Orvin
Origine du nom d'Orvin
Orvin apparaît le 19 mars 866 sous la forme « Ulvinc », dans un diplôme du roi Lothaire II qui confirme des terres au monastère de Moutier-Grandval et cite la chapelle du lieu. Le nom signifierait « chez les descendants d'Ulf », Ulf voulant dire loup. Il est devenu Urvin, puis Orvin, et en allemand Ulvingen, puis Ilfingen.[2]
Fondation d'Orvin
Orvin occupe un vallon latéral du cours inférieur de la Suze, au nord de Bienne, arrosé par l'Orvine et son affluent la Jore. Une voie ancienne, la « Vy d'Etraz », traversait déjà le vallon. Le village appartient d'abord au monastère de Moutier-Grandval, avec lequel il passe à l'évêque de Bâle. Il forme ensuite une seigneurie, tenue en fief par les nobles d'Orvin, puis par les d'Orsans, seigneurs de Rondchâtel, avant de revenir à l'évêque. Un même haut-officier du prince administrait Bienne et les seigneuries d'Orvin et de Diesse.[1][2]
Histoire d'Orvin
999. Par donation du roi Rodolphe III de Bourgogne, Orvin passe avec Moutier-Grandval sous la souveraineté de l'évêque de Bâle.[1]
1295. Orvin devient une seigneurie indépendante, tenue en fief par les nobles d'Orvin.[1]
1352. Le 28 février, le village reçoit un rôle des franchises, et en novembre un rôle de la seigneurie fixe ses institutions (une autre version date ce rôle de 1382).[1][2][3]
Fin du XIVe siècle. Les hommes d'Orvin forment la bannière d'Orvin, qui marche avec ceux de l'Erguël sous le commandement de Bienne.[1]
1530. Après les prédications de Guillaume Farel, Orvin adopte la Réforme.[1][3]
1536-1798. Le pasteur d'Orvin dessert aussi la paroisse de Vauffelin.[1]
1643. Le 24 mai, le rôle est révisé et devient un coutumier, les « Lois et coutumes usitées au village d'Orvin de toute ancienneté ».[1][3]
1649-1852. L'honorable compagnie de la bannière d'Orvin existe pendant plus de deux siècles.[1][3]
1668. Le 12 octobre, le prince-évêque Jean-Conrad de Roggenbach sanctionne le coutumier, qui reste en vigueur jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.[1][3]
1722. L'église actuelle est construite, dans un style baroque campagnard.[1][3]
1724 et 1754. Deux incendies ravagent le village, le 25 juillet 1724 (17 maisons) et dans la nuit du 14 au 15 novembre 1754 (48 maisons), qui est ensuite reconstruit.[2][3]
1797-1815. Orvin est français, d'abord dans le département du Mont-Terrible, puis dès 1800 dans celui du Haut-Rhin.[1]
1801. Le 9 août, le plus destructeur des incendies détruit 80 maisons (ou 65).[2][3]
1815-1816. Le Congrès de Vienne attribue Orvin au canton de Berne, qui l'intègre en 1816 au district de Courtelary.[2][3]
1854. Les communes municipale et bourgeoise sont séparées (en 1853 selon une autre source). Jusqu'au début du XXe siècle, la municipalité reste dépendante de la bourgeoisie.[1][2]
1916. Le peintre Paul Robert décore l'église (en 1914 selon une autre source).[1][3]
1954. Le village, resté isolé jusque vers 1950, accueille une succursale de la fabrique Schäublin de Bévilard. Suivent Léchot en 1961, Bulova en 1964, LNS en 1973 et Precimed en 1988.[1][2]
1963-1991. Orvin s'équipe : nouvelle école en 1963, captage d'eau souterraine au Jorat en 1967, école enfantine en 1973, résidence médico-sociale Les Roches en 1991.[2]
2008. Le 1er juin, Orvin et Péry rejettent le projet de fusion à six communes du Bas-Vallon, qui échoue.[5]
Population d'Orvin
Sources et références : [1][3][6]
| 1764 | 532 |
| 1850 | 659 |
| 1900 | 766 |
| 1950 | 780 |
| 1970 | 1'034 |
| 2000 | 1'235 |
| 2025 | 1'284 |
Lieux historiques d'Orvin
Église réformée. Construite en 1722 dans un style baroque campagnard, décorée par Paul Robert et restaurée en 1994. Elle figure à l'inventaire des biens culturels (objet B). Ses fonts baptismaux, sculptés au XVIIIe siècle, montrent la légende de l'ours.[1][2][3][4]
Maison Robert. Maison du lieu-dit Le Chärjus, inscrite à l'inventaire des biens culturels d'importance régionale.[4]
Vestiges d'Orvin
Église Saint-Pierre. L'église médiévale, dédiée à saint Pierre, a disparu. Un édifice de style gothique tardif a précédé l'église actuelle de 1722.[1]
Crêt de Sur Neu Châtel et Château des Ruines. Ces deux lieux-dits du vallon remonteraient à l'époque où la « Vy d'Etraz » le traversait.[2]
Légendes d'Orvin
Or, vin !. Un chasseur, face à un ours sous la Roche, lui aurait lancé « Or, vin ! », soit « Ours, viens ! » en patois, avant de le tuer de son épieu. La tradition explique ainsi le nom du village, et la scène figure dans ses armoiries.[2]
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Orvin » (Christine Gagnebin-Diacon, version du 07.12.2010)
- Commune d'Orvin, « Histoire »
- Chronologie jurassienne, « Orvin »
- Office fédéral de la protection de la population, Inventaire suisse des biens culturels d'importance nationale et régionale, liste du canton de Berne (2026)
- Canton de Berne, Direction de l'intérieur et de la justice, « Laufende Fusionsprojekte im Kanton Bern » (juin 2026)
- Office fédéral de la statistique (OFS), STATPOP, population résidante permanente au 31.12.2025
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