Chartreuse de la Valsainte
Origine du nom de Chartreuse de la Valsainte
La Valsainte s'appelait à l'origine le Val de tous les Saints, en latin « Vallis sanctorum omnium ». Depuis sa reconstruction, le couvent est dédié à Notre-Dame-de-l'Assomption.[1]
Fondation de Chartreuse de la Valsainte
Girard Ier et Girard II de Corbières fondent la chartreuse en 1295. Ils la dotent de biens et de droits seigneuriaux, surtout dans la vallée du Javroz, où les moines exercent aussi la haute justice. Depuis le XVIe siècle, Fribourg cherche à supprimer le couvent, que la France soutient et qui résiste longtemps. Fermée en 1778, occupée ensuite par des trappistes, des cisterciens et des rédemptoristes, la maison est en grande partie démolie avant le retour des chartreux en 1859. Elle est la seule chartreuse encore en activité en Suisse.[1][2]
Histoire de Chartreuse de la Valsainte
1295. Les Corbières fondent la chartreuse.[1][2]
1369. La maison de Savoie confirme les droits du couvent.[1]
1381. Un incendie détruit entièrement la chartreuse.[1][2]
1454. La maison de Gruyère rachète la Valsainte.[1]
1553. La Valsainte passe à Fribourg.[1]
1601. Le feu ravage le couvent.[2]
1727-1729. Dom Amédée Nas fait bâtir l'aile ouest, avec sa façade sur la cour d'honneur.[2]
1732. Un nouvel incendie frappe la chartreuse, restaurée de 1732 à 1737.[2]
1778. Avec l'accord du pape, Fribourg supprime le couvent. Ses biens vont au collège Saint-Michel, au grand séminaire de Fribourg et à l'évêque de Lausanne, et les moines partent pour la Part-Dieu.[1][2][3]
1791-1815. Des trappistes chassés de France occupent les lieux (dès 1794, selon une autre source). Le pape Pie VI reconnaît la maison comme abbaye cistercienne en 1794, et des cisterciens de Soligny, en Normandie, y vivent en 1802-1812 et en 1814-1815.[1][2]
1818-1824. Des rédemptoristes bavarois y séjournent et démolissent les cellules de la seconde moitié du XVIe siècle. Le site est ensuite vendu, puis démoli, sauf le corps central de 1729.[1][2]
1859. Chassés de la Part-Dieu en 1848, les chartreux reprennent possession de la Valsainte.[1][3]
1861. Le Grand Conseil fribourgeois approuve, à une voix de majorité, le rétablissement du couvent.[1]
1863-1868. Les chartreux rebâtissent le couvent sur son plan d'origine, avec quatorze cellules autour du grand cloître, une aile du chapitre et un réfectoire de part et d'autre de l'église.[1][2]
1884-1904. Pour accueillir des chartreux expulsés de France, le couvent s'agrandit d'une deuxième rangée de cellules au sud et du bâtiment des frères, dit « les Obédiences » (1884, ou 1886), puis d'une troisième rangée, le cloître du noviciat, avec l'agrandissement de l'église et du réfectoire (1903-1904, ou 1901).[1][2]
1956-1958. Antoine Claraz crée les armoiries et les statues de saint Bruno et de saint Nicolas de Flüe à l'entrée.[2]
1971. L'église est restaurée.[1]
2006. Après un glissement de terrain, les bâtiments ajoutés au tournant du XXe siècle sont détruits. Le cloître du noviciat cède la place à un aménagement paysager de Pascal Amphoux et Christoph Hüsler & Associés (2005-2008).[1][2]
2012. La communauté compte sept pères et huit frères, dont près de la moitié viennent de Suisse alémanique.[1]
Population de Chartreuse de la Valsainte
Sources et références : [1]
| 2012 | 7 pères et 8 frères |
Lieux historiques de Chartreuse de la Valsainte
Aile ouest et corps central. L'aile ouest de 1727-1729 et le corps central formé par la nef de l'église sont les parties les plus anciennes. Au milieu du XIXe siècle, il ne restait qu'eux, avec les pavillons d'angle du prieur et du coadjuteur et l'hôtellerie au nord-ouest.[1][2]
Grand cloître. Les quatorze cellules du grand cloître, l'aile du chapitre et le réfectoire datent de la reconstruction de 1863-1868, sur le plan d'origine.[2]
Entrée. Les armoiries et les statues de saint Bruno, fondateur de l'ordre, et de saint Nicolas de Flüe, œuvres d'Antoine Claraz (1956-1958), accueillent le visiteur.[2]
Vestiges de Chartreuse de la Valsainte
Cellules du XVIe siècle. Les cellules de la seconde moitié du XVIe siècle ont été démolies par les rédemptoristes entre 1818 et 1824.[2]
Cloître du noviciat. Bâti au début du XXe siècle pour les chartreux venus de France, le cloître du noviciat a été démonté après le glissement de terrain de 2006.[1][2]
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Valsainte, La » (Peter F. Kopp, version du 11.11.2016)
- Inventaire suisse des biens culturels (PBC), fiche « Chartreuse de la Valsainte » (KGS 01973), texte du Guide artistique de la Suisse (SHAS)
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Part-Dieu, La » (Ernst Tremp, version du 27.09.2010)
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