Cressier
Origine du nom de Cressier
Le village apparaît en 1080 sous la forme « Crisei ». Le nom, formé avec le suffixe « -acum », désigne le domaine d'un certain Criscius ou Crixsius. En allemand, Cressier se dit Grissach.[1][2]
Fondation de Cressier
Cressier s'est formé sur un promontoire au bord du vallon de la Bibera, probablement sur l'axe gallo-romain qui reliait la région du lac de Morat à la Sarine. Burchard, premier membre connu de la famille de Cressier, apparaît en 1080, et cette famille possède le village jusqu'au XIIIe siècle. Au XIIe siècle, le territoire forme une petite seigneurie, fief des Thierstein. Cressier est resté un village majoritairement francophone et catholique dans une contrée germanophone et protestante.[1][2]
Histoire de Cressier
1080. Burchard de Cressier est cité avec le lieu de « Crisei ».[1][2]
XIIe siècle. Le territoire forme une petite seigneurie tenue en fief des Thierstein.[1]
1228. Une paroisse est attestée pour la première fois. Son droit de collation est lié à la seigneurie.[1][2]
1402. Le patronage de saint Jean l'Évangéliste est attesté pour l'église.[1]
1442. Les comtes de Thierstein vendent le village à la ville de Fribourg, ce qui garantit le maintien du culte catholique et de la langue française. Cressier dépendra de la Bannière de l'Hôpital jusqu'en 1798.[1][2]
1464. La chapelle Saint-Urbain, hors du village, est attestée. Elle sera reconstruite en 1622, et peut-être encore en 1697.[1]
1529. Passée par alliance des Cressier aux Bubenberg, puis vendue et morcelée plusieurs fois, la seigneurie revient aux Praroman. Fribourg en revendique la souveraineté et la justice pénale.[1]
1661. Jean-Ferdinand de Diesbach épouse Anne-Elisabeth Python. Le manoir, dont le corps de logis remonte probablement à la fin du XVIe siècle, est alors réaménagé. Son décor intérieur est réalisé entre 1665 et 1691 environ.[1][3]
1691. Un plan fixe les limites de la seigneurie de Cressier.[2]
1699. Les Reynold deviennent propriétaires de la seigneurie, en 1699 (ou en 1715). Le manoir passe à François de Reynold, cousin des Diesbach. Les habitants rachètent peu à peu les autres droits féodaux acquis par la famille.[1][3]
Vers 1830. Une laiterie-fromagerie est bâtie près de l'église. Reconstruite après 1854, elle sert ensuite d'école.[2]
1841-1844. L'église Saint-Jean-l'Évangéliste est reconstruite en style néoclassique par Joseph-Fidel Leimbacher.[1][2]
Vers 1868. Le manoir s'agrandit d'un oriel et d'une tour-chapelle.[3]
1898. La gare de la ligne Fribourg-Morat est construite. Un nouveau quartier, avec hôtel et maisons bourgeoises, se forme autour d'elle.[1][2]
1913. Une nouvelle école de style Heimatstil s'élève sur les plans de R. Spielmann.[2]
1937. Une nouvelle laiterie-fromagerie est construite le long de la rue.[2]
1974-1977. Un incendie frappe le manoir en 1974. Il est reconstruit et restauré de 1975 à 1977.[2][3]
1980. La famille de Reynold cesse d'être propriétaire du manoir et de son domaine.[1][3]
1992. L'entreprise DiaMed, spécialisée dans les techniques médicales, installe son siège à Cressier.[1]
1994-1998. La fromagerie produit du Mont Vully dès 1994 et cesse de fabriquer de l'emmental en 1998.[1]
Population de Cressier
Sources et références : [1][5]
| 1811 | 211 |
| 1831 | 359 |
| 1850 | 326 |
| 1900 | 350 |
| 1950 | 395 |
| 2000 | 729 |
| 2025 | 1'120 |
Lieux historiques de Cressier
Manoir de Reynold. Bien culturel d'importance nationale, le manoir garde des murs d'un bâtiment des XVe et XVIe siècles, une aile nord du XVIIIe siècle et l'agrandissement de 1868 environ. Le vestibule est peint en trompe-l'œil, le grand salon porte des grisailles et une cheminée armoriée de 1691, la bibliothèque un plafond à médaillons mythologiques. Le petit salon abrite un poêle Renaissance avec une catelle aux armes Diesbach-Python de 1665, et un poêle Louis XVI de 1781 porte les armes des Reynold. Une allée de chênes mène au manoir.[2][3][4]
Église Saint-Jean-l'Évangéliste. Reconstruite en 1841-1844, l'église néoclassique, avec son clocher-porche et son campanile, est entourée de son cimetière. Elle figure parmi les biens culturels d'importance régionale.[1][2][4]
Chapelle Saint-Urbain. Attestée en 1464 hors du village, elle a été reconstruite en 1622.[1]
Château d'En-Bas. Petit manoir des Reynold élevé dans les années 1780, bien culturel d'importance régionale.[2][4]
Four banal et fermes. Le village garde un four banal à deux corps du début du XIXe siècle, une ferme en bois de 1818-1821 et les fermes de Jacques Maillard et de Benoît Farvagniez, toutes deux inscrites comme biens culturels d'importance régionale.[2][4]
Quartier de la gare. La petite gare et l'Hôtel de la Gare datent des années 1900 environ. Trois villas des années 1920, dont deux datées de 1926 et 1927, complètent le quartier.[2]
Vestiges de Cressier
Habitat de l'âge du Bronze moyen. Les premières traces d'habitat ont été repérées près de la gare, en bordure du vallon de la Bibera.[1][2]
Tumulus du bois de Boulay. Des tumulus de l'époque de Hallstatt, découverts en 1971, occupent le sommet de la colline boisée.[1][2]
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Cressier (FR) » (Marianne Rolle, version du 14.10.2010)
- Inventaire fédéral des sites construits d'importance nationale à protéger en Suisse (ISOS), « Cressier », 2e version, 11.2003
- Inventaire PBC, fiche KGS 02003, « Manoir de Reynold », Cressier (texte du Guide artistique de la Suisse, SHAS)
- Office fédéral de la protection de la population, « Révision Inventaire PBC 2021 : liste cantonale, canton de Fribourg » (état au 1.1.2026)
- Service de la statistique du canton de Fribourg (SStat), « Population des communes, de 1900 à 2025 » (T01-02-03), population résidante permanente au 31.12.2025
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