Couvent de Montorge

Site Canton de Fribourg · District : Sarine · Couvent habité par une communauté de capucines (commune de Fribourg)
Fait partie de la commune de Fribourg

Origine du nom de Couvent de Montorge

Le couvent porte le nom de Montorge, la partie de la ville de Fribourg qui domine la Sarine, et en allemand celui de « Bisemberg ». Ni l'un ni l'autre n'a reçu d'explication.[1][3]

Fondation de Couvent de Montorge

Jacques Vallier (ou Wallier), de Soleure, coseigneur de Saint-Aubin et sans enfants, fonde le couvent en 1626. Ce fut le premier couvent de femmes fondé à Fribourg pendant la Contre-Réforme. Les religieuses sont des capucines, franciscaines cloîtrées, venues de Gerlisberg, à Lucerne. L'église est placée sous le patronage de saint Joseph et bâtie, comme le couvent, sur le plan type de l'ordre.[1][2][3]

Histoire de Couvent de Montorge

1626. Le gouvernement fribourgeois autorise la fondation le 27 mars, et la première pierre est posée le lendemain.[1]

1627. Les retables des trois autels, en bois sculpté et doré, sont réalisés en 1627-1628. Le tableau de l'autel de droite, daté de 1627, porte les armes de Pierre Reyff, cousin du fondateur, et de son épouse Vérène Python.[2]

1628. Quatre sœurs venues de Gerlisberg s'installent dans le nouveau bâtiment. Le réfectoire reçoit la même année un décor mural maniériste, et un relief aux armes du fondateur est posé au-dessus de l'entrée.[1][2][3]

1635. L'église Saint-Joseph est consacrée.[1][3]

Vers 1640. Jean-François Reyff réalise le petit retable de l'oratoire Notre-Dame-des-Ermites, dans le jardin.[2]

1642. Le chœur des religieuses reçoit son retable des quinze mystères du Rosaire, avec une vue du monastère.[2]

1668. Une grille baroque en noyer, au riche décor végétal, ferme le chœur des religieuses.[2][3]

Années 1740. Des tombeaux en stuc sont aménagés dans l'église.[2]

1746. Frère Anton Scheck réalise les tours marquetés du chœur en 1746-1747. Il fait aussi le tabernacle du maître-autel, orné en 1749 d'appliques en argent de Jacques-David Müller.[2]

1757. La porte d'entrée reçoit des panneaux sculptés de style Régence.[2]

Vers 1780. Un bâtiment pour les hôtes est accolé à l'aile ouest.[2]

1810. Aloys Mooser construit l'orgue, dont Joseph Huber sculpte le décor en 1810-1811. La nef reçoit vers la même date un décor néoclassique en stuc et une fausse voûte en anse de panier.[2][3][4]

1844. Louis Roelly et son fils Louis-Alexis fondent la cloche.[2]

1857. Après la guerre du Sonderbund, les sœurs n'avaient plus le droit de gérer leur domaine ni de recevoir des novices. Elles le retrouvent en 1857.[1]

1971. L'intérieur de l'église est restauré.[2]

1988. La manufacture Kuhn restaure l'orgue de Mooser.[3]

1992. L'extérieur de l'église est restauré à son tour.[2]

Lieux historiques de Couvent de Montorge

Église Saint-Joseph. Un bâtiment rectangulaire sous un toit à deux pans très pentu abrite la nef, le chœur et le chœur des religieuses, voûtés et séparés par un mur de refend. Le mobilier, de très bonne qualité, est d'origine, et l'ensemble n'a pas connu de transformation profonde.[2][3][4]

Retables. Le maître-autel montre la Sainte Famille entre saint Jacques le Majeur et sainte Barbe, avec les armes du fondateur. L'autel de gauche porte une Vierge à l'Enfant, celui de droite saint François remettant la règle du Tiers-Ordre à saint Louis et à sainte Claire. Les tableaux sont attribués à Louis Vallélian, et les retables, maniéristes, comptent parmi les premières œuvres de Jean-François Reyff.[2][3][4]

Couvent et jardin. Les bâtiments forment un quadrilatère à deux niveaux autour d'un cloître. L'aile sud réunit le réfectoire, la salle du chapitre, le noviciat et l'infirmerie. Le jardin, au bord des falaises de la Sarine, est bordé de huit oratoires, dont Notre-Dame-de-Lorette et Notre-Dame-des-Anges.[2]

Orgue. L'orgue en balustrade d'Aloys Mooser a gardé son état d'origine.[2][3][4]

Vestiges de Couvent de Montorge

Cycles de tableaux. Une Vie de saint François en dix-huit tableaux et une Vie de saint Joseph en huit tableaux, attribuées à Louis Vallélian (1627-1629), ornaient l'église. Elles en ont été retirées en 1971.[2]

Sources

  1. Dictionnaire historique de la Suisse, « Montorge » (Kathrin Utz Tremp), version du 27.11.2008
  2. Inventaire suisse des biens culturels d'importance nationale (PBC), fiche KGS 02093, « Monastère des Capucines de Montorge et église Saint-Joseph », d'après le Guide artistique de la Suisse (SHAS)
  3. Orgues et vitraux, « Fribourg (couvent de Montorge) » (texte revu en juillet 2020)
  4. Fribourg Région, « L'église et le monastère de Montorge »

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