Bourguillon
Origine du nom de Bourguillon
Le lieu apparaît en 1252 sous la forme « Burgillon », plus tard aussi « in Monticulo ». En allemand, il s'appelle Bürglen.[1][2]
Fondation de Bourguillon
Bourguillon occupe une colline qui domine la Sarine et la ville de Fribourg, aux avant-postes de la cité fondée en 1157. Une léproserie, la « maladeire », y fut fondée en 1275 (ou vers le milieu du XIIIe siècle), sans doute par la ville. Au Moyen Âge, les bourgeois atteints de la lèpre devaient y vivre, hors des murs. La chapelle de la maladrerie, dédiée à la Vierge, devint au XVe siècle au plus tard un lieu de pèlerinage régional. Le hameau s'est formé autour d'elle, sur un réseau de chemins en triangle, entre deux manoirs.[1][2][3][4]
Histoire de Bourguillon
Mésolithique. Des silex de cette époque ont été retrouvés à Bourguillon.[4]
1252. Première mention du lieu, sous le nom de « Burgillon ».[1][2]
1275. Fondation de la léproserie, qui servira ensuite d'hôpital et d'hospice.[1]
Début du XVe siècle. Au plus tard à cette époque, un pèlerinage se développe vers Notre-Dame de Bourguillon, dont la statue date du troisième quart du XIVe siècle (ou de 1466).[1][3][4]
1433. Une chapelle gothique remplace un petit sanctuaire roman, sans doute lié à la léproserie. Elle est démolie peu après.[1][2][3]
1464-1466. Pierre Rono construit la chapelle gothique. Son chœur et son clocher en molasse subsistent dans la chapelle actuelle.[1][2][3]
Début du XVIe siècle. Un chapelain, puis un recteur, desservent la chapelle.[1]
1543-1554. La maladeire est reconstruite après 1543, et la chapellenie s'élève juste à l'ouest en 1554.[2]
1576. Pierre Odet construit le château, agrandi en 1656 par Protais d'Alt.[2]
1659. Une sacristie est ajoutée au nord de la chapelle.[1][3]
1738. La Bonne-Maison est restaurée. Au XVIIIe siècle, elle sert d'hospice pour prébendaires pauvres et d'hôpital pour incurables.[2]
1759-1761. La nef de la chapelle est rehaussée et remaniée dans le style baroque, avec de grandes fenêtres.[1][2][3]
1838. La maladeire ferme définitivement. Vendue à un particulier, elle est démolie pour faire place à l'auberge des Trois-Tours, probablement dessinée par Joseph de Raemy et inaugurée en 1840.[1][2]
1840. Une nouvelle route cantonale franchit le Gottéron sur un pont suspendu et rejoint le Beau-Chemin près de la chapellenie.[2]
1872. Bourguillon, qui dépendait de la paroisse de Tavel, passe à la paroisse Saint-Nicolas de Fribourg.[1]
Début du XXe siècle. Le lieu est une promenade très appréciée des habitants de la ville.[2]
1932-1953. L'ancien manoir devenu le pensionnat Salve Regina reçoit deux ailes, en 1932-1933 puis en 1952-1953.[2]
1956-1960. Le pont du Gottéron est reconstruit en béton armé par l'ingénieur H. Gicot.[2]
1984. Les vestiges de la chapelle romane sont mis au jour. La chapelle est restaurée dans les années 1980.[1][2]
Lieux historiques de Bourguillon
Chapelle Notre-Dame de Bourguillon. Chapelle de pèlerinage gothique et baroque, entourée d'un cimetière clos de murs. Elle garde le chœur et le clocher de 1464-1466, la sacristie de 1659 et la nef remaniée en 1759-1761, ainsi que la statue de la Vierge.[1][2][3]
Ancienne chapellenie. Petit bâtiment cubique de 1554, à pignon de molasse taillée, à l'ouest de la chapelle.[2]
Hôtel des Trois-Tours. Long bâtiment néoclassique de neuf axes, à toit Mansart, avec une terrasse ombragée de marronniers, bâti en 1839 sur le site de la léproserie.[1][2]
Château de Diesbach et pensionnat Salve Regina. Le château, manoir gothique tardif, domine la colline avec son jardin et sa pièce d'eau ronde. Le pensionnat occupe un manoir de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle, entouré d'un long mur de jardin.[1][2]
Porte de Bourguillon. Porte de l'enceinte de Fribourg, de la seconde moitié du XIVe ou du premier quart du XVe siècle, coiffée d'un toit en forme de heaume. Un crucifix du milieu du XVIe siècle l'accompagne.[2]
Vestiges de Bourguillon
Léproserie. La maladeire, fondée au XIIIe siècle, fermée et démolie en 1838. L'auberge des Trois-Tours a pris sa place.[1][2][3]
Chapelle romane. Petit sanctuaire antérieur à 1433, probablement rattaché à la léproserie, retrouvé en 1984.[1][2][3]
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Bourguillon » (Peter F. Kopp), version du 09.07.2003
- Inventaire fédéral des sites construits d'importance nationale (ISOS), « Bourguillon » (2003)
- Fribourg Région, « Sanctuaire Notre-Dame de Bourguillon »
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Fribourg (commune) » (François Guex, Hermann Schöpfer, Alain-Jacques Czouz-Tornare), version du 04.02.2010
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