La Goule
Origine du nom de La Goule
Le nom « La Goule » désigne à la fois le petit lac formé par le Doubs et le hameau voisin, puis la société et l'usine électriques qui l'ont repris. On ignore quand il apparaît pour la première fois, et son origine n'a pas encore été expliquée.[1]
Fondation de La Goule
La Goule se trouve au fond de la vallée du Doubs, à la frontière franco-suisse, dans la commune du Noirmont, face à la commune française de Charmauvillers. Le petit lac est né en 1356, lorsque le tremblement de terre de Bâle fit tomber des rochers dans le lit du Doubs et forma une digue naturelle. Sous l'Ancien Régime, le lieu faisait partie de la seigneurie des Franches-Montagnes, dans l'évêché de Bâle, et de la paroisse du Noirmont. Le hameau, relié à la France par un pont, est connu pour son restaurant et son ancien poste douanier. Le 2 décembre 1893, à l'initiative notamment de François Geneux, Alfred Boy de la Tour et Fritz Rothacher, la Société des forces électriques de La Goule est fondée à Saint-Imier pour exploiter la chute du Doubs. Son usine, construite en 1893-1894, alimente le plateau de Maîche, les Franches-Montagnes et le vallon de Saint-Imier.[1][2][3][4]
Histoire de La Goule
1356. Lors du tremblement de terre de Bâle, des rochers tombent dans le lit du Doubs et forment une digue naturelle, à l'origine du lac.[1]
1809. L'ingénieur d'arrondissement de Porrentruy rend un rapport sur un projet de taillanderie à La Goule.[3]
1873. Charmauvillers et Le Noirmont s'accordent pour construire un pont sur le Doubs à La Goule. Il est construit en 1875.[3]
1887. Un incendie détruit le moulin Derrière-la-Roche.[3]
1891. Le 26 novembre, le préfet du Doubs autorise une prise d'eau dans le Doubs pour le projet d'usine.[3]
1893. Le gouvernement bernois accorde la concession (4 juillet). La Société des forces électriques de La Goule est fondée à Saint-Imier le 2 décembre et les travaux commencent le 5 décembre.[3][4]
1894. Inauguration des turbines le 19 mai. L'usine entre en service le 8 décembre et la première lumière électrique s'allume à Sonvilier le 17 décembre.[3]
1902. Le pont de La Goule s'effondre. Reconstruit, il est inauguré le 19 octobre.[3]
1914. Ouverture d'une école à La Goule le 13 juin.[3]
1930. Le poste de douane français est déplacé à Charmauvillers (31 janvier).[3]
1939. Les Forces motrices bernoises prennent la majorité du capital de la société, qui garde son identité juridique.[4]
1943. La première turbine, de 1894, est démolie.[3]
1955. Le barrage est rehaussé.[3]
2015. Le nouveau pont de La Goule, en construction depuis le 23 mars, est inauguré le 12 septembre.[3]
Lieux historiques de La Goule
Usine électrique de La Goule. Centrale hydroélectrique construite en 1893-1894 sur la rive droite, côté suisse. Elle serait située en aval du barrage. Avec 5,5 MW de puissance installée, une chute brute de 28 m et une production moyenne de 26 GWh par an, c'est la plus grande centrale hydroélectrique du Jura et du Jura bernois.[2][4]
Barrage et lac de La Goule. Petit lac du Doubs né de l'éboulement de 1356. Le barrage-poids, rehaussé en 1955, mesurerait environ 125 m de long.[1][3]
Pont de La Goule. Pont frontière sur le Doubs vers Charmauvillers, construit en 1875, reconstruit après son effondrement en 1902 et remplacé par un nouvel ouvrage inauguré en 2015.[3]
Hameau de La Goule. Hameau connu pour son restaurant et son ancien poste douanier.[1]
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Goule, La » (Claude Rebetez)
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Noirmont, Le » (François Kohler)
- Denis Moine, Chronologie jurassienne, « Goule, La »
- Dictionnaire du Jura, « Société des forces électriques de La Goule (SEG) » (Emma Chatelain)
- Statistique Jura, tableau JU-T.01.01.03, population résidante permanente au 31 décembre 2025
- geo.admin.ch (swisstopo), recherche de lieux « La Goule »
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