Apples

Canton de Vaud · District : Morges · Environ 1'450 à 1'460 habitants (dernier chiffre connu pour Apples en tant que commune indépendante, au 31 décembre 2020 ; depuis la fusion du 1er juillet 2021, la population n'est plus comptabilisée séparément mais intégrée à celle de la commune de Hautemorges).

Origine du nom d'Apples

Le nom d'Apples n'a rien à voir avec le fruit, malgré ce que son orthographe actuelle suggère à un lecteur non averti. L'hypothèse généralement retenue fait remonter le site à un établissement burgonde du Ve siècle, dont le nom aurait été quelque chose comme « Iplingen ». Sous l'effet de la romanisation du parler local, ce nom aurait évolué en « Iplens », puis en « Aplis », forme sous laquelle le village apparaît dans le tout premier document écrit qui le mentionne, en 1011. Cette chaîne évolutive (Iplingen, Iplens, Aplis) reste une reconstruction philologique et non un fait attesté par des documents intermédiaires : elle mériterait d'être vérifiée auprès d'un ouvrage de toponymie vaudoise spécialisé plutôt que reprise telle quelle. Ce qui est en revanche solidement établi, par plusieurs sources qui se recoupent, c'est la suite des formes écrites : Aplis en 1011, Aples en 1222, puis Apples dès 1328, forme qui s'est ensuite fixée. Une source signale une variante de date pour la première mention (1009 plutôt que 1011), mais les sources les plus nombreuses et les plus fiables convergent sur 1011 ; c'est cette date qui est retenue ici, avec cette réserve. Les habitants d'Apples portent le nom collectif de Caque à part, parfois orthographié caquepois ou caque-pois. L'origine exacte de ce sobriquet villageois, comme pour beaucoup de surnoms de communes vaudoises, ne semble pas documentée de façon certaine dans les sources consultées ; une source touristique locale propose d'y voir une allusion à l'esprit d'indépendance et de particularisme du village, une lecture à prendre comme une interprétation plutôt que comme un fait établi. On relève aussi, dans une source, deux autres sobriquets attribués aux habitants, les Caque-à-Part et les Retrousse-Jupons, sans qu'on sache s'ils désignaient les mêmes habitants à des époques différentes ou des groupes distincts au sein du village ; ce point mériterait d'être creusé. En patois vaudois, le sobriquet est parfois transcrit lè Caca-Pâi.

Fondation d'Apples

Apples n'a pas été fondé par un acte unique et daté : comme la plupart des villages du pied du Jura vaudois, il s'est formé par occupation progressive d'un site favorable, avant d'apparaître dans les textes une fois structuré autour d'une église et rattaché à une seigneurie. Le territoire était habité bien avant toute mention écrite : des vestiges du Néolithique, de l'âge du Bronze et de l'époque romaine ont été mis au jour sur la commune, preuve d'une présence humaine ancienne et continue, même si les sources consultées pour cette recherche ne donnent pas le détail des fouilles, de leur datation précise ni de leur localisation exacte. Une chapelle existait déjà au VIIIe siècle selon une source, ce qui suggère un noyau chrétien organisé bien avant l'an mil, mais ce point n'a pu être recoupé qu'avec une seule source et resterait à confirmer. Le moment charnière, documenté de façon beaucoup plus solide, est celui du 18 février 1011 : le roi Rodolphe III de Bourgogne fait don de l'église paroissiale Saint-Pierre et du village d'Apples à l'abbaye de Romainmôtier, l'une des maisons religieuses les plus puissantes du Pays de Vaud médiéval. C'est ce don qui fait entrer Apples dans l'histoire écrite et qui structure son statut pour les cinq siècles suivants : le village se développe comme possession de l'abbaye, sous son autorité temporelle et spirituelle. Au moment du Plaict général de 1327, un acte qui fixe les droits et devoirs collectifs des sujets de l'abbaye, les habitants d'Apples sont décrits comme libres mais soumis à la mainmorte et au formariage, deux servitudes qui limitaient la libre disposition des biens et le libre choix du conjoint hors de la seigneurie ; ils étaient également tenus de se rendre aux assemblées, ou plaids généraux, convoquées par l'abbaye. Cette situation perdure jusqu'à la conquête bernoise du Pays de Vaud en 1536, qui met fin à la souveraineté temporelle de l'abbaye sur la région.

Histoire d'Apples

Néolithique, âge du Bronze. Des vestiges de ces périodes ont été mis au jour sur le territoire de la commune, sans que les sources disponibles précisent leur nature exacte, leur localisation ou les circonstances de leur découverte. Ce point mériterait d'être documenté plus précisément auprès du service cantonal d'archéologie.

Époque romaine. Des traces d'occupation romaine ont également été relevées sur le territoire, dans la continuité d'une présence humaine ancienne sur ce site où les sources en eau étaient abondantes.

Ve siècle. Selon l'hypothèse retenue par plusieurs sources, des colons burgondes fondent le premier véritable établissement sur le site, à l'origine du nom du village par une évolution linguistique encore mal documentée dans le détail.

VIIIe siècle. Une chapelle existerait déjà à cet endroit selon une source ; l'information n'a pas pu être recoupée avec une seconde source indépendante et reste à vérifier.

18 février 1011. Le roi Rodolphe III de Bourgogne fait don de l'église paroissiale Saint-Pierre et du village d'Apples, alors désigné sous le nom d'Aplis, à l'abbaye de Romainmôtier. C'est la première mention écrite connue du village.

1222. Le nom du village apparaît dans les textes sous la forme Aples.

1327. Le Plaict général fixe les droits et devoirs des sujets de l'abbaye de Romainmôtier. Les habitants d'Apples y sont mentionnés comme libres, mais soumis à la mainmorte et au formariage, et tenus de participer aux assemblées générales convoquées par l'abbaye.

1328. Le nom du village prend la forme Apples, qui deviendra la forme définitive.

1416. Un recensement mentionne 24 feux à Apples, c'est-à-dire 24 foyers ou ménages. Ce chiffre ne peut pas être directement converti en nombre d'habitants sans hypothèse arbitraire sur la taille moyenne des foyers de l'époque ; il n'est donc pas repris dans le tableau de population ci-dessous, mais mentionné ici à titre indicatif.

1536. Les troupes bernoises conquièrent le Pays de Vaud et mettent fin à la souveraineté de l'abbaye de Romainmôtier. Apples, enclavé entre les bailliages de Morges et d'Aubonne, est intégré au bailliage bernois de Romainmôtier.

1669. Construction de la maison de commune d'Apples, qui abritait le conseil des Douze, l'organe de gouvernance locale du village sous l'Ancien Régime bernois.

1798-1803. Après la chute du régime bernois, Apples fait partie du canton du Léman sous la République helvétique.

1803. L'Acte de Médiation fait du Léman le canton de Vaud. Apples est alors rattaché au district d'Aubonne, où il restera pendant plus de deux siècles ; une source évoque un rattachement transitoire au district de Morges la même année, avant ce rattachement définitif à Aubonne, mais ce détail n'a pu être confirmé qu'avec une seule source.

1838. Le temple réformé, bâti sur les fondations d'un édifice roman antérieur, fait l'objet d'une transformation importante. Une source attribue ces travaux à l'architecte François Recordon, information qui n'a pas pu être recoupée avec une seconde source et qui reste à vérifier.

1859. Construction du collège néoclassique du village. Une source attribue les plans à l'architecte Louis Simon, information qui n'a pas pu être recoupée de façon indépendante.

1895. Inauguration de la ligne de chemin de fer Bière-Apples-Morges (BAM), qui désenclave le village et facilite son développement économique.

1905. Nouvelle campagne de restauration du temple, selon une source qui ne précise pas la nature exacte des travaux.

1923. Adoption des armoiries communales d'Apples : un écu parti d'argent et de gueules, rappelant l'appartenance historique du village à l'abbaye de Romainmôtier, chargé d'une bande d'or à trois tourteaux, en référence à la famille médiévale d'Apples (ou Dapples), qui aurait quitté le village pour s'établir à Lausanne au XIVe ou XVe siècle avant d'y obtenir la bourgeoisie en 1603 selon une source. La famille Dapples, encore attestée aujourd'hui dans le canton de Vaud, est présentée par plusieurs sources comme probablement originaire d'Apples, sans qu'un lien documentaire direct et continu entre la famille médiévale et la famille moderne ne soit clairement établi dans les sources consultées.

1943. Électrification de la ligne de chemin de fer Bière-Apples-Morges.

1957. Nouvelle restauration du temple ; pose de vitraux signés Bernard Viglino sur la façade sud.

1963. Construction de la chapelle catholique Saints-Pierre-et-Paul. Une source attribue les plans à l'architecte Jean Serex, sans qu'une seconde source ait pu confirmer cette attribution.

1981. Fondation à Apples de Logitech, entreprise devenue l'un des plus grands fabricants mondiaux de périphériques informatiques. Le siège légal de Logitech International SA reste aujourd'hui encore enregistré à Apples, bien que l'essentiel de l'activité de l'entreprise se soit depuis longtemps déplacé ailleurs (notamment à Lausanne et en Californie).

1989. La pierre à cupules du bois de Duin, sur le territoire d'Apples, est classée parmi les quinze blocs erratiques protégés du canton de Vaud.

1997. Installation d'un nouvel orgue, construit par le facteur strasbourgeois Muhleisen, dans le temple d'Apples. Le concert inaugural est donné le 28 septembre par l'organiste André Luy.

1er septembre 2006 / 1er janvier 2008. La réforme territoriale vaudoise dissout le district d'Aubonne, dont dépendait Apples depuis 1803. Le village rejoint le nouveau district de Morges.

2010. Nouvelle rénovation du temple d'Apples.

Novembre 2018. Les électeurs d'Apples et de cinq communes voisines (Bussy-Chardonney, Cottens, Pampigny, Reverolle, Sévery) votent favorablement à un projet de fusion pour créer une nouvelle commune.

1er juillet 2021. Entrée en vigueur de la fusion : Apples cesse d'exister comme commune indépendante et devient une localité de la nouvelle commune de Hautemorges, dont elle constitue le centre administratif (le greffe communal y est installé).

Population d'Apples

Population d'Apples
1764362
1803440
1850591
1900546
1914608
1950587
1962517
1970652
1980833
20001'159
20101'243
20201'453

Lieux historiques d'Apples

Temple réformé d'Apples. Édifice qui repose sur les fondations d'une construction romane antérieure, sur le site même de l'ancienne église Saint-Pierre donnée à l'abbaye de Romainmôtier en 1011. Il a connu plusieurs campagnes de restauration au fil des siècles (1838, 1905, 1957, 2010 selon les sources disponibles), ce qui rend son apparence actuelle largement composite plutôt que d'époque unique. Il abrite un orgue du facteur strasbourgeois Muhleisen, installé en 1997, ainsi que des vitraux Art nouveau dans le chœur et des vitraux signés Bernard Viglino (1957) sur la façade sud.

Maison de commune (1669). Ancien bâtiment administratif du village, qui abritait sous l'Ancien Régime le conseil des Douze, organe de gouvernance locale. Il témoigne de l'organisation communautaire d'Apples bien avant la création de l'État vaudois moderne.

Collège néoclassique (1859). Bâtiment scolaire construit au milieu du XIXe siècle, dans le style néoclassique caractéristique de nombreux collèges de village vaudois de cette période.

Chapelle catholique Saints-Pierre-et-Paul (1963). Édifice religieux plus récent, construit pour la communauté catholique du village, à une époque où la région restait très majoritairement protestante depuis la Réforme bernoise du XVIe siècle.

Gare et ligne du Bière-Apples-Morges (BAM). Inaugurée en 1895 et électrifiée en 1943, cette ligne de chemin de fer régional a longtemps constitué le principal lien d'Apples avec Morges et la plaine, et reste aujourd'hui encore en service sous l'exploitation de la compagnie MBC (Morges-Bière-Cossonay), la ligne historique du BAM ayant été intégrée à ce réseau plus large.

Vestiges d'Apples

Pierre à cupules du bois de Duin. Bloc erratique portant des cupules (petites cavités creusées dans la roche), situé dans le bois de Duin, entre Apples et Ballens, à environ 687 mètres d'altitude. Il fait partie des quinze blocs erratiques protégés par le canton de Vaud depuis 1989. Ni la datation précise de ces gravures, ni la méthode utilisée pour les creuser, ni leur fonction d'origine (repère, calendrier, usage rituel) ne sont établies avec certitude par les sources consultées : plusieurs hypothèses circulent, dont celle, non vérifiée et à traiter comme une interprétation moderne plutôt que comme un fait historique, selon laquelle la disposition des cupules reproduirait la constellation des Pléiades. Cette dernière hypothèse relève d'une lecture personnelle publiée sur un blog et ne doit pas être présentée comme une donnée archéologique établie.

Vestiges du Néolithique, de l'âge du Bronze et de l'époque romaine. Plusieurs sources mentionnent la découverte de vestiges de ces périodes sur le territoire de la commune, preuve d'une occupation humaine continue depuis la préhistoire. Les sources consultées pour cette recherche ne détaillent toutefois ni le lieu exact de ces découvertes, ni leur datation précise, ni les circonstances des fouilles ; ce point mériterait d'être approfondi auprès du service cantonal d'archéologie vaudois ou de publications archéologiques spécialisées.

Sources

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