Les Planches

Canton de Vaud · District : Riviera-Pays-d'Enhaut · 5'507 hab. en 1960 (dernière année avant la fusion)
Fait partie de la commune de Montreux

Origine du nom des Planches

Le nom "Les Planches" est attesté pour la première fois en 1295. Il désigne vraisemblablement, comme c'est l'usage pour ce type de toponyme en Suisse romande, des planches de bois utilisées pour franchir un cours d'eau ou un terrain humide, ou encore des planches de culture (bandes de terre cultivée) ; l'origine précise reste incertaine et mériterait à recouper. Le hameau de Glion, qui faisait partie de la commune, portait déjà ce nom distinct avant que l'ensemble de la commune ne soit rebaptisé "Montreux-Planches" entre 1953 et 1961, en prévision de la fusion à venir.

Fondation des Planches

Les Planches n'a pas été "fondée" par un acte unique mais s'est constituée comme entité seigneuriale puis communale à partir du Moyen Âge. En 1295, l'évêque de Sion vendit la paroisse de Montreux à Girard d'Oron. En 1317, le territoire de l'ancienne paroisse de Montreux fut partagé entre deux pouvoirs seigneuriaux : les seigneurs d'Oron reçurent Le Châtelard, tandis que les Comtes de Savoie reçurent Les Planches (à recouper). Cette division territoriale du XIVe siècle est à l'origine de la séparation durable entre les deux communes voisines qui ne seront réunies qu'en 1962. Les Planches englobait le village principal ainsi que les hameaux de Territet, Veraye, Collonge et Glion ; Territet dépendait administrativement des Planches et n'a jamais été une commune indépendante.

Histoire des Planches

1295. Première mention documentée du lieu-dit "Les Planches", dans le contexte de la vente de la paroisse de Montreux par l'évêque de Sion à Girard d'Oron.

1317. Partage du territoire de l'ancienne paroisse de Montreux : les seigneurs d'Oron obtiennent Le Châtelard, les Comtes de Savoie obtiennent Les Planches. Origine de la séparation entre les deux futures communes (à recouper).

1536. Conquête bernoise du Pays de Vaud : la Réforme protestante est imposée à la région, marquant une rupture religieuse et une stabilisation politique et économique durable.

1693. Première mention documentée d'une dîmerie à Glion, plus ancien repère connu pour ce hameau (à recouper).

1764. La commune des Planches compte 406 habitants selon le premier recensement fiable disponible.

avant 1846. Les Planches est chef-lieu de cercle, fonction administrative qu'elle perd en 1846.

1829-1840. Débuts du tourisme hôtelier sur le territoire : premier hôtel de la région ouvert à Veytaux en 1829, puis l'auberge "Chasseur des Alpes" à Territet en 1840.

1848. Les premiers touristes étrangers commencent à séjourner à Territet, marquant le début de l'essor touristique du hameau.

1855. L'auberge "Chasseur des Alpes" de Territet devient l'Hôtel des Alpes-Grand Hôtel, aujourd'hui bien culturel d'importance nationale.

1861. Arrivée du chemin de fer du Simplon (ligne Lausanne-Villeneuve), qui accélère considérablement le développement touristique de Territet.

1865. Construction du débarcadère de Territet pour la navigation sur le lac Léman.

1872. Construction de la mairie des Planches.

1875. Édification d'une église anglicane à Territet, témoin de la clientèle touristique britannique de l'époque.

1879. Le premier téléphone de Suisse est installé à Territet (à recouper).

1883. Ouverture du funiculaire à eau Territet-Glion, construit à l'initiative de l'hôtelier et entrepreneur Ami Chessex ; l'un des plus anciens funiculaires de Suisse.

1887. Ouverture du Grand Hôtel de Territet.

1888. Mise en service du tramway Vevey-Chillon, desservant Territet.

1890. Henri Nestlé, fondateur de la société Nestlé, décède à Glion d'une crise cardiaque.

1892. Ouverture du chemin de fer à crémaillère Glion-Rochers-de-Naye.

1894. Premier court de tennis de Suisse aménagé à Territet (à recouper).

1900. La population des Planches atteint 4'533 habitants, portée par l'essor touristique.

1909. Mise en service du chemin de fer Montreux-Glion.

1910. Ouverture du funiculaire Territet-Mont-Fleuri (en service jusqu'en 1992).

1914. Apogée touristique de Glion et Caux, qui comptent ensemble cinq églises et quatorze hôtels ; le déclenchement de la Première Guerre mondiale met un coup d'arrêt à l'expansion hôtelière de toute la région.

1953. La commune des Planches est renommée "Montreux-Planches", en préfiguration de la fusion à venir.

16 avril 1961. Votation populaire sur le projet de fusion des communes du Châtelard, des Planches et de Veytaux en une seule commune de Montreux ; c'est l'une des premières fois que les femmes montreusiennes votent, dix ans avant l'introduction du suffrage féminin au niveau fédéral. Le projet est accepté aux Planches et au Châtelard, mais refusé à Veytaux, où la municipalité elle-même était divisée (trois membres opposés à la fusion contre deux favorables).

1er janvier 1962. Entrée en vigueur de la fusion entre Le Châtelard et Les Planches, donnant naissance à la commune de Montreux. Veytaux reste commune indépendante et poursuit sa collaboration avec Montreux par voie de conventions.

1962. Ouverture à Glion du Centre international de Glion (école hôtelière), aujourd'hui Glion Institute of Higher Education.

1975. Modernisation complète du funiculaire Territet-Glion : passage à la traction électrique et à une voie unique avec évitement central, en remplacement du système à contrepoids d'eau d'origine.

Population des Planches

Population des Planches
1764406
1798489
1850728
18601'122
19004'533
19605'507

Lieux historiques des Planches

Territet. Ancien hameau des Planches devenu, dès le milieu du XIXe siècle, l'un des pôles touristiques majeurs de la Riviera vaudoise. Il concentrait de grands établissements hôteliers dont l'Hôtel des Alpes-Grand Hôtel (aujourd'hui bien culturel d'importance nationale suisse), un débarcadère sur le lac Léman, une église anglicane et plusieurs innovations techniques suisses (téléphone, tennis). Il accueillit une clientèle internationale prestigieuse, dont l'impératrice Élisabeth d'Autriche (Sissi) à plusieurs reprises dans les années 1890.

Glion. Hameau perché au-dessus de Montreux, développé au XIXe siècle comme station de cure d'air grâce à son climat et à sa vue sur le lac Léman. À son apogée en 1914, Glion et le hameau voisin de Caux comptaient ensemble cinq églises et quatorze hôtels. Il abrite aujourd'hui le Glion Institute of Higher Education (école hôtelière fondée en 1962) et l'Institut Villa Pierrefeu, la plus ancienne école de "finishing" de Suisse.

Funiculaire Territet-Glion. Construit en 1883 à l'initiative de l'hôtelier et entrepreneur Ami Chessex, ce funiculaire reliant les rives du lac aux hauteurs de Glion compte parmi les plus anciens de Suisse. À l'origine, il fonctionnait par contrepoids d'eau, sans traction mécanique. Modernisé en 1975 avec passage à l'entraînement électrique, il est toujours en exploitation aujourd'hui (632 mètres, 300 mètres de dénivelé).

Chemin de fer à crémaillère Glion-Rochers-de-Naye. Ouvert en 1892, ce chemin de fer à crémaillère prolonge l'accès touristique depuis Glion jusqu'au sommet des Rochers-de-Naye (2'042 m), offrant un panorama sur le lac Léman et les Alpes. Il constitue, avec le funiculaire Territet-Glion, l'un des grands aménagements ferroviaires touristiques qui ont façonné l'économie des Planches dès la fin du XIXe siècle.

Mairie des Planches. Construite en 1872, elle a servi de siège administratif à la commune jusqu'à la fusion de 1962.

Ancienne église paroissiale Saint-Vincent. Église de la paroisse historique commune au Châtelard, aux Planches et à Veytaux, convertie en temple protestant après l'introduction de la Réforme sous domination bernoise en 1536.

Vestiges des Planches

Grand Hôtel des Alpes (Territet). Ouvert en 1855 sous le nom d'Hôtel des Alpes-Grand Hôtel, sur l'emplacement de l'ancienne auberge "Chasseur des Alpes" (1840). Classé bien culturel d'importance nationale, il témoigne de l'âge d'or hôtelier de Territet avant 1914.

Funiculaire Territet-Glion. Infrastructure de 1883 toujours en fonctionnement, modernisée en 1975, vestige technique et touristique majeur de l'essor des Planches à la Belle Époque.

Plans cadastraux des Planches (1842-1846). Ces documents cartographiques constituent une source précieuse pour reconstituer l'organisation du territoire rural des Planches avant le grand essor touristique du XIXe siècle.

Sources

Autres villages près des Planches

Une information manque ou une source existe ? Proposez une correction ou un complément, chaque suggestion est vérifiée avant d'être publiée.

Proposer une modification