Orvin

Ville Canton de Berne · Ancien district : Courtelary · 1'284 habitants (31.12.2025)

Origine du nom d'Orvin

Orvin apparaît le 19 mars 866 sous la forme « Ulvinc », dans un diplôme du roi Lothaire II qui confirme des terres au monastère de Moutier-Grandval et cite la chapelle du lieu. Le nom signifierait « chez les descendants d'Ulf », Ulf voulant dire loup. Il est devenu Urvin, puis Orvin, et en allemand Ulvingen, puis Ilfingen.[2]

Fondation d'Orvin

Orvin occupe un vallon latéral du cours inférieur de la Suze, au nord de Bienne, arrosé par l'Orvine et son affluent la Jore. Une voie ancienne, la « Vy d'Etraz », traversait déjà le vallon. Le village appartient d'abord au monastère de Moutier-Grandval, avec lequel il passe à l'évêque de Bâle. Il forme ensuite une seigneurie, tenue en fief par les nobles d'Orvin, puis par les d'Orsans, seigneurs de Rondchâtel, avant de revenir à l'évêque. Un même haut-officier du prince administrait Bienne et les seigneuries d'Orvin et de Diesse.[1][2]

Histoire d'Orvin

999. Par donation du roi Rodolphe III de Bourgogne, Orvin passe avec Moutier-Grandval sous la souveraineté de l'évêque de Bâle.[1]

1295. Orvin devient une seigneurie indépendante, tenue en fief par les nobles d'Orvin.[1]

1352. Le 28 février, le village reçoit un rôle des franchises, et en novembre un rôle de la seigneurie fixe ses institutions (une autre version date ce rôle de 1382).[1][2][3]

Fin du XIVe siècle. Les hommes d'Orvin forment la bannière d'Orvin, qui marche avec ceux de l'Erguël sous le commandement de Bienne.[1]

1530. Après les prédications de Guillaume Farel, Orvin adopte la Réforme.[1][3]

1536-1798. Le pasteur d'Orvin dessert aussi la paroisse de Vauffelin.[1]

1643. Le 24 mai, le rôle est révisé et devient un coutumier, les « Lois et coutumes usitées au village d'Orvin de toute ancienneté ».[1][3]

1649-1852. L'honorable compagnie de la bannière d'Orvin existe pendant plus de deux siècles.[1][3]

1668. Le 12 octobre, le prince-évêque Jean-Conrad de Roggenbach sanctionne le coutumier, qui reste en vigueur jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.[1][3]

1722. L'église actuelle est construite, dans un style baroque campagnard.[1][3]

1724 et 1754. Deux incendies ravagent le village, le 25 juillet 1724 (17 maisons) et dans la nuit du 14 au 15 novembre 1754 (48 maisons), qui est ensuite reconstruit.[2][3]

1797-1815. Orvin est français, d'abord dans le département du Mont-Terrible, puis dès 1800 dans celui du Haut-Rhin.[1]

1801. Le 9 août, le plus destructeur des incendies détruit 80 maisons (ou 65).[2][3]

1815-1816. Le Congrès de Vienne attribue Orvin au canton de Berne, qui l'intègre en 1816 au district de Courtelary.[2][3]

1854. Les communes municipale et bourgeoise sont séparées (en 1853 selon une autre source). Jusqu'au début du XXe siècle, la municipalité reste dépendante de la bourgeoisie.[1][2]

1916. Le peintre Paul Robert décore l'église (en 1914 selon une autre source).[1][3]

1954. Le village, resté isolé jusque vers 1950, accueille une succursale de la fabrique Schäublin de Bévilard. Suivent Léchot en 1961, Bulova en 1964, LNS en 1973 et Precimed en 1988.[1][2]

1963-1991. Orvin s'équipe : nouvelle école en 1963, captage d'eau souterraine au Jorat en 1967, école enfantine en 1973, résidence médico-sociale Les Roches en 1991.[2]

2008. Le 1er juin, Orvin et Péry rejettent le projet de fusion à six communes du Bas-Vallon, qui échoue.[5]

Population d'Orvin

Sources et références : [1][3][6]

Population d'Orvin
1764532
1850659
1900766
1950780
19701'034
20001'235
20251'284

Lieux historiques d'Orvin

Église réformée. Construite en 1722 dans un style baroque campagnard, décorée par Paul Robert et restaurée en 1994. Elle figure à l'inventaire des biens culturels (objet B). Ses fonts baptismaux, sculptés au XVIIIe siècle, montrent la légende de l'ours.[1][2][3][4]

Maison Robert. Maison du lieu-dit Le Chärjus, inscrite à l'inventaire des biens culturels d'importance régionale.[4]

Vestiges d'Orvin

Église Saint-Pierre. L'église médiévale, dédiée à saint Pierre, a disparu. Un édifice de style gothique tardif a précédé l'église actuelle de 1722.[1]

Crêt de Sur Neu Châtel et Château des Ruines. Ces deux lieux-dits du vallon remonteraient à l'époque où la « Vy d'Etraz » le traversait.[2]

Légendes d'Orvin

Or, vin !. Un chasseur, face à un ours sous la Roche, lui aurait lancé « Or, vin ! », soit « Ours, viens ! » en patois, avant de le tuer de son épieu. La tradition explique ainsi le nom du village, et la scène figure dans ses armoiries.[2]

Sources

  1. Dictionnaire historique de la Suisse, « Orvin » (Christine Gagnebin-Diacon, version du 07.12.2010)
  2. Commune d'Orvin, « Histoire »
  3. Chronologie jurassienne, « Orvin »
  4. Office fédéral de la protection de la population, Inventaire suisse des biens culturels d'importance nationale et régionale, liste du canton de Berne (2026)
  5. Canton de Berne, Direction de l'intérieur et de la justice, « Laufende Fusionsprojekte im Kanton Bern » (juin 2026)
  6. Office fédéral de la statistique (OFS), STATPOP, population résidante permanente au 31.12.2025

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