Abbaye d'Hauterive

Site Canton de Fribourg · District : Sarine · 13 moines et 2 frères oblats (2024, communauté de l'abbaye)
Fait partie de la commune de Hauterive

Origine du nom d'Abbaye d'Hauterive

Les actes latins l'appellent « abbatia sancte Maria de Altaripa », abbaye Sainte-Marie, et les textes allemands « Altenryf ».[1]

Fondation d'Abbaye d'Hauterive

Guillaume de Glâne fonde l'abbaye entre 1132 et 1137 dans un méandre de la Sarine, au sud-ouest de Fribourg, et y entre ensuite comme frère convers. Les premiers moines viennent de Cherlieu, dans le nord de la Bourgogne. Le fondateur meurt en 1143 et repose dans l'abbatiale. L'abbaye atteint son apogée au XIIe et au début du XIIIe siècle : elle compte alors neuf granges, des moulins à céréales et un moulin à foulon. Elle est la plus ancienne abbaye cistercienne encore en activité en Suisse.[1][2][3]

Histoire d'Abbaye d'Hauterive

1132-1137. Guillaume de Glâne fonde l'abbaye avec des moines venus de Cherlieu. L'évêque de Lausanne donne son accord en 1137.[1][2]

1138. Le 25 février, l'abbaye est consacrée. Le pape Innocent II la confirme quatre ans plus tard, en 1142.[1][2]

1157. Les Zähringen prennent Hauterive sous leur protection et lui accordent des privilèges douaniers.[1][2]

Vers 1162. Une nouvelle église et le cloître roman sont consacrés (achevés vers 1160, selon une autre source).[1][2]

1182. Les bourgeois de Fribourg obtiennent le droit d'être enterrés à l'abbaye, qui possède aussi une maison en ville.[1]

1185. Hauterive fonde l'abbaye de Kappel, sa fille.[1][2]

1261. Le couvent de femmes de la Maigrauge, à Fribourg, est placé sous l'autorité de l'abbé d'Hauterive.[1]

1320-1328. L'abbé Pierre Dives fait reconstruire le chœur en gothique, avec une grande verrière, et percer des fenêtres à remplage sur le cloître.[1][2]

1341. L'abbaye conclut une combourgeoisie avec Fribourg. La ville en devient l'avoué avant 1391, puis définitivement en 1452, après les comtes de Neuchâtel et d'Aarberg.[1][2]

1386. Les Bernois pillent l'abbaye pendant la guerre de Sempach, puis de nouveau en 1448, pendant la guerre de Savoie.[1][2]

1418. De retour du concile de Constance, le pape Martin V accorde à l'abbé Pierre d'Affry et à ses successeurs le droit de porter les insignes pontificaux.[1][2]

1578. Un incendie ravage l'abbaye. La reconstruction dure jusqu'en 1582.[1][2]

1616. Guillaume Moënnat devient abbé. Il réforme aussi la Maigrauge et la Fille-Dieu.[1][2]

1715. L'abbé Henri de Fivaz lance la reconstruction baroque des bâtiments conventuels (en 1716, sur les plans de Franz Beer, selon une autre source). Le chantier s'achève en 1770 sous Bernard-Emmanuel de Lenzbourg.[1][2]

1848. Le canton sécularise l'abbaye. Les archives et la bibliothèque, la plus importante collection de manuscrits médiévaux de Suisse occidentale, partent pour Fribourg.[1][2][3]

1859. L'école normale cantonale s'installe dans les bâtiments, qu'elle occupe jusqu'en 1940. Une école d'agriculture l'y avait précédée dès 1850.[1][2][3]

1884. Après un incendie commence une longue restauration, dont la grande campagne de 1903 à 1913.[2][3]

1939. Des moines de Wettingen-Mehrerau reviennent s'établir à Hauterive.[1][2][3]

1973. Hauterive retrouve le rang d'abbaye.[1][2]

2021. Une restauration complète de l'église abbatiale commence. Elle s'achève en 2025.[3]

Population d'Abbaye d'Hauterive

Sources et références : [1][2]

Population d'Abbaye d'Hauterive
Fin du XIIe siècle30 à 40 moines, et 50 frères convers jusqu'au milieu du XIIIe siècle
181110 pères et 6 frères
184716 pères et 2 frères
20038 prêtres et 16 frères
202413 moines et 2 frères oblats

Lieux historiques d'Abbaye d'Hauterive

Église abbatiale. La nef romane date de 1150-1160, la façade gothique d'environ 1250 et le chœur de 1320-1328, éclairé par une fenêtre hexagonale à remplage garnie d'un vitrail. La chapelle Saint-Nicolas date de 1320-1322. Le clocher a retrouvé sa forme du XVIe siècle.[1][2]

Stalles. Les stalles de gothique tardif ont été faites sous l'abbé Jean Philibert (1472-1488).[1]

Cloître. Le cloître roman a été repris en gothique rayonnant entre 1320 et 1328.[1][2]

Bâtiments baroques. Les trois ailes du quadrilatère sont achevées en 1722 (aile orientale), 1748 (aile sud, avec le réfectoire et la bibliothèque) et 1768 (aile ouest des hôtes), dont la façade d'honneur porte les armes de l'abbé Bernard-Emmanuel de Lenzbourg. L'hôtellerie date de 1732 et la porterie d'environ 1775.[2]

Chapelle Saint-Loup. Dite chapelle des étrangers, elle date du XIIIe siècle, a été transformée au XVIIIe siècle et sert aujourd'hui d'habitation.[2]

Dépendances. Une grange-étable de 1594, un portail nord de 1611, un moulin et une forge des années 1760 entourent l'abbaye. Sur la rive droite, dans la commune de Bois-d'Amont, la ferme de La Souche (1758 et 1761) porte sur son pignon les armes de deux abbés.[2]

Site d'importance nationale. L'ISOS reconnaît à l'ensemble des qualités de situation et des qualités historico-architecturales exceptionnelles.[2]

Vestiges d'Abbaye d'Hauterive

Scriptorium et bibliothèque. Le scriptorium de l'abbaye fut actif du milieu du XIIe au XIVe siècle. Pillages et incendies, dont celui de 1578, ont fait des pertes. Le reste des manuscrits a quitté l'abbaye en 1848.[1]

Granges et moulins. Les neuf granges produisaient du lait dans les Préalpes, des céréales sur le Plateau et du vin sur les coteaux du Léman. L'une d'elles se trouvait sur le plateau de Grangeneuve. Un moulin à papier est cité en 1445.[1][2]

Sources

  1. Dictionnaire historique de la Suisse, « Hauterive (abbaye) » (Ernst Tremp), version du 29.11.2007
  2. Office fédéral de la culture, Inventaire fédéral des sites construits (ISOS), « Hauterive » (n° 1681), 3e version, août 2024
  3. État de Fribourg, Service des biens culturels, « Hauterive, une abbaye cistercienne au prisme des restaurations »

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