Col des Rangiers

Site Canton de Jura · District : Porrentruy · Pas de chiffre publié pour le site ; la commune de La Baroche compte 1'124 habitants (31.12.2025)
Fait partie de la commune de La Baroche
Vue de Col des Rangiers
Photo : Roland Zumbühl (Picswiss), Arlesheim (Commons:Picswiss project), CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

Origine du nom de Col des Rangiers

Une « Métairie des Rangiers » est citée en 1658. L'étymologie de « Rangiers » n'a pas encore été expliquée.[3][6]

Fondation de Col des Rangiers

On ne sait pas depuis quand le passage est utilisé. Le col des Rangiers (856 m) relie Delémont à Porrentruy, entre la vallée de Delémont et l'Ajoie. Son sommet se trouvait sur le territoire de l'ancienne commune d'Asuel, aujourd'hui dans la commune de La Baroche (fusion de 2009). Au XVIIe siècle, le prince-évêque de Bâle donne en fief une métairie des Rangiers. Jusqu'à l'ouverture des chemins de fer, le col est l'un des plus fréquentés du Jura. Sa position stratégique, débattue dès la fin du XIXe siècle, en fait un lieu de manœuvres et de fortifications, puis le site de la Sentinelle des Rangiers, monument à la mobilisation de 1914-1918.[1][2][3][5][6]

Histoire de Col des Rangiers

1516. Le prince-évêque Christophe d'Utenheim accorde la concession d'une forge à Charmoille pour fondre le minerai des Rangiers et du Montavon.[6]

1658. Le 9 février, le prince-évêque Jean-Conrad de Roggenbach donne en fief La Caquerelle, Le Creux et la Métairie des Rangiers.[3][6]

1877. Ouverture des chemins de fer. Jusque-là, le col des Rangiers était l'un des plus fréquentés du Jura.[1]

1884. Grandes manœuvres militaires aux Rangiers, dirigées par la 4e brigade d'infanterie.[5]

1891. La bourgeoisie de Boécourt acquiert la ferme des Rangiers.[3]

1911. Le 21 octobre, la Députation jurassienne obtient du Département militaire fédéral des garanties sur la défense des Rangiers en cas de conflit.[5]

1924. Le 31 août, inauguration de la Sentinelle des Rangiers, statue de Charles L'Eplattenier commandée par la Société jurassienne de développement pour le dixième anniversaire de la mobilisation de 1914.[2]

1926. Le 16 mai, première course de côte Develier-Les Rangiers.[7]

1938. Le 5 mars, le Conseil fédéral fixe les limites des régions fortifiées. En 1939, la circulation est réglementée dans les zones extérieures de la région fortifiée des Rangiers.[5]

1944. Le 28 décembre, le général Henri Guisan convoque des officiers aux Rangiers pour un rapport d'armée.[4]

1956. Le 6 avril, un avion militaire français s'écrase près du col ; trois morts.[6]

1964. Le 3 février, le restaurant des Rangiers est détruit par un incendie. Le 30 août, la commémoration de la mobilisation de 1939-1945 tourne à l'émeute. Les orateurs Virgile Moine et Paul Chaudet sont conspués.[3][4]

1967. Le 2 décembre, inauguration du nouvel Hôtel des Rangiers.[3]

1984. Dans la nuit du 31 mai au 1er juin, la Sentinelle est renversée. Le Groupe Bélier revendique l'action. Elle est remise en place le 27 juin.[2][9]

1989. Le 10 août, la Sentinelle est de nouveau abattue et décapitée.[2][9]

1990. En février, la statue, entreposée à Glovelier, est incendiée. Le socle est enlevé le 20 juillet.[2][9]

2024. Le 2 juillet, le vestige de la Sentinelle, un bloc de granit d'environ 6 tonnes, est transporté de Delémont à La Caquerelle pour y être exposé.[9]

Lieux historiques de Col des Rangiers

Hôtel des Rangiers. Ancienne ferme des Rangiers acquise par Boécourt en 1891. Le restaurant, détruit par le feu en 1964, est reconstruit et inauguré en 1967.[3]

Course de côte Saint-Ursanne-Les Rangiers. Course automobile de côte disputée dès 1926 depuis Develier, puis dès 1955 depuis Saint-Ursanne. Elle entre en 1972 au Championnat d'Europe de la montagne.[7]

Fortifications des Rangiers. Ouvrages de la région fortifiée des Rangiers de 1939-1945, dévoilés au public en 2002. Le fort du Chételat se visite.[5]

Vestiges de Col des Rangiers

Vestige de la Sentinelle des Rangiers. Statue d'un soldat de 4,5 m sculptée par Charles L'Eplattenier et surnommée « le Fritz », inaugurée en 1924 à la jonction des routes des Rangiers vers Delémont et vers les Franches-Montagnes. Renversée en 1984 et 1989, puis brûlée en 1990, elle n'en subsiste qu'un bloc de granit, exposé depuis 2024 à La Caquerelle. Un fragment se trouve aussi dans la vigne à Farinet, à Saillon.[2][9]

Sources

  1. Dictionnaire historique de la Suisse, « Asuel » (Bernard Prongué), version du 10.06.2020
  2. Denis Moine, Chronologie jurassienne, « Rangiers : Sentinelle des Rangiers »
  3. Denis Moine, Chronologie jurassienne, « Rangiers : Auberge, hôtel »
  4. Denis Moine, Chronologie jurassienne, « Rangiers : Manifestations »
  5. Denis Moine, Chronologie jurassienne, « Rangiers : Fortifications »
  6. Denis Moine, Chronologie jurassienne, « Rangiers : Divers »
  7. Denis Moine, Chronologie jurassienne, « Rangiers : Course de côte »
  8. Christina Graf (ASSH), « La Sentinelle (Fritz) », Penser un monument
  9. République et Canton du Jura, communiqué « Déplacement du vestige de la Sentinelle des Rangiers » (3 juillet 2024)
  10. geo.admin.ch (swisstopo), recherche de lieux « Col des Rangiers »
  11. Statistique Jura, tableau JU-T.01.01.03, population résidante permanente au 31 décembre 2025

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