Ruines de Spiegelberg

Site Canton de Jura · District : Franches-Montagnes · Site non habité (commune de Muriaux)
Fait partie de la commune de Muriaux

Origine du nom de Ruines de Spiegelberg

Spiegelberg est l'ancien nom allemand de Muriaux, et la famille noble du château l'a pris pour nom. Le château est aussi appelé château de Muriaux, « Murival » (forme attestée pour Muriaux en 1301), « Murval », « Mervaux » ou « Mirival ». Dans la région, on le surnommait « Château des Sots Maîtres », à cause, dit-on, de la mauvaise conduite de ses propriétaires. Le miroir des armoiries de Muriaux, adoptées en 1746, reprend celui des anciens nobles du lieu.[1][2][4][5]

Fondation de Ruines de Spiegelberg

Conon de Pleujouse bâtit le château, probablement au XIIIe siècle, sur la crête rocheuse des Sommêtres, au sud-ouest du village de Muriaux, au-dessus de la vallée du Doubs. Peu après 1300, il reçut en fief de l'évêque de Bâle la seigneurie de Muriaux, et sa famille prit le nom de Spiegelberg. Poste de guet facile à défendre, le château fut du XIVe au XVIIe siècle le siège du châtelain de la seigneurie des Franches-Montagnes, dans l'évêché de Bâle. Le site se trouve dans la commune de Muriaux.[1][2]

Histoire de Ruines de Spiegelberg

XIIIe siècle. Conon de Pleujouse construit probablement le château sur la crête des Sommêtres.

Peu après 1300. Conon de Pleujouse reçoit en fief la seigneurie de Muriaux. Sa famille prend le nom de Spiegelberg.[2]

1315. Première mention de Conon de Mireval ou de Spiegelberg dans un acte du 27 avril ; il meurt en 1320.[5]

Avant 1370. Henri de Spiegelberg cède la seigneurie de Muriaux. La famille se tourne vers la vallée de Delémont puis Soleure.[2]

1382. L'évêque Jean de Vienne engage le château à son cousin, l'amiral de France Jean de Vienne.

1384. L'évêque Imier de Ramstein engage le château à la ville de Bâle pour 4'000 florins et accorde le 17 novembre la lettre de franchise des Franches-Montagnes.[3][4][5]

1388. Le château et la seigneurie seraient engagés à Thiébaud VIII de Neuchâtel-Bourgogne pour 7'500 francs.

1424. L'évêque Jean de Fleckenstein s'empare du château par les armes, ce qui provoque une guerre avec la maison de Neuchâtel.[5]

1426. Un accord laisse le château à l'évêché de Bâle contre 10'000 florins. Un châtelain administre la seigneurie des Franches-Montagnes.[5]

1541. La famille de Spiegelberg s'éteint avec Bartholomäus, chanoine de Soleure, en 1541 ou à la fin du XVIe siècle.[2][5]

1636. Pendant la guerre de Trente Ans, le château est occupé et dévasté par les Suédois puis par les Français. Abandonné, il tombe en ruine. Le châtelain réside à Saignelégier dès 1691.[3][5]

Fin du XVIIIe siècle. Sous la Révolution, des révolutionnaires détruisent les restes du château. Des promeneurs jettent ensuite des pierres des murs dans le ravin.[5]

1840. L'abbé Sérasset signale encore les restes d'une tour carrée et d'un bâtiment d'environ 20 m de long.[5]

Vers 1900. On aurait alors aménagé un sentier, consolidé les murs et posé des garde-corps en fer aux endroits dangereux.

1902. L'abbé Arthur Daucourt publie l'« Histoire de la seigneurie de Spiegelberg ou des Franches-Montagnes ».

Lieux historiques de Ruines de Spiegelberg

Arête des Sommêtres. Crête rocheuse au-dessus de la vallée du Doubs, dans la commune de Muriaux. Le site des ruines est un but de promenade.[1][6]

Vestiges de Ruines de Spiegelberg

Vestiges du château. Bien culturel d'importance régionale. Le site garde des fossés taillés dans la crête, des escaliers creusés dans le roc, l'emplacement d'un pont-levis et les restes d'une tour de guet et du logis supérieur. On y voit aussi, côté ouest, des caves ou prisons creusées dans le roc, une citerne et la trace de l'unique chemin qui montait depuis Muriaux. L'ensemble mesurerait environ 200 m de long sur 20 à 30 m de large, des dimensions à confirmer.[5][6]

Légendes de Ruines de Spiegelberg

La croix des Sommêtres. Une croix taillée dans le roc près de l'entrée du château marquerait, selon la tradition, la mort d'un homme tombé dans le ravin voisin.[4]

Le Château des Sots Maîtres. La tradition locale explique ce surnom du château par la mauvaise conduite de ses anciens propriétaires.[4]

Sources

  1. Dictionnaire historique de la Suisse, « Muriaux » (François Kohler), version du 13.07.2020
  2. Dictionnaire historique de la Suisse, « Spiegelberg, von (SO, ministériaux) » (Silvan Freddi), version du 07.11.2012
  3. Dictionnaire historique de la Suisse, « Franches-Montagnes » (Claude Rebetez), version du 15.05.2007
  4. Commune de Muriaux, « Histoire »
  5. Swisscastles.ch, « Château de Spiegelberg ou de Muriaux »
  6. Office fédéral de la protection de la population (OFPP), Inventaire PBC, liste cantonale du canton du Jura (état au 1.1.2026)
  7. geo.admin.ch (swisstopo), recherche de lieux « Arête des Sommêtres »

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