Saubraz

Canton de Vaud · District : Morges · 441 habitants (population résidante permanente au 31 décembre 2025). À noter : d'autres sources donnent des chiffres légèrement différents pour des années proches (444 en 2021, 449 en 2023), ce qui reflète des dates de relevé et des définitions statistiques différentes plutôt qu'une contradiction réelle.

Origine du nom de Saubraz

Le nom de Saubraz apparaît dans les textes dès le XIIIe siècle. Selon le Dictionnaire historique de la Suisse, la forme la plus ancienne attestée est « de Salubra », mentionnée au XIIIe siècle sans année précise, suivie de la forme « Saubra » en 1251. Des sources non académiques consultées par ailleurs évoquent aussi les formes « Sabrun » et « Salbrum », datées de 1237 ; cette variante n'a pas pu être confirmée par le Dictionnaire historique de la Suisse ni par une autre source de référence, et reste à vérifier directement sur l'acte médiéval original ou dans un recueil de chartes vaudoises. Le nom actuel, « Saubraz », se lit ensuite sur un fragment de la carte bernoise de 1577, dont une copie est exposée au château de Chillon. Aucune des sources consultées ne propose d'explication du sens du mot ni de rattachement démontré à une racine celtique, burgonde ou latine précise : on se limite donc ici aux formes écrites attestées, sans avancer d'hypothèse étymologique qui ne serait pas documentée. Un ouvrage de référence en toponymie vaudoise permettrait sans doute d'aller plus loin sur ce point ; ce travail reste à faire. Les habitants de Saubraz se nomment les Saubrians (ou Saubriens).

Fondation de Saubraz

On ne connaît pas d'acte de fondation du village à une date précise, comme c'est le cas pour beaucoup de petites localités de cette région : Saubraz semble s'être formé progressivement autour d'un lieu de culte, plutôt que d'avoir été fondé sur décision d'un seigneur ou d'une abbaye à un moment donné. Le village se serait développé autour d'une église dépendant de l'abbaye prémontrée du Lac-de-Joux (aussi appelée l'Abbaye), attestée dès le XIIIe siècle et détruite par un incendie en 1251. Une source indique par ailleurs que l'occupation du site serait bien plus ancienne, probablement d'époque celtique ; cette affirmation relève cependant de la tradition locale plutôt que d'une datation archéologique publiée et documentée, elle doit donc être lue comme une hypothèse et non comme un fait établi. Au Moyen Âge, plusieurs institutions religieuses et seigneuriales se partageaient des droits et des terres sur le territoire de Saubraz : le couvent de Romainmôtier, le couvent de Bonmont, l'abbaye du Lac-de-Joux et les seigneurs d'Aubonne. La famille de Mestral, famille noble vaudoise bien connue par ailleurs pour d'autres possessions dans le canton (notamment à Echichens, sans lien direct avec Saubraz, il ne faut pas confondre), aurait commencé à acquérir des terres dans le village dès 1477. Un dénombrement de 1481 mentionne quatre feux (foyers) sur le territoire, pour un revenu total d'environ dix florins. Selon le Dictionnaire historique de la Suisse, un fief noble fut établi à Saubraz entre 1493 et 1497 par Jean de Mestral, fils d'Arthaud ; au cours du XVIIe siècle, ce fief passa à la famille d'Allinges, sans qu'une date de fin précise soit donnée par cette source. Une source non académique consultée par ailleurs situait plutôt cet événement en 1510, par un acte de fidélité de Jean Mestral envers le comte de Gruyère, avec une fin du statut en 1717 ; ces derniers détails n'ont pas pu être confirmés par le Dictionnaire historique de la Suisse et sont donc à considérer avec prudence. Les armoiries de Saubraz, un écu parti de gueules et d'or à la grue essorante d'argent brochante, adextrée en chef d'une étoile d'or, attestent que la maison de Gruyère a détenu la baronnie d'Aubonne, dont dépendait Saubraz, de 1393 à 1554. La signification de l'étoile d'or reste inconnue.

Histoire de Saubraz

Préhistoire (hypothèse). Selon la tradition locale, une pierre isolée « nichée au fond des bois », difficile à trouver, aurait servi de lieu de culte à des rites religieux anciens, peut-être celtiques. Cette pierre est aussi documentée de façon indépendante par une autre source. Il s'agit d'une tradition orale et d'une interprétation, non d'une datation archéologique établie : à traiter avec prudence.

Époque romaine. Une pierre à écuelles (cupules creusées dans la roche) subsiste au lieu-dit « Es Vaux », à proximité du village, attestée comme vestige de l'époque romaine. Une stèle romaine, provenant d'une villa qui se trouvait près de l'actuel cimetière de Saubraz, est aujourd'hui conservée à l'Hôtel de Ville de la commune voisine de Bière.

XIIIe siècle. Première mention écrite connue du lieu, sous la forme « de Salubra », selon le Dictionnaire historique de la Suisse. Des sources non académiques citent par ailleurs les formes « Sabrun » et « Salbrum », datées de 1237 ; cette information n'a pas pu être confirmée par une source de référence et reste à vérifier.

1251. Apparition de la forme « Saubra ». L'église du village, qui dépendait de l'abbaye prémontrée du Lac-de-Joux, est détruite par un incendie.

1393-1554. La maison de Gruyère détient la baronnie d'Aubonne, dont dépend Saubraz ; le souvenir en est resté dans les armoiries communales (la grue).

1477. La famille de Mestral commence, selon une source consultée, à acquérir des terres à Saubraz.

1481. Un dénombrement local mentionne quatre feux (foyers) sur le territoire de Saubraz, pour un revenu estimé à environ dix florins.

1493-1497. Selon le Dictionnaire historique de la Suisse, Jean de Mestral, fils d'Arthaud, établit un fief noble à Saubraz. Une source non académique situait plutôt cet événement en 1510, avec un acte de fidélité envers le comte de Gruyère ; cette dernière précision n'a pas été confirmée par le Dictionnaire historique de la Suisse.

1536. Conquête bernoise du Pays de Vaud. Saubraz partage désormais le sort administratif d'Aubonne.

1577. Le nom « Saubraz », dans sa forme actuelle, figure sur un fragment de la carte bernoise de cette année, dont une copie est exposée au château de Chillon.

XVIIe siècle. Le fief noble de Saubraz passe à la famille d'Allinges, selon le Dictionnaire historique de la Suisse, qui ne précise pas de date de fin exacte du statut de fief. Une source non académique évoquait une fin en 1717, information non confirmée par le Dictionnaire historique de la Suisse.

1701. Saubraz est rattaché à la Landvogtei (bailliage) d'Aubonne, sous administration bernoise.

1752. Le four banal du village, encore en service aujourd'hui, est attesté en fonction à cette date.

1798-1803. Effondrement de l'Ancien Régime bernois. Sous la République helvétique, Saubraz appartient au canton du Léman et au district d'Aubonne.

1803. Avec l'entrée en vigueur de la Constitution de Médiation, Saubraz intègre le canton de Vaud nouvellement créé.

1899. Les ruines de l'ancienne église médiévale (une chapelle avait été bâtie sur cet emplacement), qu'une source identifie comme dédiée à Sainte-Foy, une information non retrouvée dans les autres sources consultées et donc à confirmer, sont démolies lors de la construction du bâtiment d'école. Un bâtiment communal à vocation multiple est édifié à cet emplacement vers 1899-1900.

XXe siècle. Saubraz appartient à la paroisse protestante de Gimel. Le village reste une petite commune rurale, avec un minimum démographique atteint vers 1970.

Vers 1990. Le four banal, propriété communale, est restauré, notamment grâce à un travail bénévole.

2008. Réorganisation des districts vaudois : l'ancien district d'Aubonne disparaît et Saubraz rejoint le nouveau district de Morges.

2024. Lancement d'une étude de fusion entre les communes de Gimel, Saubraz et Saint-Oyens, menée par cinq groupes de travail.

2025 (mars-juin). La convention de fusion est présentée (25 mars) puis acceptée par les trois conseils communaux/législatifs (19 juin).

28 septembre 2025. La population des trois communes accepte largement le projet de fusion lors d'une votation populaire.

25 novembre 2025. Le Grand Conseil vaudois valide à l'unanimité la fusion de Gimel, Saubraz et Saint-Oyens, avec les trois autres fusions communales votées ce jour-là.

1er janvier 2027. Entrée en vigueur prévue de la fusion : Saubraz cesse d'exister comme commune indépendante et devient une localité de la nouvelle commune de Gimel (environ 3500 habitants au total), dont l'administration siège à Gimel. C'est le changement de statut administratif le plus important et le plus récent de l'histoire de Saubraz.

Population de Saubraz

Population de Saubraz
1798154
1850290
1900267
1970155
1980210
2000202
2018418
2019423
2021444
2023449
2025441

Lieux historiques de Saubraz

Bâtiment communal. Construit vers 1899-1900 à l'emplacement de l'ancienne église du village (détruite dans son état médiéval par un incendie en 1251, puis reconstruite en chapelle avant sa démolition définitive en 1899 pour laisser place à l'école). Une source associe cette église à Sainte-Foy, une dédicace que nous n'avons pas pu confirmer par une deuxième source ; ce point mérite vérification. Le bâtiment actuel regroupe plusieurs fonctions communales.

Le four banal. Four à pain communal attesté en service depuis 1752, toujours fonctionnel aujourd'hui. Sa sole principale mesure environ 2,60 mètres de diamètre. Il a été restauré, notamment autour de 1990, grâce à un travail bénévole, et reste un symbole de la vie communautaire ancienne du village.

Le hameau et les environs du Mont Chaubert. Saubraz s'étend au pied du Jura vaudois, à environ 687 mètres d'altitude, avec un point culminant proche de 810 mètres au pied du Mont Chaubert. Le territoire communal, très majoritairement agricole et forestier, a peu changé de physionomie générale malgré la croissance démographique récente.

Vestiges de Saubraz

La pierre à écuelles d'Es Vaux. À quelque distance du village, au lieu-dit « Es Vaux », se trouve une pierre à écuelles (bloc rocheux portant des cupules creusées) considérée comme un vestige de l'époque romaine. Elle est mentionnée dans les sources consultées, mais nous n'avons pas trouvé d'étude archéologique publiée qui la décrive en détail : une vérification par une source spécialisée en archéologie vaudoise serait utile.

La pierre isolée en forêt. Une pierre remarquable, difficile d'accès, est signalée par plusieurs sources comme ayant pu servir de site rituel ou religieux à une époque ancienne, sans que cette fonction soit démontrée archéologiquement. Elle se trouve en forêt, dans le secteur de l'arboretum d'Aubonne. À traiter comme une tradition locale plutôt que comme un fait archéologique établi.

La stèle romaine de la villa disparue. Une stèle romaine, provenant d'une villa antique qui se dressait autrefois près de l'actuel cimetière de Saubraz, est conservée aujourd'hui à l'Hôtel de Ville de Bière, commune voisine. Il ne faut pas confondre son lieu de conservation actuel (Bière) avec son lieu de découverte, qui se situe bien sur le territoire de Saubraz.

Les vestiges de l'ancienne église médiévale. L'église médiévale du village, dépendance de l'abbaye du Lac-de-Joux, a brûlé en 1251 puis a été reconstruite sous forme de chapelle ; celle-ci a été entièrement démolie en 1899 lors de la construction de l'école. Il n'existe donc plus de vestiges visibles aujourd'hui, seul l'emplacement, occupé depuis par le bâtiment communal, est connu.

Sources

Autres villages près de Saubraz

Une information manque ou une source existe ? Proposez une correction ou un complément, chaque suggestion est vérifiée avant d'être publiée.

Proposer une modification