
Carouge
Origine du nom de Carouge
Le nom vient du latin « quadrivium », le carrefour. Les plus anciennes formes sont « Quadruvium » ou « Quatruvio » : le roi burgonde Sigismond est couronné en 516 à la « villa quadruvio ». Suivent « Carrogium » en 1248, « Quarrouiz » ou « Quarroggi » au XIVe siècle et « Quaroggio » en 1445.[1]
Fondation de Carouge
Le site doit son importance au passage de l'Arve : deux ponts successifs et parallèles, datés d'environ 100 av. J.-C., attestent une occupation ancienne liée à l'oppidum gaulois de Genua puis à la cité romaine de Genava. Deux villae, un sanctuaire et des ateliers indiquent un vicus. Au Moyen Âge, le bourg du pont d'Arve relève de la paroisse de Lancy, la maladière de celle de Saint-Léger. Seigneurs et maison de Savoie se disputent péages et routes, et les guerres entre Genève et la Savoie vident le lieu après 1596. La ville actuelle est une création de la monarchie sarde à la fin du XVIIIe siècle : conçue comme rivale de Genève, elle reçoit à partir de 1772 des plans successifs (Garella, Piacenza, Manera, puis le plan Robilant de 1781) qui fixent un quadrillage de rues bordées de maisons néoclassiques, et elle est érigée en ville royale par lettres patentes de janvier 1786. Ouverte aux protestants et aux juifs, elle attire une population cosmopolite.[1]
Histoire de Carouge
vers 100 av. J.-C.. Deux ponts successifs et parallèles sont construits sur l'Arve, signe d'une occupation ancienne.[1]
14 av. J.-C.. Les pieux du mur extérieur (murus) d'une enceinte antérieure à l'époque burgonde sont datés de cette année par dendrochronologie.[1]
516. Sigismond est couronné roi des Burgondes à la « villa quadruvio ».[1]
1247. Première mention de la maladière (léproserie), qui relève de la paroisse de Saint-Léger.[1]
1394. Gérard de Ternier reçoit le droit de pontenage (péage du pont), qui passera ensuite au duc Amédée VIII de Savoie.[1]
1446. Rédaction du « Livre des Ladres », qui décrit le fonctionnement de la léproserie. Celle-ci cesse d'accueillir des malades en 1558.[1]
1534-1535. Démolition volontaire des faubourgs, dont le bourg du Pont d'Arve, pour renforcer la défense de Genève.[1]
1589. Guerre contre la Savoie : construction du Fort d'Arve sur la rive gauche et combats sanglants à Carouge. Le fort est démantelé en 1596.[1]
1754. Le traité de Turin démêle l'enchevêtrement des fiefs. Carouge compte 24 maisons, 87 en 1765.[1]
1772. Plan régulateur de Francesco Luigi Garella.[1]
1777. Autorisation de deux foires annuelles et d'un marché hebdomadaire. Carouge se détache de la paroisse de Lancy et l'église Sainte-Croix est mise en chantier.[1]
1780. Carouge devient chef-lieu d'une province portant son nom. Le plan Robilant de 1781 sert de base à la ville nouvelle.[1]
1783. Les protestants obtiennent le droit de culte et d'avoir un pasteur.[1]
1786. Lettres patentes de janvier qui érigent Carouge en ville royale.[1]
1787. Les juifs, dont beaucoup viennent d'Alsace, obtiennent la liberté de culte et le droit d'avoir un cimetière.[1]
1792. Rattachement à la France le 2 octobre. On recense 143 auberges et cabarets.[1]
1808-1811. Construction du Pont-Neuf par Nicolas Céard.[1]
1816. Le traité de Turin du 16 mars rattache Carouge à Genève et à la Confédération. Le temple est construit en 1818-1822.[1]
1862. Omnibus sur rail tiré par des chevaux, ancêtre du tram 12 : Carouge est la quatrième ville européenne à en avoir un.[1]
1950. Première loi protégeant le Vieux-Carouge, après le classement des fontaines de Jean-Daniel Blavignac (1867-1868) dans les années 1920.[1]
1958. Création de la Fondation des terrains industriels Praille-Acacias (FIPA). Construction du quartier des Tours (1958-1973).[1]
Population de Carouge
Sources et références : [1][2]
| 1772 | 567 |
| 1779 | 1'155 |
| 1786 | 3'188 |
| 1792 | 4'672 |
| 1795 | 3'594 |
| 1799 | 2'935 |
| 1822 | 3'571 |
| 1850 | 4'403 |
| 1900 | 7'437 |
| 1950 | 9'290 |
| 2000 | 17'590 |
| 2010 | 18'629 |
| 2020 | 21'454 |
| 2025 | 23'050 |
Lieux historiques de Carouge
Vieux-Carouge. Ville nouvelle sarde de la fin du XVIIIe siècle, au plan en quadrillage et aux maisons néoclassiques, protégée par une loi depuis 1950.[1]
Église Sainte-Croix. Église mise en chantier en 1777 sous les autorités sardes. Pendant la période révolutionnaire, elle abrite les séances des clubs révolutionnaires.[1]
Temple de Carouge. Temple protestant construit en 1818-1822, après le rattachement à Genève.[1]
Fontaines de Blavignac. Fontaines construites en 1867-1868 par Jean-Daniel Blavignac, classées dans les années 1920.[1]
Pont-Neuf. Pont sur l'Arve construit en 1808-1811 par Nicolas Céard, pendant la période française.[1]
Chapelle Saint-Nicolas. Chapelle située en face de l'ancienne léproserie, seule survivante du hameau de Saint-Nicolas-le-Vieux, disparu au XIIIe siècle.[1]
Vestiges de Carouge
Ponts antiques sur l'Arve. Deux ponts successifs et parallèles datés d'environ 100 av. J.-C., liés à l'oppidum gaulois de Genua puis à la cité romaine de Genava.[1]
Enceintes et vicus antiques. Deux enceintes successives antérieures à l'époque burgonde (pieux du mur extérieur datés de 14 av. J.-C.), deux villae dont la plus ancienne remonte à la seconde moitié du Ier siècle apr. J.-C., un sanctuaire et des ateliers.[1]
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Carouge (GE) » (Dominique Zumkeller)
- Office cantonal de la statistique (OCSTAT), Mémento statistique du canton de Genève 2026, tableau Population résidante par commune, en 2025
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