Tafers
Origine du nom de Tafers
Tafers apparaît vers 1150 sous la forme « Tabernis », puis « de Tabemis » entre 1178 et 1189, « Tavels » en 1228 et « Tavers » en 1433. Le nom viendrait du latin ad tabernas, « près de l'auberge », signe d'une fondation romaine ou romane que les Alamans auraient reprise aux VIIIe et IXe siècles. En français, on dit Tavel.[1][3]
Fondation de Tafers
Tafers (Tavel) s'est formé à l'est de Fribourg, au nord du Galterengraben, autour de l'église Saint-Martin, sans doute de fondation franque. Sa paroisse s'étendait jusqu'à la Sarine et couvrait plus de la moitié de l'actuel district de la Singine. Elle se divisait en quartiers, les « Schrote » : le village formait le Bodenschrot, Alterswil le Juchschrot, St. Antoni le Schrickschrot et St. Ursen l'Ennet-dem-Bach-Schrot. Jusqu'en 1831, Tafers fait partie de l'Aupanner, l'une des bannières des Anciennes Terres de Fribourg. Le hameau de Rohr et le quartier de Klein-Schönberg appartiennent aussi à la commune, qui réunit depuis le 1er janvier 2021 Tafers, Alterswil et St. Antoni.[1][2][3]
Histoire de Tafers
1148. Première mention de l'église Saint-Martin.[1][4]
XIIe-XIIIe siècle. Le clocher de l'église est élevé.[1]
1511. Le quartier de la Matte, à Fribourg, quitte la paroisse de Tafers.[1]
1530-1554. Construction du chœur gothique.[1]
Fin du XVIe siècle. Rechthalten et Heitenried deviennent des paroisses distinctes.[1]
1620. La confrérie de Saint-Jacques est mentionnée pour la première fois. À la demande de Jacob Kämmerling, prévôt de Saint-Nicolas de Fribourg, le pape Paul V accorde une indulgence aux visiteurs de la chapelle et de l'église le jour de la Saint-Jacques.[5]
1753. Construction de la chapelle Saint-Michel, l'ossuaire du cimetière.[1][4]
1769. La chapelle Saint-Jacques, citée dès 1665, est remplacée par l'édifice actuel.[4][5]
1780. Le Sigristenhaus est bâti comme école. Il sert à l'enseignement jusqu'aux années 1840.[1][4]
1786-1789. Une nouvelle nef est construite, et Gottfried Locher la décore de peintures.[1][4]
1803. Tafers est rattaché au district de Fribourg.[1]
1831. La grande paroisse est partagée en quatre communes, et Tafers passe au district allemand. Le partage des biens bourgeoisiaux dure jusqu'à la fin du XIXe siècle.[1][3]
1848. Tafers devient le chef-lieu du nouveau district de la Singine.[1]
1886. Ouverture de l'hôpital de district, que le canton reprend en 1960.[1]
Fin du XIXe siècle. Appelées par les sœurs Marie et Ernestine Surbeck, les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul s'installent. Elles fondent des hôpitaux, un foyer d'enfants, un orphelinat, des écoles et un pensionnat de jeunes filles.[1]
1894. Alterswil et St. Antoni deviennent des paroisses. St. Ursen suit en 1901.[1][3]
1975. Le Musée singinois s'installe dans le Sigristenhaus.[1]
2015. Le 18 octobre, après des discussions ouvertes en 2014, Tafers et St. Antoni votent pour l'étude d'une fusion. Alterswil s'y joint en décembre 2016, Heitenried et St. Ursen déclinent.[7]
2019. Le 19 mai, Tafers accepte la convention de fusion par 916 voix contre 408, St. Antoni par 786 contre 292 et Alterswil par 574 contre 439. Le Grand Conseil l'approuve le 17 décembre.[7][8]
2021. Le 1er janvier, la nouvelle commune de Tafers réunit les trois communes sur 41,35 km², avec une aide cantonale de 1'475'100 francs.[7][8]
Population de Tafers
Sources et références : [1][9]
| 1811 | 411 |
| 1850 | 589 |
| 1900 | 964 |
| 1950 | 1'570 |
| 2000 | 2'627 |
| 2010 | 2'851 |
| 2020 | 3'530 |
| 2025 | 8'030 (commune fusionnée) |
Lieux historiques de Tafers
Église Saint-Martin. Le clocher polygonal des XIIe-XIIIe siècles domine le chœur gothique tardif de 1530-1554. La nef de 1786-1789, peinte par Gottfried Locher, a été rénovée en 1897 et agrandie en 1964-1965. Une pietà en bois du XVe siècle se trouve à l'autel latéral nord.[1][4]
Chapelle Saint-Jacques. Au cimetière, l'édifice de 1769 abrite un autel du premier baroque de Hans Franz Reyff, daté vers 1640. Jakob Stoll (1731-1812), peintre de la Singine, a peint la même année le cycle de huit scènes de la façade et les apôtres Jean et Jacques.[4][5]
Chapelle Saint-Michel. Cet ossuaire de 1753, voisin de l'église, conserve une crucifixion du XVIe siècle.[1][4]
Sigristenhaus et Musée singinois. Bâtie en 1780 comme école, puis logement du sacristain, la maison a une façade ornée de sculptures et d'inscriptions. Elle abrite depuis 1975 le musée du district, avec ses ex-voto.[1][4]
Centre du village. Autour de l'église se trouvent l'auberge Saint-Martin de 1755, la cure classique, la chapellenie du XVIIIe siècle à toit mansardé et l'Oberamt, siège de la préfecture, transformé en petit château.[4]
Château de Maggenberg. Construit dans la première moitié du XVIIe siècle, il fut habité par les sœurs Surbeck. La chapelle Saints-Pierre-et-Paul de Maggenberg date du XVIe siècle.[1]
Chapelle de Menziswil. La chapelle Notre-Dame-de-l'Assomption, près du château de Menziswil, a été construite vers 1780.[1]
Vestiges de Tafers
Tumulus. Trois tumulus de l'époque de Hallstatt n'ont jamais été fouillés.[1]
Bruchmatt. Au lieu-dit Bruchmatt se trouvent les ruines d'un établissement gallo-romain et une nécropole du haut Moyen Âge.[1]
Maggenbergholz. Dans le bois de Maggenberg subsistent des traces du premier siège des seigneurs de Maggenberg, des XIIe et XIIIe siècles.[1]
Légendes de Tafers
Le miracle du pendu. Un aubergiste malhonnête glisse une coupe d'or dans les bagages d'un père et de son fils en route pour Saint-Jacques-de-Compostelle, puis les accuse de vol. Le fils est pendu. Le père poursuit son pèlerinage et, au retour, trouve son fils vivant au gibet, gardé par saint Jacques. Le juge, qui fait rôtir des poulets, refuse d'y croire : un pendu ne revit pas plus que ses volailles. Les poulets se lèvent alors et s'envolent. Père et fils rentrent chez eux, et l'aubergiste est exécuté. Cette légende est peinte sur la chapelle Saint-Jacques.[4][5][6]
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Tafers » (Peter F. Kopp, version du 10.06.2021)
- Commune de Tafers, « Geschichte der Gemeinde und der Ortsteile »
- Commune de Tafers, « Geschichte der Gemeinde und der Ortsteile » (brochure PDF)
- Commune de Tafers, « Geschichtliche Bauten »
- Paroisse de Tafers, « Sankt-Jakobs-Kapelle »
- Commune de Tafers, « Legenden vom Galgenwunder »
- Conseil d'État du canton de Fribourg, message 2019-DIAF-5 accompagnant le projet de décret relatif à la fusion des communes d'Alterswil, de St. Antoni et de Tafers (12.11.2019)
- Grand Conseil du canton de Fribourg, décret du 17 décembre 2019 relatif à la fusion des communes d'Alterswil, de St. Antoni et de Tafers (ROF 2019_102)
- Service de la statistique du canton de Fribourg (SStat), « Population des communes, de 1900 à 2025 » (T01-02-03), population résidante permanente au 31.12.2025
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