Bulle

Ville Canton de Fribourg · District : Gruyère · 27'276 habitants (31.12.2025)

Origine du nom de Bulle

Le lieu est nommé « Butulum » au IXe siècle, « Bollo » en 1200 et « Bullo » vers 1225. L'ancien nom allemand est « Boll ». Aucune explication du nom n'est proposée.[1]

Fondation de Bulle

Bulle s'est développé sur la rive gauche de la Trême, à 770 m d'altitude au pied des Préalpes, au carrefour des routes de Fribourg, Vevey, Romont, la vallée de la Jogne et le Pays-d'Enhaut. Son église Saint-Eusèbe, probablement fondée par un évêque de Lausanne entre le VIe et le VIIIe siècle, reste jusqu'au XVIe siècle l'église mère du décanat d'Ogo. Le lieu forme avec Avenches et Curtilles une curtis épiscopale, peut-être dès le VIe siècle. Du XIIe au XIVe siècle, évêques de Lausanne et comtes de Gruyère se le disputent, et les évêques l'emportent. Aucune charte de franchises n'a été retrouvée, mais les bourgeois jouissent de libertés dès la fin du XIIe siècle et suivent la coutume de Lausanne. La commune actuelle est née en 2006 de la fusion de Bulle avec La Tour-de-Trême.[1]

Histoire de Bulle

852-875. L'église Saint-Eusèbe est attestée.[1]

1195-1196. Le comte Rodolphe de Gruyère reconnaît l'ancienneté du marché de Bulle. Les bourgeois sont mentionnés pour la première fois.[1]

1231-1239. Sous l'évêque Boniface, un rempart enferme la ville dans un plan rectangulaire.[1]

vers 1273-1301. L'évêque Guillaume de Champvent fait bâtir le château et son donjon de 33 m.[1]

1447. Un incendie détruit une grande partie de la ville.[1]

1476. Le 16 janvier, Bulle conclut un traité de combourgeoisie avec Fribourg, qui lui évite les pillages après la bataille de Morat.[1]

1536. Pendant l'occupation bernoise du Pays de Vaud, l'évêque Sébastien de Montfalcon conseille aux Bullois de demander la protection de Fribourg.[1]

1537. La protection devient souveraineté, et le château accueille le siège d'un bailliage fribourgeois.[1]

1665. Les capucins reçoivent le sanctuaire de Notre-Dame-de-Compassion.[1]

1750-1751. L'église Saint-Pierre-aux-Liens est reconstruite.[1]

1780. Une école latine est fondée.[1]

1781. Pierre-Nicolas Chenaux tient des réunions à Bulle. Après l'échec du mouvement, l'exil conduit à la fondation du Club helvétique à Paris.[1]

1798. L'arbre de la liberté est planté le 26 janvier. Jusqu'en 1802, l'occupation française pèse lourdement sur la ville.[1]

1805. Le 2 avril, un gigantesque incendie détruit presque toute la localité. L'hôtel de ville est achevé en 1808 et l'église paroissiale consacrée en 1816.[1]

1848. Bulle devient chef-lieu du district de la Gruyère.[1]

1855. L'école secondaire de la Gruyère ouvre ses portes.[1]

1868. La ligne de chemin de fer Bulle-Romont est ouverte. Dans les années 1880, les foires d'octobre réunissent 3'000 à 4'000 têtes de bétail.[1]

1944. Le 23 novembre éclate l'« émeute de Bulle ». La cour pénale fédérale prononce 14 condamnations en octobre 1945.[1]

1981. L'autoroute A12 est terminée.[1]

2006. Bulle fusionne avec La Tour-de-Trême, située surtout sur la rive droite de la Trême.[1]

Population de Bulle

Sources et références : [1][3]

Population de Bulle
fin du Moyen Âge600 environ
18111'165
18501'833
19003'330
19505'255
19707'556
200011'149
201017'826 (avec La Tour-de-Trême)
202023'180
202527'276

Lieux historiques de Bulle

Château. Bâti vers 1273-1301 pour l'évêque Guillaume de Champvent, avec un donjon de 33 m, il devient en 1537 le siège du bailli fribourgeois. L'appartement du bailli et la salle d'audience sont aménagés en 1763-1768. Château des évêques de Lausanne, puis résidence baillivale et préfecture, il est classé bien culturel d'importance nationale.[1][2]

Église Saint-Pierre-aux-Liens. Reconstruite en 1750-1751, l'église paroissiale est de nouveau consacrée en 1816, après l'incendie de 1805. Elle figure à l'inventaire des biens culturels (catégorie B).[1][2]

Couvent des Capucins et chapelle Notre-Dame-de-Compassion. La chapelle, voisine de l'hôpital fondé vers 1350, attire un pèlerinage à Notre-Dame-de-Pitié, ou de Compassion. Les capucins la reçoivent en 1665. L'ensemble est classé bien culturel d'importance nationale.[1][2]

Hôtel de ville. Achevé en 1808, après l'incendie, il figure à l'inventaire des biens culturels (catégorie B), comme les archives de la Ville de Bulle qu'il abrite.[1][2]

Musée gruérien. Le musée et la bibliothèque publique ouvrent en 1978. Le Musée gruérien est classé bien culturel d'importance nationale.[1][2]

Marché couvert et Espace Gruyère. Le marché couvert des taureaux date de 1910 (ou 1908). L'Espace Gruyère a suivi en 1998.[1]

Vestiges de Bulle

Tumulus du Hallstatt. Un grand tumulus du Hallstatt ancien a été fouillé en 1995, à environ 300 m de la butte de l'église. Des traces d'occupation gallo-romaine ont aussi été relevées.[1]

Rempart et portes. Le rempart élevé entre 1231 et 1239 donnait à la ville son plan rectangulaire. La porte d'En-Bas a été démolie en 1805, la porte d'En-Haut en 1837.[1]

Sources

  1. Dictionnaire historique de la Suisse, « Bulle (commune) » (Denis Buchs, version du 26.09.2016)
  2. Office fédéral de la protection de la population, « Révision Inventaire PBC 2021 : Liste cantonale Canton de FR » (état au 1.1.2026)
  3. Service de la statistique du canton de Fribourg (SStat), « Population des communes, de 1900 à 2025 » (T01-02-03), population résidante permanente au 31.12.2025

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