Géronde
Origine du nom de Géronde
Géronde désigne une colline couverte de vignes et un monastère au sud de Sierre, en allemand comme en français. On ne connaît pas l'origine de ce nom.[1]
Fondation de Géronde
La colline de Géronde, dans la commune de Sierre, est fréquentée dès le Néolithique. Elle domine deux lacs, anciens bras du Rhône. À l'époque romaine, des maçonneries à contreforts y signalent peut-être un bâtiment public. Au Ve siècle s'élève sur la colline l'église Saint-Martin, première église paroissiale de Sierre. Le monastère actuel occupe son emplacement, à l'ouest de la colline. Au XIIIe siècle, des chanoines augustins venus de l'abbaye d'Abondance y fondent un couvent, et de nombreuses communautés leur succèdent. Depuis 1935, le lieu est habité par une communauté de moniales bernardines : c'est un site religieux, sans village.[1][2][3][4]
Histoire de Géronde
Néolithique. Une hache de pierre polie est abandonnée sur la colline.[2][3]
âge du Bronze-haut Moyen Âge. La colline livre un abondant mobilier, surtout funéraire : armes et parures de l'âge du Bronze, anneaux de cheville du second âge du Fer, inscriptions, vaisselle, parures et monnaies romaines, pot en pierre ollaire du haut Moyen Âge. On y a aussi trouvé un anneau sigillaire en or au nom de Graifarius, peut-être du VIe siècle.[2]
époque romaine. Des maçonneries munies de contreforts indiqueraient un bâtiment public. Une villa gallo-romaine, transformée en oppidum lors des premières incursions barbares, aurait occupé la colline.[2][3]
Ve siècle. Les plus anciens vestiges de l'église paroissiale Saint-Martin remontent au milieu ou à la seconde moitié du Ve siècle (au VIe siècle selon une autre source).[1][2][3]
Ve ou début du VIe siècle. Construction de la chapelle Saint-Félix (d'origine carolingienne selon une autre source).[1][2][3]
1233. Des chanoines augustins venus de l'abbaye d'Abondance, en Haute-Savoie, fondent un couvent. Ils restent jusqu'au XIVe siècle.[1][3]
1331. Les chartreux s'installent à Géronde.[1][3]
milieu du XIVe siècle. Le château de la colline est détruit, comme ceux du Vieux-Sierre et de Plantzette. Un « nouveau » château, élevé à la même époque, est dévasté en 1384 puis rasé en 1415.[2][3]
1425-1644. Un couvent de carmes occupe les lieux (à partir de 1445 selon une autre source).[1][3]
XVIIe siècle. Des jésuites séjournent à Géronde, de 1652 à 1688.[1][3]
1748-1780. Le séminaire de l'évêque de Sion est installé à Géronde (jusqu'en 1818 selon une autre source).[1][3]
1804-1806. Des trappistes de la communauté d'Augustin de Lestrange s'y établissent.[1]
1808-1817. Le séminaire épiscopal y revient pour la dernière année d'études.[1]
1831-1834. Nouveau séjour de trappistes en exil.[1]
après 1870. Des dominicains fuyant l'anticléricalisme français s'y réfugient.[1]
1893-1929. Une convention avec le canton du Valais fait de Géronde un institut pour sourds-muets (à partir de 1894 selon une autre source).[1][3]
1935. À la demande de l'évêque Victor Bieler, des bernardines de Collombey s'installent dans les bâtiments délabrés et reprennent la vie monastique (1934 selon une autre source).[1][3][4]
1980. Un incendie ravage les bâtiments d'habitation. Le monastère est ensuite entièrement restauré avec l'aide de la population valaisanne.[4]
Lieux historiques de Géronde
Monastère de Géronde. Complexe d'origine médiévale, à l'ouest de la colline. Son église se dresse sur les vestiges de l'ancienne église paroissiale Saint-Martin. Les bernardines l'habitent depuis 1935, et la communauté comptait une trentaine de sœurs en 1984.[1][3][4]
Lacs de Géronde. Le grand lac et le petit lac, aujourd'hui coupé en deux, sont d'anciens bras du Rhône. Le grand lac est un élément majeur du paysage de Sierre.[2][3]
Vestiges de Géronde
Chapelle Saint-Félix. Les murs en ruine de cette chapelle subsistent sur le versant est de la colline.[1][2][3]
Fortifications. Sur le même versant se trouvent les ruines d'une fortification du haut Moyen Âge et l'emplacement du « nouveau » château du milieu du XIVe siècle, rasé en 1415.[1][3]
Mobilier archéologique. Deux autels romains, dont l'un dédié à Mercure, et cinq épitaphes sont conservés à Sierre, notamment à Géronde.[2]
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse (version allemande), « Géronde » (version du 14.11.2005)
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Sierre (commune) » (François Wiblé, David Rey, version du 02.05.2013)
- Office fédéral de la culture, ISOS, « Sierre » (commune de Sierre, 2e version, 03.1998)
- Maxime Morand, « Contemplatives en Valais : les Bernardines à Collombey et à Géronde », Les Échos de Saint-Maurice, t. 80, 1984 (édition numérique de l'abbaye de Saint-Maurice)
- geo.admin.ch, recherche de lieux (coordonnées)
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