Bösingen

Canton de Fribourg · District : Singine · 3'336 habitants (31.12.2025)

Origine du nom de Bösingen

Le village est mentionné en 1228 sous la forme « Basens », qui devient ensuite « Besingen », puis Bösingen. Le français disait autrefois « Bésingue ». L'hypothèse d'un nom romain « Bassiniacum » a été écartée en 1997. La poste introduit dès 1855, contre la volonté de la commune, le nom de Grossbösingen, officiel de 1953 à 1962, année où le Conseil fédéral annule ce changement.[1][2]

Fondation de Bösingen

Bösingen est un village groupé, ancien centre paroissial d'une grande commune agricole, sur une colline près du confluent de la Sarine et de la Singine, face au château de Laupen. Il est entouré des hameaux de Fendringen, Friseneit, Grenchen, Litzistorf, Niederbösingen, Noflen, Lischera, Richterwil, Riederberg, Uttiwil et Vogelshus. Un domaine romain occupait l'emplacement de l'église actuelle, et le peuplement comme le culte se sont poursuivis du cimetière du haut Moyen Âge installé dans la villa jusqu'aux églises du village. Après la fondation de Berne et de Fribourg, Bösingen se trouve sur la grande route entre les deux villes, et son pont sur la Singine reste le seul jusqu'en 1470.[1][2][3]

Histoire de Bösingen

Époque de Hallstatt. Des tombes sont aménagées au Bodenholz.[1][2]

Ier-IVe siècle. Une vaste villa romaine s'étend sur le site de l'église et des écoles actuelles.[1][2]

Milieu du Xe siècle. La maison royale de Bourgogne cède probablement l'église à l'abbaye de Payerne.[1]

XIIe-XIIIe siècle. Une grande partie des terres passe des seigneurs de Fendringen, des chevaliers de Maggenberg et des Praroman au couvent de la Maigrauge et à l'hôpital de Fribourg.[1]

Vers 1250. La commanderie de l'ordre Teutonique de Köniz, qui a obtenu le droit de patronage dans la première moitié du siècle, bâtit l'église Saint-Jacques à côté de l'église Saint-Syr.[1][2]

1285. Première mention de la chapelle Saint-Syr.[1]

1442. Avec la vente des fiefs des Thierstein, de vastes biens passent à la ville de Fribourg. Bösingen fait partie de ses Anciennes Terres jusqu'en 1798.[1][3]

1447. Au premier recensement, le village ne compte que dix familles, soit 35 personnes.[2][3]

1470. Un nouveau passage de la Singine à Neuenegg fait perdre à Bösingen son rôle sur la route de transit.[1][3]

1485. Le droit de patronage passe au chapitre de Saint-Vincent de Berne, puis en 1528, avec la Réforme, à l'État de Berne.[1][3]

1788-1791. L'ancienne église Saint-Jacques est démolie et remplacée par l'église actuelle, de style baroque tardif (ou 1788-1790). Sa flèche est posée en 1793.[2][3]

1802. Le premier bâtiment d'école est construit. Il sera démoli en 1962 pour agrandir le cimetière.[2][3]

1816. Le 1er novembre, la grande cloche se fend. Sa remplaçante, coulée en 1818, est la plus grande du district.[2][6]

1831. Bösingen devient formellement une commune politique.[1]

1868. Les immigrés bernois, présents depuis le milieu du XIXe siècle, ouvrent une école réformée à Fendringen. Une école ménagère rurale réformée suit à Uttiwil en 1929.[1]

1888-1890. Construction de la route cantonale Laupen-Tuftera-village-Riederberg.[2]

1889. Après un arrêt du Tribunal fédéral, le droit de patronage revient enfin au canton de Fribourg.[1]

1904. Le raccordement de Laupen au chemin de fer de la vallée de la Singine tourne davantage Bösingen vers la région de Berne.[1]

1977. Oberbösingen, avec environ 600 habitants et près d'un quart du territoire, passe à Wünnewil-Flamatt.[1][2]

Population de Bösingen

Sources et références : [1][2][7]

Population de Bösingen
1447188 habitants
1831880
18501'124
19001'438
19502'008
19702'317
19801'808
20003'117
20253'336

Lieux historiques de Bösingen

Église Saint-Jacques. Église paroissiale de style baroque tardif bâtie de 1788 à 1791 sur un tronçon de tour en tuf de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle. Sa flèche couverte de bardeaux date de 1793, le maître-autel de Joseph Moosbrugger de 1824 et l'orgue de Moritz Mooser de 1844, rendu à sa forme d'origine en 1971. Les plafonds peints sont de Gottfried Locher, deux autres de Raymond Meuwly (1971). L'ancienne cloche de Saint-Syr y sonne contre les orages. Bien culturel d'importance régionale.[2][3][4]

Chapelle du cimetière. Chapelle de la Sainte-Croix bâtie en 1836 à la place d'une chapelle du XVIe siècle, restaurée en 2004.[2][3]

Cure. Maison bâtie en 1576, complétée en 1780 et accompagnée d'un grenier.[3]

Schlössli. Résidence de campagne de 1755, avec son parc.[3]

Maison de maître de Vogelshus. Bâtie en 1757 pour Simon-Nicolas Lenzburger (1717-1806), fait comte de Lenzbourg en 1783 par Victor-Amédée III de Sardaigne, et attribuée à Johann Paulus Nader. Elle a servi de modèle aux maisons de maître fribourgeoises de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Bien culturel d'importance nationale.[4][5]

Maison de maître de Friseneit. Maison de maître des Praroman, bien culturel d'importance régionale.[4]

Centre du village. Inscrit à l'inventaire fédéral des sites construits d'importance nationale. Autour de l'église se trouvent l'ancienne auberge paroissiale de 1837 et la nouvelle de 1903, de style néogothique.[2][3]

Vestiges de Bösingen

Villa romaine et cimetière du haut Moyen Âge. Le sous-sol du village, bien culturel d'importance nationale, réunit une villa gallo-romaine, un cimetière du haut Moyen Âge et une ancienne église. Les trouvailles romaines vont du Ier au IVe siècle. Un poste fortifié romain, avancé d'Aventicum, se serait peut-être dressé à l'emplacement du cimetière.[1][2][3][4]

Église Saint-Syr. Église de pèlerinage citée en 1285, voisine de l'église Saint-Jacques, démolie en 1890.[1][2]

Légendes de Bösingen

La plus grande cloche du district. Après la fêlure de leur grande cloche en 1816, les gens de Bösingen voulurent en avoir une plus grande que celle de Tafers (Tavel), la plus grande du district, dont on refusait de leur donner les mesures. Deux hommes se glissèrent dans le clocher de Tafers et mesurèrent le bord de la cloche avec une ficelle, marquée d'un nœud. Repérés sur la place, ils furent invités à l'auberge Saint-Martin, où l'on fit parler les deux Bösingeois pendant qu'un homme de Tafers coupait discrètement un bout de la ficelle. Rentrés avec la mesure raccourcie, ils ajoutèrent une marge et commandèrent la cloche. Le curé Moritz Schwaller a noté ce récit transmis oralement. La cloche de Bösingen, un peu moins large, est plus haute que celle de Tafers.[6]

Les fondateurs de Saint-Syr. La tradition rapporte que le roi Rodolphe et la reine Berthe de Bourgogne, qui avaient bâti vers 930 le château de Laupen sur l'autre rive de la Singine, firent aussi construire l'église Saint-Syr vers 935.[2]

Sources

  1. Dictionnaire historique de la Suisse, « Bösingen » (Jean-François Steiert, version du 07.01.2003)
  2. Commune de Bösingen, « Geschichte »
  3. Inventaire fédéral des sites construits d'importance nationale (ISOS), « Bösingen »
  4. Office fédéral de la protection de la population, « Révision Inventaire PBC 2021 : liste cantonale, canton de FR » (état au 1.1.2026)
  5. Inventaire suisse des biens culturels d'importance nationale (PBC), fiche KGS 01959, « Herrenhaus de Lenzbourg », d'après le Guide artistique de la Suisse (SHAS)
  6. Commune de Bösingen, « Wie Bösingen zur grössten Glocke im Bezirk kam » (récit de Moritz Schwaller, Freiburger Nachrichten, 25.11.1994)
  7. Service de la statistique du canton de Fribourg (SStat), « Population des communes, de 1900 à 2025 » (T01-02-03), population résidante permanente au 31.12.2025

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