Montaubion-Chardonney
Origine du nom de Montaubion-Chardonney
Le nom actuel résulte de la réunion de deux hameaux distincts, Montaubion et Chardonney, situés sur la rive droite de la Menthue, dans la région boisée du Jorat. Montaubion apparaît pour la première fois par écrit vers 1200 sous la forme latine "in Monte Albeonis", puis en 1223 sous la forme "Montalbium". Ce toponyme signifie littéralement le « mont d'Albéon » (mons Albeonis) et fait référence à un personnage nommé Albéon qui aurait occupé cette hauteur ; cette explication du nom personnel n'est toutefois attestée que par une seule source consultée et mériterait d'être recoupée. Chardonney est mentionné en 1223 sous la forme "Chardenai", un nom généralement rattaché au mot « chardon », plante qui aurait été caractéristique de la végétation locale à cette époque. Les armoiries communales adoptées en 1927, « De gueules au chardon d'argent mouvant d'un mont du même », jouent d'ailleurs sur cette double étymologie parlante (le mont de Montaubion et le chardon de Chardonney). On ignore la date précise à laquelle les deux hameaux de Montaubion et de Chardonney ont été administrativement réunis en une seule commune : les sources consultées n'attestent l'entité combinée « Montaubion-Chardonney » que depuis le XVIIIe siècle (18 feux recensés en 1764), sans préciser depuis quand exactement cette union existait déjà.
Fondation de Montaubion-Chardonney
Il n'existe pas de fondateur unique ni d'acte de fondation connu pour Montaubion-Chardonney : comme la plupart des hameaux du Jorat, les deux villages se sont développés progressivement au Moyen Âge autour de l'exploitation agricole et forestière du plateau, sous l'autorité de seigneuries ecclésiastiques. Le territoire était rattaché à celui de Dommartin, où l'évêque de Lausanne affirmait déjà des droits en 908. En 1223, Montaubion et Chardonney sont tous deux cités comme possessions du chapitre cathédral de Lausanne. Le couvent de Montheron y détenait également des droits locaux, attestés en 1393 et cédés à Berne en 1725. Administrativement et judiciairement, les deux hameaux dépendaient de la châtellenie capitulaire de Dommartin, qui englobait aussi les localités voisines de Sugnens, Naz, Peyres-Possens et Villars-Tiercelin, et qui resta indépendante de l'évêque de Lausanne jusqu'en 1536. Au XVe siècle, les familles Belley (de Chardonney) et Jaccaud (de Montaubion) exerçaient la charge de portiers du château de Dommartin, siège de cette châtellenie. Après la conquête bernoise du Pays de Vaud en 1536, le territoire fut intégré au bailliage de Lausanne, sous administration bernoise, jusqu'en 1798. À la même époque, la châtellenie de Dommartin connut plusieurs procès de sorcellerie aux XVe et XVIe siècles, dont les actes ont été conservés ; ces procès concernaient l'ensemble de la châtellenie et pas seulement Montaubion-Chardonney en particulier. À la chute de l'Ancien Régime en 1798, Montaubion-Chardonney devint une commune vaudoise à part entière, comptant alors 112 habitants, et fut rattachée au district de Moudon jusqu'à la réforme des districts vaudois de 2006, qui la fit basculer dans le district du Gros-de-Vaud.
Histoire de Montaubion-Chardonney
908. L'évêque de Lausanne affirme ses droits sur le territoire de Dommartin, dont dépend la région de Montaubion et Chardonney.
vers 1200. Première mention écrite connue de Montaubion, sous la forme latine « in Monte Albeonis ».
1223. Montaubion (« Montalbium ») et Chardonney (« Chardenai ») sont mentionnés comme possessions du chapitre cathédral de Lausanne.
1393. Des droits locaux du couvent de Montheron sur le territoire sont attestés par des documents.
XVe-XVIe siècles. Plusieurs procès de sorcellerie se déroulent dans la châtellenie de Dommartin, dont relèvent Montaubion et Chardonney ; les familles Belley et Jaccaud exercent la charge de portiers du château de Dommartin.
1536. Conquête bernoise du Pays de Vaud : le territoire passe sous administration bernoise, intégré au bailliage de Lausanne.
1725. Les droits du couvent de Montheron sur la localité sont cédés à Berne.
1764. Recensement de 18 feux (foyers) à Montaubion-Chardonney.
1798. Fin de l'Ancien Régime bernois ; Montaubion-Chardonney devient une commune vaudoise indépendante, comptant 112 habitants. Rattachement au district de Moudon.
1927. Adoption des armoiries communales : « De gueules au chardon d'argent mouvant d'un mont du même », symbole parlant évoquant le nom du village et son ancienne dépendance envers le chapitre de Lausanne.
1938. Fermeture de l'école du village, faute d'un nombre suffisant d'élèves.
2000. La commune ne compte plus que 74 habitants et cinq exploitations agricoles ; l'artisanat traditionnel (charpenterie, charronnage, maréchalerie, meunerie) a disparu au cours du XXe siècle.
2006. Réforme des districts vaudois : Montaubion-Chardonney passe du district de Moudon au nouveau district du Gros-de-Vaud.
12 octobre 2010. Le Grand Conseil vaudois adopte le décret autorisant la fusion de Montaubion-Chardonney avec Peney-le-Jorat, Sottens, Villars-Mendraz et Villars-Tiercelin.
1er juillet 2011. Montaubion-Chardonney perd son statut de commune indépendante et devient un village de la nouvelle commune fusionnée de Jorat-Menthue.
Population de Montaubion-Chardonney
| 1764 | 18 feux (foyers) |
| 1798 | 112 |
| 1850 | 126 |
| 1900 | 116 |
| 1950 | 90 |
| 2000 | 74 |
| 2009 | 69 (dernier chiffre avant la fusion de 2011 ; depuis, la population n'est plus comptabilisée séparément mais intégrée à celle de Jorat-Menthue) |
Lieux historiques de Montaubion-Chardonney
L'ancienne école et son arboretum. Le bâtiment de l'ancienne école du village serait, selon la source consultée, d'origine ancienne ; cette datation très haute mériterait toutefois d'être recoupée par d'autres sources. Il a cessé de fonctionner comme école communale en 1938. Derrière ce bâtiment a été aménagé un arboretum, à cheval sur les rives du ruisseau du Mogin, traversé de petits ponts de bois, aujourd'hui un lieu de promenade appréciable du village.
Le hameau de Chardonney et le hameau de Montaubion. Le village conserve la trace de sa double origine à travers les deux hameaux qui le composent, situés sur la rive droite de la Menthue, au-dessus des gorges creusées par la rivière. Les habitants du village portent, selon la source consultée, le sobriquet local des « Medza-Papey ».
Légendes de Montaubion-Chardonney
Les brigands du Jorat. La forêt du Jorat, dans laquelle se trouve Montaubion-Chardonney, est associée dans la mémoire locale régionale à la légende des « brigands du Jorat », des bandes qui auraient sévi dans la région à une époque plus récente (XVIIIe-XIXe siècles selon les récits populaires). Cette information ne provient toutefois que d'une seule source consultée, qui ne précise pas de lien direct et spécifique entre ces brigands et le village de Montaubion-Chardonney lui-même plutôt que la région du Jorat en général ; elle mériterait donc d'être recoupée avant d'être présentée comme un fait établi propre au village.
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse (DHS/HLS), article Montaubion-Chardonney
- Wikipedia (EN), Montaubion-Chardonney
- Wikimonde (miroir Wikipédia FR), Montaubion-Chardonney
- Commune de Jorat-Menthue, page Historique
- Commune de Jorat-Menthue, page Présentation
- Feuille des avis officiels du canton de Vaud (FAOVD), Alphabet des communes, Jorat-Menthue
- État de Vaud, Exposé des motifs et projet de décret sur la fusion de Montaubion-Chardonney, Peney-le-Jorat, Sottens, Villars-Mendraz et Villars-Tiercelin (Jorat-Menthue), Grand Conseil, séance du 12 octobre 2010
- Swisscastles.ch, Château de Dommartin (contexte de la châtellenie dont dépendait Montaubion-Chardonney)
- Wikidata, Montaubion-Chardonney (Q659766)
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