Abbaye de la Maigrauge

Site Canton de Fribourg · District : Sarine · Abbaye habitée par une communauté de cisterciennes (commune de Fribourg)
Fait partie de la commune de Fribourg

Origine du nom d'Abbaye de la Maigrauge

L'abbaye s'appelle « Magerau » en allemand, un nom qui, comme sa forme française, reste inexpliqué. Elle est placée sous le vocable de Marie, avec Jean-Baptiste, et son église est consacrée à l'Assomption.[1][3]

Fondation d'Abbaye de la Maigrauge

Une laïque, Richinza, et un petit groupe de compagnes reçoivent le 3 juillet 1255 du curé de Tafers (Tavel) la permission de vivre à l'extrémité ouest de sa paroisse, au bord de la Sarine. Le comte Hartmann V le Jeune de Kibourg, seigneur de Fribourg, leur donne le terrain, et les seigneurs de Maggenberg, de Vivy et de Mettlen dotent aussi la maison. Jusqu'à la fin du XVe siècle, ses biens comprennent des vignes au bord des lacs de Neuchâtel et Léman, et surtout des terres dans le district de la Singine. La Maigrauge fut le premier monastère de femmes de Fribourg, et le seul jusqu'au XVIIe siècle.[1][2]

Histoire d'Abbaye de la Maigrauge

1255. Le 3 juillet, Richinza et ses compagnes obtiennent du curé de Tafers le droit de s'établir. Ce document passe pour l'acte de fondation.[1][2][3]

1259. Hartmann V le Jeune de Kibourg donne le terrain à la communauté.[2]

1261. La communauté entre dans l'ordre cistercien (en 1262, selon une autre source) et passe sous la paternité de l'abbé d'Hauterive. Sa supérieure porte dès lors le titre d'abbesse.[1][2][3]

Vers 1284. L'église est consacrée.[1][3]

Vers 1350. L'église est transformée en style gothique. La nef perd deux travées et devient une basilique.[1][3]

1424. Pour la première fois, l'avoué du couvent est un homme de la ville de Fribourg.[1]

1457. La Maigrauge entre dans la combourgeoisie de Fribourg.[1]

1518. À la demande de la ville, des abbés cisterciens visitent et réforment le couvent.[1][3]

1602. Les religieuses demandent à revenir à la règle stricte.[2]

1625. Quarante-cinq moniales signent leur adhésion à l'abstinence perpétuelle. Dans la première moitié du siècle, Guillaume Moënnat, abbé d'Hauterive, introduit la stricte observance, et l'abbesse Anne Techtermann (1607-1654) embellit et agrandit la maison.[1][2]

1648. Le couvent acquiert son premier orgue, en 1648-1649.[3]

1660. Le 17 novembre, pendant les Complies, une chandelle oubliée dans une cellule met le feu à l'abbaye. Les cellules, le cloître, le réfectoire et les dortoirs, construits en bois, sont détruits, mais l'église, la salle capitulaire et l'appartement de l'abbesse sont épargnés.[1][2][3]

1848. Le gouvernement radical veut faire disparaître le couvent « par extinction ». L'abbaye d'Hauterive, son soutien, est supprimée. En 1849, l'abbesse Marie-Bernardine Castella doit remettre les biens et les archives à l'État et ne plus recevoir de novices.[1][2]

1857. Le couvent peut de nouveau accueillir des novices.[1][3]

1901. La Maigrauge rejoint la congrégation de Mehrerau.[1]

1963. L'abbé d'Hauterive redevient père-immédiat, et un moine d'Hauterive est de nouveau le confesseur des religieuses.[1][3]

2011. Mère Marianne Zürcher est élue abbesse.[2]

Lieux historiques d'Abbaye de la Maigrauge

Église abbatiale. Bâtie dans la seconde moitié du XIIIe siècle, l'église n'a gardé sa forme d'origine que dans le chœur. Les stalles de la fin du XIVe siècle y sont toujours en place.[1][3]

Saint-Sépulcre. Ce Saint-Sépulcre du XIVe siècle (vers 1330) est un cercueil de bois peint, dont le couvercle s'ouvre sur une statue en bois du Christ mort presque grandeur nature. On l'attribue à un maître d'Allemagne du Sud.[1][3]

Orgue. Aloys Mooser répare le premier orgue en 1806-1807. Ludwig Mauracher en construit un nouveau en 1881, et l'ancien est vendu en 1885 à la paroisse d'Onnens. Revenu à la Maigrauge en 1986, il a été reconstruit par la manufacture Mathis de Näfels, son buffet contenant encore environ 150 tuyaux de Mooser.[3]

Bâtiments conventuels. Les ailes du couvent ont leur forme actuelle depuis la reconstruction qui suit l'incendie de 1660. La lanterne baroque du clocher date de cette époque.[1][3]

Sources

  1. Dictionnaire historique de la Suisse, « Maigrauge, La » (Kathrin Utz Tremp), version du 22.10.2009
  2. Abbaye de la Maigrauge, « Histoire »
  3. Orgues et vitraux, « Fribourg (La Maigrauge, abbaye) » (texte revu en juillet 2020)

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