Château de la Soie

Site Canton de Valais · District : Sion · Site non habité (commune de Savièse)
Fait partie de la commune de Savièse

Origine du nom de Château de la Soie

Le site porte anciennement le nom de « Seta ». Il viendrait de la forme dentelée de l'arête rocheuse, comparable à une scie, qui se disait « soie » en vieux français ou en patois.[1][3]

Fondation de Château de la Soie

La Soie occupe une longue arête rocheuse de la rive droite du Rhône, au sud-ouest de Savièse et de Granois, dans la commune de Savièse. Vers 1200, l'évêque de Sion, probablement Landri de Mont, y fait construire une forteresse pour contrer le pouvoir des comtes de Savoie en Valais. Le site domine le bourg et le château de Conthey et surplombe la Morge, qui sépare alors les deux territoires. L'ensemble comprend un bourg, où la population des environs peut se réfugier, et un château fort, le tout entouré de murs d'enceinte.[1][3][5]

Histoire de Château de la Soie

Néolithique. Un hameau occupe la colline entre 4800 et 2000 av. J.-C. environ : foyers, fosses, céramique, outils en pierre et une tombe du Néolithique moyen et final en restent.[1][4]

âge du Bronze final. Nouvelle occupation de la colline, dont subsistent des traces.[1]

vers 800-1000. Un cimetière du haut Moyen Âge s'installe sur la colline.[4]

vers 1200. L'évêque de Sion fait élever la forteresse (en 1219, par Landri de Mont, selon une autre source).[1][2][3][5]

1230. En réponse, le comte Aymon de Savoie érige le château de Montorge.[5]

1260. Après le traité de paix entre l'évêque et la Savoie, la Soie reste propriété épiscopale. Au XIIIe siècle, un châtelain en assure en général la garde.[1]

XIVe siècle. La forteresse devient la résidence préférée des évêques de Sion.[1][3][5]

1352. Humbert de Corgevone, vice-bailli du Valais, tient les châteaux de Tourbillon, de la Soie et de Montorge.[6]

1375. Le chevalier Antoine de la Tour y fait assassiner l'évêque Guichard Tavel.[1][5]

1384-1387. Le comte Amédée VII de Savoie occupe le château (selon une autre source, les dizains du Haut-Valais, poussés par Pierre de Rarogne, s'emparent en 1384 de la Majorie, de la Soie et de Tourbillon).[1][5]

1417. Pendant l'affaire de Rarogne, le château est incendié. Il est ensuite laissé en ruines et abandonné au cours du XVe siècle.[1][3][5]

2017. Un géoradar localise de nouvelles tours, les fondations du donjon et des caves dans le bourg. Un important projet de consolidation et de mise en valeur démarre la même année.[3][4]

Lieux historiques de Château de la Soie

Porte du bourg. La porte principale du bourg est le vestige le mieux conservé du site, et la seule construction monumentale encore debout.[1][3]

Belvédère et prairies sèches. La colline offre un panorama sur la plaine du Rhône jusqu'à Martigny. Elle abrite des plantes rares, dont le violier du Valais et l'éphèdre de Suisse. Ses prairies sèches sont protégées par la Confédération, et le canton protège le site pour son intérêt archéologique et historique. Des moutons y pâturent une fois par an.[3][4]

Chemin botanique de la Soie. Créé par la Fondation Bretz-Héritier et une classe primaire de Granois, il suit l'ancien tracé du bisse de la Couluirette.[4]

Vestiges de Château de la Soie

Bourg et château principal. Des fossés séparaient l'avant-cour, avec plusieurs rangées de maisons, de la forteresse principale et du jardin. Le château central comportait une tour-beffroi, un palais épiscopal, un bâtiment rectangulaire et une chapelle. Il n'en subsiste que quelques pans de murs.[1][5]

Pierres réemployées. Après l'abandon, les habitants des villages voisins ont réutilisé les pierres du château pour bâtir leurs maisons et des murs de vignes.[3]

Légendes de Château de la Soie

La chute de l'évêque Tavel. Selon la tradition, l'évêque Guichard Tavel aurait été précipité par-dessus les remparts par les seigneurs de la Tour.[4]

Sources

  1. Dictionnaire historique de la Suisse, « Soie, La » (Werner Meyer, version du 18.12.2012)
  2. Dictionnaire historique de la Suisse, « Savièse » (David Rey, version du 23.02.2011)
  3. État du Valais, magazine VIS-A-VIS, « En visite à Savièse avec Sylvain Dumoulin »
  4. Commune de Savièse, brochure d'accueil des nouveaux habitants
  5. Commune de Conthey, « Position stratégique du Bourg »
  6. Jean-Émile Tamini, « Les châtellenies savoyardes de la vallée du Rhône I », Les Échos de Saint-Maurice, 1929
  7. geo.admin.ch, recherche de lieux (coordonnées de la ruine du château de la Soie)

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