Alle
Origine du nom d'Alle
Le nom apparaît en 1136 sous la forme « Alla ». L'ancien nom allemand est « Hall ». Ce nom n'a pas encore trouvé d'explication.[1]
Fondation d'Alle
On ne connaît ni le fondateur d'Alle ni la date de sa naissance. Le lieu est pourtant habité depuis très longtemps : des hommes de Néandertal taillaient déjà le silex sur une terrasse de la rive gauche de l'Allaine, à Noir Bois et Pré Monsieur. Des villages d'agriculteurs s'y succèdent ensuite, puis la voie romaine de Mandeure à Avenches traverse le territoire, bordée de deux établissements gallo-romains. Une nécropole atteste l'habitat au haut Moyen Âge. Alle partage alors le sort de l'avouerie d'Ajoie, jusqu'à son intégration à la principauté épiscopale de Bâle à la fin du XIIIe siècle.[1]
Histoire d'Alle
120'000-50'000 av. J.-C.. Ateliers de taille du silex moustériens de Noir Bois et Pré Monsieur, les plus importants de Suisse : plus de 100'000 éclats et outils retouchés en roche locale.[1]
vers 13'000 av. J.-C.. Passage de chasseurs magdaléniens.[1]
vers 2300 av. J.-C.. Village d'agriculteurs de la culture campaniforme (plans de maisons, céramique).[1]
vers 400 av. J.-C.. Village de La Tène ancienne.[1]
Époque romaine. La voie de Mandeure (Epomanduodurum) à Avenches par Pierre-Pertuis, large d'environ 6,5 m, traverse le territoire et longe deux établissements gallo-romains. Un troisième se trouve sur les hauteurs du village.[1]
Haut Moyen Âge. Une nécropole atteste l'habitat.[1]
1136. Première mention : « Alla ».[1]
Fin du XIIIe siècle. Alle, qui partageait le statut incertain de l'avouerie d'Ajoie, est intégré à la principauté épiscopale de Bâle.[1]
1302. Première mention de la paroisse, dédiée à saint Jean l'Évangéliste. Elle relève du diocèse de Besançon jusqu'en 1779.[1]
XIVe-XIXe siècles. Long litige avec Courgenay au sujet de la forêt de la Montagne d'Alle.[1]
XVIe siècle. Alle devient le siège de l'une des quatre grandes mairies d'Ajoie.[1]
1634-1639. Pillages répétés pendant la guerre de Trente Ans.[1]
1730-1740. Alle est un foyer de l'agitation paysanne lors des « Troubles ».
1779. La paroisse passe du diocèse de Besançon à celui de Bâle.[1]
1836. Alle devient commune mixte.[1]
1901. Ouverture de la ligne de chemin de fer Porrentruy-Bonfol, qui favorise l'industrialisation (bois, boîtes de montre, bonneterie, filature de laine peignée).[1]
1951-1953. Transformation de l'église, qui conserve son clocher en bâtière de la fin du Moyen Âge.[1]
1964. Ouverture du centre collecteur de céréales de la coopérative agricole Centre-Ajoie.[1]
1973. Début de la Fête des paysans jurassiens, organisée à Alle depuis lors.[1]
1984. L'arsenal cantonal s'installe dans une ancienne usine.[1]
1990-1993. Fouilles partielles des sites paléolithiques de Noir Bois et Pré Monsieur.[1]
Population d'Alle
Sources et références : [1]
| 1809 | 696 |
| 1850 | 918 |
| 1900 | 1'238 |
| 1950 | 1'371 |
| 1970 | 1'615 |
| 2000 | 1'542 |
| 2010 | 1'661 |
| 2020 | 1'868 |
| 2025 | 1'965 |
Lieux historiques d'Alle
Église Saint-Jean-l'Évangéliste. Église paroissiale attestée dès 1302, transformée en 1951-1953. Elle conserve un clocher à toit en bâtière de la fin du Moyen Âge.[1]
Montagne d'Alle. Forêt disputée entre Alle et Courgenay du XIVe au XIXe siècle.[1]
Vestiges d'Alle
Sites paléolithiques de Noir Bois et Pré Monsieur. Sur une terrasse de la rive gauche de l'Allaine, ces ateliers de taille du silex moustériens, actifs entre 120'000 et 50'000 ans av. J.-C., sont les plus importants de Suisse. Fouillés en partie de 1990 à 1993, ils ont livré plus de 100'000 éclats et outils, ainsi que des traces de chasseurs magdaléniens (vers 13'000 av. J.-C.) et de villages campaniforme et laténien.[1]
Voie romaine. Tronçon de la voie de Mandeure à Avenches, large d'environ 6,5 m, bordé de deux établissements gallo-romains.[1]
Nécropole du haut Moyen Âge. Cimetière qui montre l'occupation du village avant sa première mention écrite.[1]
Légendes d'Alle
Le vase d'or et les sorcières. Près des ruines romaines d'Alle, la tradition cachait un vase rempli de pièces d'or qui ne sortait de terre qu'une fois par siècle, entre onze heures et minuit, et que le dernier coup de cloche de l'église faisait disparaître. Dans la combe de Champ-Françon, au bord du plateau, les sorcières tenaient leurs assemblées nocturnes.[4]
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Alle » (François Schifferdecker, François Kohler)
- Statistique Jura, tableau JU-T.01.01.03, population résidante permanente au 31 décembre 2025
- geo.admin.ch (swisstopo), recherche de lieux « Alle »
- Auguste Quiquerez, Le Mont-Terrible, 1862, p. 173-174
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