Branson
Origine du nom de Branson
Le nom est attesté en 1264 sous la forme « Brancion », puis en 1383 sous la forme « Biranczon », et l'on écrit encore « Brançon » en 1906. On y a vu un ancien « Branciodunum », formé du nom de personne *Brancio et de *dunum (forteresse). D'autres proposent le latin populaire « bruscia » (broussailles, bouquets d'arbres défrichés pour la vigne), ou peut-être « brachium » (contreforts). Le nom a aussi été expliqué par le « fond du bran », le gros bras du Rhône. Aucune de ces explications ne s'impose.[1][3][4]
Fondation de Branson
Branson est un village de la commune de Fully, sur la rive droite du Rhône, au pied d'un coteau raide. Des traces d'habitat préhistorique y ont été observées, mais on ignore qui a fondé le village. La vigne y serait cultivée depuis l'époque romaine et prend son essor à la fin du Moyen Âge. Au Moyen Âge, Branson forme avec Fully une salterie (office du sautier ou forestier) qui relève de la châtellenie savoyarde de Saillon, et le sautier réside à Branson. Des habitants des vallées d'Entremont et de Bagnes colonisent le site et y obtiennent des libertés, dont celle de vendre leur production. Jusqu'au début du XXe siècle, ils n'y séjournent qu'une partie de l'année, surtout pour les travaux de la vigne, au carnaval et pendant les vendanges, et logent dans de petits mazots de pierre. Le village ne devient un lieu de résidence permanente qu'au XXe siècle.[1][2][5]
Histoire de Branson
Premier âge du Fer. Un habitat existe au lieu-dit Le Carré, au pied du coteau près de Branson : céramique, scories de fer et argile cuite portant l'empreinte de planches y ont été observées lors de fouilles en 2003.[5]
XIIIe siècle. La salterie de Fully-Branson relève de la châtellenie savoyarde de Saillon.[2]
1264. Première mention connue du lieu, sous la forme « Brancion ».[3]
XIVe siècle. Un éboulement descendu du Six-Carro aurait durement frappé le village.[1]
1383. Le nom apparaît sous la forme « Biranczon ».[3]
vers 1508. La charge de sautier, d'abord tenue par la famille de Branson puis par les Carnavalli de Saint-Gingolph, passe aux Châtelard d'Isérables, puis à Georges Supersaxo.[1]
XVIe siècle. Un pont de bois sur le Rhône est mentionné à Branson.[1]
1798. Branson figure parmi les dix-huit hameaux de Fully recensés cette année-là.[2]
1863. Début des travaux d'assèchement de la plaine du Rhône, que les crues inondaient jusqu'au pied des maisons les plus basses.[1]
1867. Une épidémie de choléra frappe le village.[1]
1878. Le canal de Fully est déjà creusé. La première édition de la carte Siegfried montre un village proche de l'actuel, dont la route traverse la rangée inférieure de maisons.[1]
1888. Le 31 décembre, un incendie détruit environ un quart du village.[1]
vers 1960. Construction de l'école. Le village n'avait pas eu d'école digne de ce nom avant la Seconde Guerre mondiale.[1]
1991. Restauration de la chapelle.[1]
2003. Au lieu-dit Le Carré, des travaux de construction mettent au jour des couches d'occupation préhistoriques, dont une datée du premier âge du Fer.[5]
Lieux historiques de Branson
Chapelle. Chapelle baroque avec un clocheton à alvéole, des XVIIe-XVIIIe siècles (milieu du XVIIIe siècle selon une autre source). Dédiée à Notre-Dame de la Compassion, elle est aussi connue comme chapelle Saint-Ours, et la fête patronale de la Saint-Ours a lieu chaque premier samedi de février. Elle a été restaurée en 1991.[1][2][7]
Village de mazots. Le village est inscrit à l'Inventaire fédéral des sites construits à protéger (ISOS). Ses premiers bâtiments étaient des mazots en maçonnerie de petits boulets couverts de dalles de pierre, dont il reste des traces au haut du village et à la Colombière. Peu à peu agrandis, ils sont devenus des habitations. Ruelles escarpées et toits d'ardoise marquent encore le village.[1][7]
Blocs d'escalade. Les blocs de Branson ont vu les premiers passages de bloc cotés 8b et 8b+ au monde.[7]
Vestiges de Branson
Habitat de l'âge du Fer au Carré. En avril 2003, une fouille de sauvetage au lieu-dit Le Carré a observé deux ensembles de couches préhistoriques. La couche supérieure, attribuée au premier âge du Fer, a livré de la céramique, deux scories de fer, un fragment de tôle de bronze et de l'argile cuite qui suggère une construction en madriers. Les scories indiquent une réduction de minerai de fer. Une couche semblable a été repérée une centaine de mètres plus au nord-ouest.[5]
Tombes d'En Carroz. De nombreuses tombes sans mobilier, peut-être burgondes, ont été découvertes En Carroz sur Branson.[6]
Traces de mazots anciens. Des restes des anciens mazots de boulets et de dalles de pierre subsistent au haut du village et à la Colombière.[1]
Sources
- Inventaire fédéral des sites construits à protéger en Suisse (ISOS), « Branson, commune de Fully », 2e version, février 1996
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Fully » (Benjamin Roduit, version du 14.06.2007)
- Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs (glossaire toponymique), lettre B
- Jean-Marie Ançay, « Fully, ses lieux-dits : compléments et corrections topographiques », 8e édition, 2024
- François Wiblé (dir.), « Chronique des découvertes archéologiques dans le canton du Valais en 2003 », Vallesia
- Marc-R. Sauter, « L'archéologie burgonde en Valais : tombes à mobilier trouvées à Guttet-Feschel », Vallesia
- Fully Tourisme, brochure « Bienvenue à Fully »
- Office fédéral de la statistique (OFS), STATPOP, chiffres provisoires au 31.12.2025, via citypopulation.de
- geo.admin.ch, recherche de lieux (coordonnées)
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