
Sierre
Origine du nom de Sierre
La forme « Sidrium » apparaît vers 800, dans une copie du XIIe siècle qui se rapporte à l'année 515. Suivent « Sirro » en 1179 et « Syder » en 1393. En allemand, la ville s'appelle « Siders ». Le nom pourrait venir du latin « scirpus » ou « sirus », les joncs qui poussaient entre les bras du Rhône, mais ce n'est qu'une hypothèse.[1][3]
Fondation de Sierre
La colline de Géronde est fréquentée du Néolithique au haut Moyen Âge, et le premier établissement attesté, aux Grands-Prés, date des Ve-IVe siècles av. J.-C. Les Romains ne bâtissent pas de véritable agglomération. On trouve plutôt des domaines indépendants de notables, comme celui du duumvir Caius Cominus Chius, premier magistrat de la civitas Vallensium. Sierre entre dans l'histoire comme « curtis », un domaine que le roi burgonde Sigismond lègue à l'abbaye de Saint-Maurice. Devenue seigneurie de l'évêché de Sion au XIe siècle, elle se répartit alors entre trois sites fortifiés, Géronde, le Vieux-Sierre et Plantzette. Leur destruction pousse les habitants vers Plan-Sierre. La commune réunit aujourd'hui la ville, Noës, Muraz et Granges.[1]
Histoire de Sierre
Ve-IVe siècles av. J.-C.. Premier établissement attesté aux Grands-Prés (structure de combustion).[1]
Ve siècle. Construction de l'église Saint-Martin sur Géronde, dont les vestiges remontent à cette époque. La chapelle Saint-Félix y est élevée au Ve ou au début du VIe siècle.[1]
515. Sigismond, roi des Burgondes, lègue la « curtis » à l'abbaye de Saint-Maurice.[1]
XIe siècle. Sierre devient une seigneurie de l'évêché de Sion, administrée par des vidomnes et des majors.[1]
1179. Mention sous la forme « Sirro ».[1]
1293. Premiers châtelains à la tête de la seigneurie épiscopale.[1]
1331. Le centre paroissial passe à la chapelle Notre-Dame du Marais, à Plan-Sierre.[1]
milieu du XIVe siècle. Destruction des châteaux de Géronde, du Vieux-Sierre et de Plantzette. Les habitants s'installent à Plan-Sierre. Seul le château de Goubing, propriété des seigneurs de Granges, subsiste.[1]
1559. Plan-Sierre est divisé en quatre quartiers : Villa, Monderèche, la Salla et Glarey.[1]
1620. Construction d'une maison de commune.[1]
1687. Consécration de l'église Sainte-Catherine.[1]
1799. Occupation par les troupes françaises et vaudoises, qui installent leur quartier général à Sierre.[1]
1839-1840. Sierre accueille le gouvernement haut-valaisan lors des conflits entre conservateurs et libéraux.[1]
1868. Arrivée du chemin de fer.[1]
1908. Ouverture du funiculaire Sierre-Montana-Vermala ; construction du château Mercier.[1]
1914. Sierre se sépare de la grande bourgeoisie de la Contrée de Sierre.[1]
1929. Ouverture des laminoirs sur le territoire de la commune.[1]
1972. Fusion avec Granges, approuvée par le Grand Conseil le 22 juin et entrée en vigueur le 1er octobre.[1][2]
1996. Arrivée de l'autoroute A9.[1]
2007. Création de l'agglomération Sierre/Crans-Montana pour la gestion du tourisme et de la mobilité.[1]
Population de Sierre
Sources et références : [1][8]
| 1802 | 724 habitants |
| 1850 | 875 habitants |
| 1900 | 1'833 habitants |
| 1950 | 7'161 habitants (sans Granges) |
| 2000 | 14'317 habitants (avec Granges) |
| 2025 | 18'060 |
Lieux historiques de Sierre
Colline et lac de Géronde. La colline de Géronde a livré des vestiges du Néolithique au haut Moyen Âge, dont un anneau sigillaire en or de Graifarius. Les vestiges de l'église Saint-Martin y remontent au Ve siècle. Le lac de Géronde est un ancien bras du Rhône. Le couvent est occupé depuis 1935 par des sœurs bernardines venues de Collombey. Son chœur gothique aurait été consacré en 1500.[1][4]
Notre-Dame du Marais. Chapelle de Plan-Sierre érigée en 1310, devenue le centre paroissial en 1331, remaniée en 1422 et agrandie en 1524 par Ulrich Ruffiner. La nef a été reconstruite en 1721.[1][3][5]
Église Sainte-Catherine. Église paroissiale consacrée en 1687, peu après la suppression de l'ancienne paroisse de Villa.[1]
Château des Vidomnes. Château élevé vers 1490 par la famille de Chevron, rue du Bourg, au cœur du centre historique. Il a ensuite été habité notamment par les familles de Montheys et de Courten.[3][6]
Château de Villa. Demeure édifiée au XVIe siècle par la famille de Platea et agrandie au XVIIe siècle par les de Preux. Des vestiges romains ont été trouvés à proximité. Elle abrite l'un des deux sites du Musée valaisan de la vigne et du vin (ouvert en 1992), l'autre étant à Salgesch.[1][3][7]
Château Mercier. Château de Pradegg construit en 1908 par l'architecte A. Chabloz pour Jean-Jacques Mercier, propriété de l'État du Valais depuis 1991.[1][3]
Vestiges de Sierre
Tour de Goubing. Seul château de Sierre à avoir survécu aux destructions du milieu du XIVe siècle. Il appartenait aux seigneurs de Granges.[1]
Vestiges romains. Restes d'établissements de notables sous la chapelle Saint-Ginier, près du château de Villa, près de l'église Sainte-Croix (petit complexe thermal en terrasses et atelier artisanal), aux Grands-Prés près de Muraz et à Géronde. Deux autels, dont un dédié à Mercure, et cinq épitaphes ont été découverts.[1]
Ruine du château du Vieux-Sierre. Le Vieux-Sierre était l'un des trois sites fortifiés détruits au milieu du XIVe siècle, avant le déplacement des habitants vers Plan-Sierre.[1]
Légendes de Sierre
Le serpent de Géronde. Un jeune chevrier de Sierre, Théodulon, entendit pleurer dans une caverne près du lac de Géronde. Il y trouva la fille de Riborey, maudite par son père pour avoir refusé d'épouser un Anniviard. Pour la délivrer et gagner ses trésors, il fallait l'embrasser sous ses trois formes, serpent, crapaud et dragon. Au dernier baiser, l'enfant détourna la tête. La caverne disparut, et le malheur frappa sa famille.[10]
La pierre du brigand. Dans la forêt de Finges, au bord de la route de Loèche, un rocher fendu en deux porte le nom de « pierre du brigand ». Un meurtrier qui détroussait les voyageurs voulut y fracasser la tête d'un enfant. La pierre s'ouvrit pour le laisser fuir, et le brigand se brisa les poignets.[11]
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Sierre (commune) » (François Wiblé, David Rey, version du 02.05.2013)
- Ville de Sierre, « 50 ans fusion Sierre-Granges », brochure infoSierre
- Office fédéral de la culture, ISOS, « Sierre » (commune de Sierre, 2e version, 03.1998)
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Géronde » (François Huot, version du 14.11.2005)
- Sierre-Anniviers Tourisme, « Church of Notre-Dame des Marais »
- Sierre-Anniviers Tourisme, « Castle des Vidomes »
- Association des musées suisses (museums.ch), « Musée du Vin / Weinmuseum Sierre »
- Office fédéral de la statistique (OFS), STATPOP, chiffres provisoires au 31.12.2025, via citypopulation.de
- geo.admin.ch, recherche de lieux (coordonnées)
- Solandieu, Légendes valaisannes, 1919, « Le serpent de Géronde »
- Ch. Souvairan, Les légendes du Val d'Anniviers, 2e éd., Delachaux et Niestlé, 1928, « La pierre du brigand »
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