Marsens
Origine du nom de Marsens
Le village est nommé « Curtis marsingus » en 851, « Marsingis » en 929 et « Marcens » en 1668. Les germanophones disaient « Marsing ». On rattachait autrefois le nom à un patronyme, Marso, mais les fouilles de 1974-1976 ont montré qu'il vient du dieu Mars, auquel était dédié un temple ruiné vers 260.[1][2]
Fondation de Marsens
Le village renaît sous l'impulsion de l'abbaye prémontrée d'Humilimont, fondée entre 1136 et 1141 par Guillaume II de Corbières. La tradition locale en fait plutôt l'œuvre, en 1137, des sires Anselme, Guy et Boucard de Marsens, de la maison d'Everdes-Vuippens. Les seigneurs de Corbières tiennent d'abord Marsens, qui passe en 1224 aux Everdes-Vuippens. Au XIXe siècle, l'hôpital psychiatrique cantonal, élevé sur les terres de l'abbaye, change le caractère du village. Depuis 2001, la commune comprend aussi Vuippens.[1][2][6]
Histoire de Marsens
260. Vers cette date, le temple gallo-romain dédié à Mars Caturix tombe en ruine.[1]
851. Le domaine apparaît sous le nom de « Curtis marsingus ».[1][2]
1136-1141. Guillaume II de Corbières fonde l'abbaye prémontrée d'Humilimont, qui connaît trois siècles de prospérité. La tradition retient 1137 et l'attribue aux sires Anselme, Guy et Boucard de Marsens.[6][1][2]
1224. Marsens passe des seigneurs de Corbières à la famille d'Everdes-Vuippens.[1]
1330. Une chapelle Saint-Nicolas existe au village.[1]
1536. Marsens, jusque-là dans la paroisse de Bulle, rejoint celle de Vuippens.[1]
1549. Fribourg prend définitivement possession du village, qui forme avec Everdes et Vuippens un bailliage jusqu'en 1798.[1][2]
1580. Le 21 février, le pape Grégoire XIII supprime Humilimont à la demande du nonce Bonhomini et du gouvernement fribourgeois. Les biens vont au collège voulu par les jésuites, et Pierre Canisius prend possession de l'abbaye le 21 décembre.[2][1]
1641-1642. Les jésuites construisent la chapelle Saint-Ignace, dite « la Rotonde ».[1][4]
1798. Marsens entre dans le district de Bulle, puis en 1848 dans celui de la Gruyère.[1][2]
1852. L'abbé Gremaud d'Echarlens découvre le site du temple, qu'il prend pour une villa romaine.[2]
1872-1880. L'hôpital psychiatrique cantonal est construit sur des terres sécularisées en 1848. L'asile d'aliénés ouvre en 1875.[1][2]
1974-1976. Les fouilles menées avant la construction de l'autoroute établissent que le nom du village vient de Mars.[2]
2000. Le Grand Conseil adopte le 11 février le décret de fusion de Marsens et Vuippens.[3]
2001. Marsens et Vuippens forment une seule commune, qui garde le nom de Marsens.[1][2]
Population de Marsens
Sources et références : [1][5]
| 1811 | 251 |
| 1850 | 345 |
| 1900 | 705 |
| 1950 | 907 |
| 2000 | 1'123 |
| 2025 | 2'093 |
Lieux historiques de Marsens
Chapelle Saint-Ignace, « la Rotonde ». Construite en 1641-1642 par les jésuites, la chapelle est classée bien culturel d'importance nationale (catégorie A).[1][4]
Ancien hospice des aliénés. Le bâtiment des services généraux de l'ancien asile, devenu hôpital psychiatrique cantonal, figure à l'inventaire des biens culturels (catégorie B).[4][2]
Vuippens. L'ancienne commune de Vuippens conserve son château baillival, classé en catégorie A, et l'église Saint-Sulpice.[4][2]
Vestiges de Marsens
Temple de Mars. Le temple gallo-romain de Mars Caturix, ruiné vers 260, appartenait au vicus d'En Barras. Découvert en 1852 et fouillé en 1974-1976, il a été déplacé de 18 mètres vers l'ouest et se trouve aujourd'hui sur les territoires de Riaz et d'Echarlens. Le site est classé en catégorie A.[1][2][4]
Abbaye d'Humilimont. L'abbaye prémontrée fondée entre 1136 et 1141 décline à partir de 1450 et disparaît en 1580. Ses terres, sécularisées en 1848, portent l'hôpital psychiatrique et une exploitation de l'Institut agricole de Grangeneuve.[1][2][6]
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Marsens (FR) » (Alain-Jacques Czouz-Tornare, version du 17.09.2009)
- Commune de Marsens, « Histoire »
- État de Fribourg, « Liste chronologique des fusions, divisions et changements de nom des communes » (RSF 141.1.2), législation fribourgeoise
- Office fédéral de la protection de la population, « Révision Inventaire PBC 2021 : Liste cantonale Canton de FR » (état au 1.1.2026)
- Service de la statistique du canton de Fribourg (SStat), « Population des communes, de 1900 à 2025 » (T01-02-03), population résidante permanente au 31.12.2025
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Humilimont » (Kathrin Utz Tremp, version du 22.01.2026)
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