Treyvaux
Origine du nom de Treyvaux
Le nom apparaît vers 1163-1166 (ou 1169) sous la forme latine « Tribus Vallibus », puis « Tresvaux » en 1235 et 1251, « Treswels » ou « Tresvel » au XIIIe et au XIVe siècle, enfin « Treyvaux » au XVe siècle. La tradition y lit les « trois vallées » ou « trois vallons ». D'autres explications ont été proposées, « au-delà de la vallée » (trans vallem) ou « carrefour » (trivium), et le sens reste incertain. En allemand, le village s'appelait Treffels.[1][2]
Fondation de Treyvaux
Treyvaux s'est formé autour d'une église très ancienne, Saint-Pierre, bâtie sur une presqu'île qui domine les falaises de la Sarine, à un kilomètre environ à l'ouest du village actuel. Ses fondations remontent au VIIe siècle et sa dédicace à saint Pierre fait penser à une première communauté chrétienne de l'époque burgonde. Avec Essert, le village forme une paroisse très ancienne. Il relève de la seigneurie d'Arconciel-Illens, dont la famille de Treyvaux est ministériale du XIIe au XVe siècle. Au XIIIe siècle, une chapelle Sainte-Marie est construite au village et devient l'église paroissiale, tandis que Saint-Pierre reste l'église-mère jusqu'au milieu du XVIe siècle.[1][2][3]
Histoire de Treyvaux
VIIe siècle. Une première église est fondée sur la presqu'île de Saint-Pierre, au-dessus de la Sarine.[1]
1163-1166. Le village est cité sous la forme « Tribus Vallibus » (ou en 1169).[1][2]
XIIe-XVe siècle. Les Treyvaux servent comme ministériaux les seigneurs d'Arconciel.[1]
1173. L'évêque de Lausanne Landri de Durnes donne l'église Saint-Pierre à l'abbaye d'Hauterive.[1][2][3]
1291. La chapelle Sainte-Marie, au village, est déjà paroissiale. Elle est mentionnée en mars de cette année.[1][2]
1417. Le 14 février, l'évêque visite la paroisse. Le curé Petrus Ansermi a la charge de 70 ménages, et il manque à l'église calice, ciboire et crucifix.[1][2]
1468-1470. Sainte-Marie brûle, puis elle est reconstruite.[1][2]
1475. Berne et Fribourg conquièrent la seigneurie. Dès 1484, Treyvaux dépend du bailliage fribourgeois d'Illens.[1][2]
1512. L'église Saint-Pierre est incorporée au chapitre de Saint-Nicolas de Fribourg.[1]
1610. La commune se donne ses premiers statuts.[1]
1618. Les Mousquetaires de Treyvaux sont fondés. Cette milice survit comme société de tir.[2]
1635. Un nouvel édifice remplace la chapelle Sainte-Marie et il est consacré cette année-là.[1]
1698. Les retables des autels latéraux de Saint-Pierre sont réalisés.[3]
1798. Treyvaux est rattaché au district de La Roche, puis de 1803 à 1848 à celui de Fribourg.[1]
1832. La commune politique est créée.[1][2]
1873. L'église actuelle, dédiée à saint Pierre et saint Paul, est achevée.[1]
1890. Les éleveurs fondent deux syndicats, l'un pour la race « pie rouge », l'autre pour la « pie noire ». Un syndicat agricole commun avec Arconciel suit en 1899.[1]
1948. Une route est construite pour le chantier du barrage de Rossens. En 1981, elle relie Treyvaux à l'autoroute A12.[1]
1968. Le mouvement ATD Quart Monde installe son centre national dans la commune.[1]
1994. Les fouilles de l'église Saint-Pierre mettent au jour environ 600 squelettes.[1]
Population de Treyvaux
Sources et références : [1][2][5]
| 1417 | 70 feux |
| 1811 | 666 |
| 1850 | 868 |
| 1900 | 1'063 |
| 1950 | 1'044 |
| 1980 | 937 |
| 2000 | 1'248 |
| 2025 | 1'643 |
Lieux historiques de Treyvaux
Ancienne église Saint-Pierre. L'une des plus anciennes églises du canton, isolée sur les falaises de la Sarine. Le volume du bâtiment est resté médiéval et le chœur aurait été reconstruit par les cisterciens d'Hauterive. Vers 1520, une importante restauration ouvre les fenêtres en molasse. Les retables latéraux datent de 1698 (saint André et sainte Marguerite d'Antioche à droite, la Pietà et sainte Marie-Madeleine à gauche), celui du maître-autel de 1759 environ, et des peintures du chœur ont été découvertes vers 1990. Un crucifix du XIIe siècle, le « Christ de Treyvaux », lui est associé.[1][3]
Église Saints-Pierre-et-Paul. Église paroissiale du village, de 1873. Elle succède à la chapelle Sainte-Marie, paroissiale avant 1291, brûlée en 1468-1470, reconstruite, puis remplacée par l'édifice consacré en 1635.[1][2]
Vestiges de Treyvaux
Néolithique et époque romaine. Des tessons de céramique néolithique et une monnaie de l'empereur Valentinien ont été trouvés sur la commune.[1]
Les Chaussisses. Une route romaine venant du Mouret passait par les Chaussisses en direction de Pont-la-Ville. Elle a été refaite avec un enduit à la chaux au haut Moyen Âge, d'où le nom du lieu, tiré de calceata selon le linguiste Paul Aebischer.[2]
Cimetière de Saint-Pierre. Autour de l'ancienne église, les fouilles de 1994 ont dégagé quelque 600 squelettes, et des fondations du VIIe siècle sous l'édifice.[1][3]
Légendes de Treyvaux
L'âne de saint Pierre. La tradition raconte qu'après la peste noire, au XIVe siècle, les survivants refusèrent de rebâtir l'ancien village et voulurent s'établir dans un creux où se rencontrent trois vallées. Ils y portèrent la statue de saint Pierre, qui revint d'elle-même dans l'ancienne église. On confia alors le choix à un âne : il s'arrêta et s'agenouilla au lieu-dit En Frontin, où l'on bâtit l'église. Le sobriquet « les ânes », donné aux gens de Treyvaux, viendrait de ce miracle.[4]
Le duel du grand noyer. Un récit de Joseph Yerly rapporte qu'en 1798, pendant l'occupation française, l'aubergiste Joseph Papaux, ancien prévôt de salle d'armes, se battit en duel avec un officier français qui avait insulté le meunier Sciboz. Il le tua sous le « grand noyer », au chemin du Chêne.[2]
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Treyvaux » (Marianne Rolle, version du 15.11.2011)
- Jacques Jenny, « Notice historique de la commune de Treyvaux », Commune de Treyvaux
- Fribourg Région, « Eglise St-Pierre-de-Treyvaux »
- Fribourg Région, contes et légendes, « Saint-Pierre de Treyvaux » (d'après Légendes fribourgeoises, 1944)
- Service de la statistique du canton de Fribourg (SStat), « Population des communes, de 1900 à 2025 » (T01-02-03), population résidante permanente au 31.12.2025
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