux

Le lieu apparaît au XIIe siècle sous les formes « Belfo » et « Bellofago », puis en 1229 sous la forme « Bellfozen ». Le nom viendrait du latin bellus fagus, le « joli hêtre », peut-être un arbre vénéré à l'époque helvéto-romaine. L'ancien nom allemand, Gumschen, se rattacherait à compitum, le carrefour, en souvenir de deux routes romaines qui s'y croisaient.[1][2]

Fondation de Belfaux

Belfaux est habité sans interruption depuis le Mésolithique. Le village se trouve sur la route romaine de Rome à Avenches et sur celle de Fribourg à Payerne. Sa paroisse compte parmi les quinze paroisses fribourgeoises créées avant l'an mil : des fonts baptismaux du VIIIe siècle ont été retrouvés au Pré Saint-Maurice, et Belfaux est alors la seule paroisse connue du district actuel de la Sarine. Autafond et Cutterwil en dépendent, et elle réunit aujourd'hui sept communes. L'agriculture et l'artisanat font vivre le village jusqu'au XXe siècle.[1][2]

Histoire de Belfaux

Vers 6000 av. J.-C.. Des silex mésolithiques sont abandonnés au Pré Saint-Maurice.[2]

750 av. J.-C.-an 1. À l'âge du fer, on creuse au même endroit un puits hallstattien, et deux tombes du début de La Tène y sont aménagées.[1][2]

VIe siècle. Une église mérovingienne est fondée au Pré Saint-Maurice, puis transformée aux VIIIe et Xe siècles. Le cimetière voisin servira jusqu'au XVIIe siècle et recevra plus de mille tombes.[2]

1138. Le 25 février, à la dédicace de la première église de l'abbaye d'Hauterive, « Giroldus decanus de Belfo », doyen et curé de Belfaux, signe en tête le livre des donations. C'est la première mention de la paroisse.[1][2]

1267. Belfaux appartient à Guillaume de Montagny.[1]

1283. Richard de Corbières cède Belfaux à Rodolphe de Habsbourg.[1]

1442. Les Tierstein vendent à la ville de Fribourg une vingtaine de paroisses des environs, dont Belfaux. Le village fait dès lors partie des Anciennes Terres, dans la bannière de l'Hôpital, jusqu'en 1798 au moins.[1][2]

XVe siècle. Belfaux possède l'une des premières papeteries de Suisse.[1]

Vers 1470. L'église Saint-Étienne brûle. Seul le grand crucifix de bois du XIIIe siècle est épargné, ce qu'atteste en 1478 un acte de l'évêque de Lausanne Benoît de Montferrand.[1][3]

XVIIe-XVIIIe siècles. Le sanctuaire attire de nombreux pèlerins. Au XVIIe siècle, des boutiques d'objets de dévotion s'installent autour de l'église.[1][3]

1802. Grolley se détache de la paroisse.[2]

1847. Le 14 novembre, pendant la guerre du Sonderbund, la reddition du gouvernement fribourgeois est signée à Belfaux.[1]

1848. Le village quitte le district de Fribourg pour celui de la Sarine.[1]

1851. L'église actuelle, néoclassique, est inaugurée sur les plans de Fidel Leimbacher. Elle n'est consacrée qu'en 1865.[1]

1911. Des fouilles sont menées dans la gravière « Sur le Ruz ».[2]

1964. Une fonderie d'aluminium s'installe à Belfaux. Au début des années 1990, elle emploie une centaine de personnes.[1]

1977. Cutterwil rejoint Belfaux, après un décret du 2 novembre 1976. La commune remplace la biche des armoiries par le « joli hêtre ».[1][2][4]

1981-1986. Les fouilles du Pré Saint-Maurice révèlent un site reconnu d'importance nationale pour la continuité de son occupation.[1][2]

2013. Un jardin public est ouvert près de l'église, sur un ancien cimetière.[3]

2016. Autafond fusionne avec Belfaux le 1er janvier. Les armoiries prennent la biche à la rose d'Autafond, la rose rappelant les seigneurs de Thüdingen, anciens avoués de la paroisse.[1][2][5]

Population de Belfaux

Sources et références : [1][6]

Population de Belfaux
1770212
1850369
1900522
1950877
20002'214 (avec Cutterwil)
20253'488

Lieux historiques de Belfaux

Église Saint-Étienne. Bâtie dans les années 1850 sur les plans de Fidel Leimbacher, elle a un portique avec une statue de saint Étienne sculptée en 1902 par le Tessinois A. Regazzoni et une nef à huit colonnes cannelées. Le chœur garde des stalles de 1850 et des toiles de Dominik Annen (1876), le fond de la nef deux tableaux de Gottfried Locher (XVIIIe siècle). L'orgue est inauguré en 1880.[1][3][7]

Saint crucifix. Le grand crucifix de bois du XIIIe siècle, rescapé de l'incendie, se dresse à droite de l'entrée du chœur. Un vitrail d'Henri Broillet de 1920 rappelle le miracle.[1][3]

Jardin public. Ouvert en 2013 à côté de l'église, sur l'emplacement d'un ancien cimetière.[3]

Manoirs et maisons du centre. Le manoir de Lanthen-Heidt dit La Forge est un bien culturel d'importance nationale. Le manoir de Montenach, le manoir dit de Buman, l'auberge des XIII Cantons et la laiterie-fromagerie sont d'importance régionale.[7]

Vestiges de Belfaux

Pré Saint-Maurice. Ce site d'importance nationale, fouillé de 1981 à 1986, a livré des silex mésolithiques, un puits hallstattien, deux tombes du début de La Tène, des vestiges romains, une nécropole utilisée du VIe au XVIIe siècle, des traces d'habitat et les fondations de trois églises médiévales, avec des fonts baptismaux du VIIIe siècle.[1][2][7]

Gravière « Sur le Ruz ». Des fouilles y ont été faites en 1911.[2]

Légendes de Belfaux

Le crucifix épargné par le feu. La tradition raconte que le crucifix est resté « complètement indemne au milieu et au-dessus des tisons enflammés ». L'évêque de Lausanne reconnut le miracle, et des malades vinrent y chercher la guérison. Certains fidèles marchaient depuis Fribourg en portant de grandes croix en pénitence. Les pèlerinages déclinent au XIXe siècle.[3]

Sources

  1. Dictionnaire historique de la Suisse, « Belfaux » (Simone Vörös, version du 26.09.2016)
  2. Commune de Belfaux, « Histoire de Belfaux »
  3. Région de Fribourg (Fribourg Tourisme), « Église Saint-Étienne », Belfaux
  4. État de Fribourg, Recueil systématique (RSF 141.1.2), « Liste chronologique des fusions, divisions et changements de nom des communes »
  5. Commune d'Autafond, plan d'aménagement local, rapport explicatif (juin 2015)
  6. Service de la statistique du canton de Fribourg (SStat), « Population des communes, de 1900 à 2025 » (T01-02-03), population résidante permanente au 31.12.2025
  7. Office fédéral de la protection de la population, « Révision Inventaire PBC 2021 : liste cantonale, canton de FR » (état au 1.1.2026)

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