Jaun

Canton de Fribourg · District : Gruyère · 659 habitants (31.12.2025)

Origine du nom de Jaun

Le lieu apparaît en 1228 dans le cartulaire du chapitre de Notre-Dame de Lausanne, sous la forme « Balavarda » (ou « Ballavuarda »). On lit « Jâns » ou « Jôno » vers 1323, puis « Youn » en 1397. En 1779, le pasteur Bridel voyait dans le nom français, Bellegarde, le souvenir d'une forteresse sur un rocher escarpé.[1][2]

Fondation de Jaun

Jaun (Bellegarde) est un village-rue au pied du col du Jaun, à 1027 mètres, et la seule commune germanophone du district de la Gruyère. Entre le XIe et le XIIIe siècle, des immigrants alémaniques venus du Simmental y remplacent la population de langue romane. Le village appartient aux seigneurs de Corbières. Conon de Corbières partage ses biens entre ses trois fils, et Richard devient le premier seigneur de Jaun. La commune comprend aussi Im Fang (La Villette), Kappelboden, Weibelsried, Zur Eich et de nombreuses fermes isolées.[1][2]

Histoire de Jaun

1228. La paroisse est mentionnée pour la première fois.[1][2]

1249. Après un partage d'héritage, Jaun devient une seigneurie à part entière.[1]

1285. La seigneurie passe sous la suzeraineté de la Savoie.[1]

1407. Des troupes de Saanen (Gessenay) attaquent et détruisent le château des seigneurs de Corbières-Jaun.[1][2]

1475. Jaun conclut une combourgeoisie avec Fribourg.[1]

1502-1504. Fribourg achète une moitié de la seigneurie à Jacques de Corbières, puis l'autre au comte Jean Ier de Gruyère. Jaun forme jusqu'en 1798, avec une partie de Châtel-sur-Montsalvens, un petit bailliage confié à un lieutenant baillival.[1][2]

1555. Le hameau d'Abländschen passe à Berne.[1]

1635-1636. Après l'échec d'une tentative de république indépendante, Jaun perd ses privilèges et ses communaux au profit de Fribourg.[1][2]

1711. Un incendie détruit 17 maisons, huit granges et quatre étables.[2]

1798. Jaun est rattaché provisoirement au district de la Gruyère. Il dépend ensuite du district de Fribourg de 1803 à 1830 et n'est rattaché définitivement à la Gruyère qu'en 1848.[1][2]

1831. La commune politique est créée. Paroisse et commune ne sont toujours pas séparées.[1]

1874-1876. La route Bulle-Boltigen remplace le chemin muletier. Le général Dufour l'avait souhaitée dès 1821.[2]

Deuxième moitié du XIXe siècle. Le moulin cesse de tourner après l'abandon des céréales, et l'extraction de houille et de salpêtre prend fin.[1]

Fin du XIXe siècle. L'artisanat du bois prend son essor. Il reste l'un des principaux employeurs du village.[1]

1910. Une nouvelle église Saint-Étienne, néoromane, est construite par l'architecte Léon Hertling.[1][2]

1912. Une centrale hydraulique privée, installée en 1912 (ou 1913) à la place d'une ancienne scierie, alimente le village en électricité.[1][2]

Milieu du XXe siècle. Le tourisme devient une activité d'appoint.[1]

2000. Un peu moins d'un quart des emplois relève du secteur primaire, et plus d'un tiers des actifs travaillent hors de la commune.[1]

Population de Jaun

Sources et références : [1][4]

Population de Jaun
1831424
1850547
1880877
1900825
1930751
1950851
2000694
2025659

Lieux historiques de Jaun

Ancienne église Saint-Étienne. Son clocher et son chœur remontent au XIIIe siècle (ou au XIVe siècle), sa nef date de 1811. Remplacée en 1910, elle abrite le Cantorama, lieu de rencontre de la musique populaire. Elle figure à l'inventaire des biens culturels avec l'ancienne cure, de 1733, et l'ancien orphelinat.[1][2][3]

Église paroissiale Saint-Étienne. L'église néoromane de Léon Hertling, achevée en 1910, figure à l'inventaire cantonal des biens culturels (catégorie B).[1][2][3]

Maison du Statthalter. La maison Buchs, dite maison du Statthalter, des XVIIIe et XIXe siècles, est classée bien culturel d'importance nationale, comme la ferme d'Oberbach.[2][3]

Chapelle Saint-Antoine de Kappelboden. Construite peu avant 1735, la chapelle domine le hameau de Kappelboden, un petit groupe de fermes des XVIIIe et XIXe siècles le long de l'ancien chemin muletier.[2][3]

Grenier de 1637. Un grenier du village porte la date de 1637.[2]

Vestiges de Jaun

Ruine de Bellegarde. Mentionné au XIIIe siècle, le château des seigneurs de Corbières-Jaun a été détruit en 1407. Sa ruine domine les hameaux de Daren et de Kappelboden.[1][2]

Trouvailles préhistoriques. Une lame en silex et un tesson de l'âge de la pierre ont été trouvés sous l'ancienne église.[2]

Sources

  1. Dictionnaire historique de la Suisse, « Jaun » (Jean-François Steiert, version du 19.11.2013)
  2. Office fédéral de la culture, Inventaire fédéral des sites construits (ISOS), « Jaun » (n° 1620), 2e version, septembre 1995
  3. Office fédéral de la protection de la population, « Révision Inventaire PBC 2021 : Liste cantonale Canton de FR » (état au 1.1.2026)
  4. Service de la statistique du canton de Fribourg (SStat), « Population des communes, de 1900 à 2025 » (T01-02-03), population résidante permanente au 31.12.2025

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