
Hérémence
Origine du nom d'Hérémence
Hérémence apparaît en 1195 sous la forme « Aremens ». Le nom pourrait correspondre à un ancien nom de rivière, formé sur une base indo-européenne *er-/*or- suivie de suffixes, mais ce n'est pas établi. En allemand, le village se serait autrefois appelé « Ermenz ».[1]
Fondation d'Hérémence
Hérémence couvre tout le bassin de la Dixence. Ses hameaux (Ayer, Euseigne, Mâche, Pralong, Riod, Cerise) s'étagent sur la rive gauche de la Borgne et de la Dixence. C'est l'une des plus vastes communes des vallées latérales du Valais. Le territoire fait partie du domaine de Bramois, donné à l'abbaye de Saint-Maurice en 515. Vers 1100, il passe sous le vidomne de Sion et a ses propres majors. Rattachée ensuite à la châtellenie savoyarde de Conthey, la communauté garde, du fait de son éloignement, une large autonomie. Ses habitants supportent pourtant mal la tutelle de Conthey et veulent revenir à Sion, ce que la Diète valaisanne finit par accepter après la conquête du Bas-Valais par les Haut-Valaisans.[1]
Histoire d'Hérémence
515. Le domaine de Bramois, dont fait partie Hérémence, est donné à l'abbaye de Saint-Maurice.[1]
vers 1100. Hérémence passe sous le vidomne de Sion et a ses propres majors.[1]
XIIe siècle. Hérémence aurait relevé de la paroisse de Saint-Pierre-hors-les-Murs à Sion.[1]
1195. Mention sous la forme « Aremens ».[1]
1211. Première mention de l'église.[1]
1268. Hérémence passe sous la domination savoyarde et est rattachée à la châtellenie de Conthey.[1]
1343-1438. L'église est desservie par le curé de Vex.[1]
1438. En janvier, à la demande des paroissiens présentée au concile de Bâle, l'évêque de Sion sépare les biens de la paroisse. L'église paroissiale Saint-Nicolas est citée à cette occasion.[1]
1475-1476. Victoire des Haut-Valaisans à la Planta puis conquête du Bas-Valais. Hérémence demande son retour à Sion.[1]
1513. La Diète valaisanne accepte le retour d'Hérémence à Sion, confirmé en 1526.[1]
1665. Les communautés de Nendaz et d'Hérémence sont réunies en une grande majorie.[1]
1798. Après la révolution bas-valaisanne et l'invasion française, Hérémence devient chef-lieu d'un district.[1]
1802. Hérémence devient chef-lieu d'un dizain portant son nom, puis d'un canton en 1810.[1]
1815. Le dizain prend le nom d'Hérens (district dès 1848), avec Vex pour chef-lieu.[1]
1929-1935. Construction d'un premier barrage.[1]
1950-1964. Construction du barrage de la Grande Dixence, qui stimule l'économie et apporte des revenus importants. De nombreux ouvriers, dont beaucoup d'immigrés, font temporairement croître la population.[1]
1967-1971. Construction d'une nouvelle église paroissiale.[1][2]
Population d'Hérémence
Sources et références : [1][3]
| 1850 | 1'137 |
| 1900 | 1'101 |
| 1930 | 1'736 |
| 1950 | 1'648 |
| 1960 | 1'868 |
| 2000 | 1'294 |
| 2025 | 1'548 |
Lieux historiques d'Hérémence
Église Saint-Nicolas. L'église paroissiale Saint-Nicolas est citée en 1438. L'église est mentionnée dès 1211. Une nouvelle église paroissiale, d'architecture brutaliste, a été construite de 1967 à 1971.[1][2]
Chapelles des hameaux. Saint-Georges à Euseigne (XVIe siècle), Saint-Sébastien à Riod et Saint-Barthélemy à Pralong (XVIIe siècle), Sainte-Marie à Ayer (XVIIIe siècle), Saint-Jean au Chargeur (1929) et Sainte-Barbe à Mâche (1942), ces deux dernières liées aux ouvriers des barrages.[1]
Barrage de la Grande Dixence et lac des Dix. Barrage construit de 1950 à 1964 au fond du val des Dix, après un premier barrage de 1929-1935. Il est devenu une attraction touristique majeure.[1]
Pyramides d'Euseigne. Les pyramides d'Euseigne, près du hameau du même nom, sont avec le barrage l'une des grandes attractions touristiques de la commune.[1]
Légendes d'Hérémence
La vouivre du val des Dix. Le val des Dix devrait son nom à dix brigands qui ferraient leurs mulets à l'envers pour tromper leurs poursuivants. Plus tard, un monstre ailé aux écailles vertes, le « Kwakua », dévorait les bêtes des alpages. Il posait au bord de l'étang le diamant qu'il portait sur la tête avant de plonger. Prosper, un ancien soldat de Barberousse, vola le diamant et se cacha dans un tonneau hérissé de pointes de fer, contre lequel le monstre se blessa à mort.[5]
Le sabbat. Dans un hameau d'Hérémence, une femme disparaissait chaque samedi soir. Son mari, Gourdin, la suivit : deux boucs noirs les emportèrent par la cheminée jusqu'à un festin présidé par Satan. Au lieu d'inscrire son nom dans le grand livre du diable, Gourdin y traça une croix et se réveilla sur une colline, un dimanche matin. Le récit a été recueilli auprès d'Antoine-Marie Seppey, d'Hérémence.[5]
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Hérémence » (Bernard Monnet, version du 09.04.2008)
- Inventaire fédéral des biens culturels (PBC), fiche « Eglise paroissiale St-Nicolas » (Hérémence), texte de la Société d'histoire de l'art en Suisse
- Office fédéral de la statistique (OFS), STATPOP, chiffres provisoires au 31.12.2025, via citypopulation.de
- geo.admin.ch, recherche de lieux (coordonnées)
- Solandieu, Légendes valaisannes, 1919, « La vouivre d'Hérémence » et « Le sabbat »
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