Lignières

Canton de Neuchâtel · Région : Littoral · 1'103 habitants (31.12.2025)

Origine du nom de Lignières

Le village est mentionné en 1179 sous la forme « Linieres », dans un faux rédigé vers 1180, puis de façon fiable entre 1212 et 1220 (« in Linieres ») ; on trouve ensuite « Lignière » (1246), « Lineres » (1297) et « Lignyeres » (1349). L'explication la plus étayée rattache le nom à l'ancien français ligneraie ou linière, un champ où l'on cultivait le lin (du latin linaria, dérivé de linum, le lin). Une autre hypothèse, jugée moins probable, le fait dériver du latin lignum, le bois, en référence au caractère boisé de la région (la commune compte encore 387 hectares de forêt) (à recouper).

Fondation de Lignières

Le territoire de Lignières est habité depuis la préhistoire, comme en témoignent des pierres à cupules et des tumulus présumés de l'époque de Hallstatt, ainsi qu'une hache de pierre polie de l'âge du Bronze (à recouper). À l'époque romaine, au IIe siècle apr. J.-C., une villa s'élevait au lieu-dit Ruz-du-Plane, à proximité de l'ancienne voie romaine dite Vy d'Etraz ; elle a été mise au jour par des fouilles en 1907. Lignières n'a pas été fondé par une personne ou une autorité identifiable en un acte précis : c'est un village d'origine médiévale, né de la mise en valeur agricole du Plateau de Diesse. Sa première mention écrite remonte à 1178 ou 1179, dans un privilège pontifical attribué au pape Alexandre III confirmant des donations à l'église de Saint-Imier ; ce document est toutefois considéré par les historiens comme un faux rédigé vers 1180. Le nom du lieu réapparaît de façon plus fiable entre 1212 et 1220, sous la forme in Linieres. Au cours du Moyen Âge, le village s'est trouvé au carrefour des influences du comté de Neuchâtel, de la principauté épiscopale de Bâle et, plus tard, de Berne, ce qui a donné lieu à un partage durable des droits et de la justice plutôt qu'à une fondation par un seul seigneur.

Histoire de Lignières

Préhistoire. Occupation attestée par deux pierres à cupules et des tumulus présumés de l'époque de Hallstatt ; une hache de pierre polie de l'âge du Bronze est aussi signalée (à recouper).

IIe siècle apr. J.-C.. Une villa romaine est édifiée au lieu-dit Ruz-du-Plane, près de la voie romaine de la Vy d'Etraz.

1178/1179. Première mention écrite du village, sous le nom « Linieres », dans un privilège pontifical attribué à Alexandre III, en réalité un faux rédigé vers 1180. Le lieu y est décrit comme un alleu de l'église de Saint-Imier. Une chapelle dédiée à saint Loup, desservie par le curé du Landeron dont Lignières dépendait, est citée en 1179.

1212-1220. Nouvelle mention du village, cette fois jugée fiable, sous la forme in Linieres.

XIIIe siècle. Des donations sont faites aux monastères de Frienisberg (Fraubrunnen) et de Saint-Jean de Cerlier (Erlach).

1326. Les droits sur le village, les sujets et la cour de justice, formée de douze juges, sont partagés entre le comte de Neuchâtel et le prince-évêque de Bâle.

1349. Lignières devient une mairie mixte, dotée d'une justice de douze jurés, six désignés par chaque seigneur.

1380. Construction d'un moulin, après le rachat par les habitants de certaines redevances seigneuriales.

1535. Les juridictions territoriales réciproques sont redéfinies ; des bornes (les « hautes bornes ») délimitent le territoire, à l'origine du futur franc-alleu de Lignières.

1542/1543. Passage du réformateur Guillaume Farel, qui prêche la Réforme dans la région, non sans provoquer des résistances locales.

1553. Lignières adopte la Réforme ; une autre date, 1556, est aussi donnée (à recouper).

1554. Une épidémie de peste fait plus de 140 morts dans le village ; les habitants demandent formellement un pasteur évangélique.

1563. Noël Thorel devient le premier pasteur réformé résident du village.

1625. Henri II d'Orléans-Longueville acquiert la souveraineté du comté de Neuchâtel, dont dépend Lignières.

1625-1630. Lignières est inféodé à Jean Hory.

1705. Nouvelle délimitation du franc-alleu de Lignières, bande de terre restée longtemps hors des juridictions féodales voisines.

1815. Le congrès de Vienne fait de Neuchâtel le 21e canton suisse, tout en le laissant principauté du roi de Prusse ; la justice criminelle sur le territoire du franc-alleu est définitivement attribuée à Neuchâtel.

1826. Fin de la collation bernoise : le droit de nommer le desservant, détenu par l'abbaye de Saint-Jean jusqu'à la Réforme, appartenait depuis à Berne.

1832. Un incendie détruit 29 maisons du village.

1835-1837. Construction d'une nouvelle maison d'école, sur plans de l'architecte Edouard de Sandoz-Rosières.

1844. La liturgie de la paroisse devient purement neuchâteloise.

1848. La chute de la principauté de Neuchâtel et l'instauration de la République mettent fin aux particularismes juridictionnels hérités du Moyen Âge.

1907. Fouilles archéologiques de la villa romaine du Ruz-du-Plane.

1909-1910. Construction de la petite école de style Heimatstil à la Combe-du-Sapin, par l'architecte Eugène Yonner.

1938. Construction d'une piscine en plein air, de type bassin olympique.

1962. Création du circuit automobile et moto de Lignières, aujourd'hui le seul circuit de vitesse permanent de Suisse.

1975. Aménagement d'un camping.

1977-1978. Construction du centre scolaire de la Gouvernière, par l'architecte Édouard Weber.

1991. Fin de l'exemption des droits de mutation dont bénéficiaient les terres du franc-alleu.

2000. Le secteur primaire fournit encore un peu plus d'un cinquième des emplois ; le nombre de pendulaires a fortement augmenté depuis 1975.

2003/2004. Le circuit de Lignières, alors laissé à l'abandon depuis la fin des années 1990, est repris et devient la propriété du Touring Club Suisse (TCS).

2016. Lors d'une votation communale, les citoyens de Lignières acceptent à 63,3 % un projet de fusion avec Saint-Blaise, Cornaux, Cressier, Enges et La Tène (projet Entre-deux-Lacs) ; le projet échoue toutefois globalement, Saint-Blaise l'ayant refusé à 56,9 %, et Lignières reste une commune indépendante.

2018. Suppression des districts neuchâtelois, remplacés par quatre régions administratives ; Lignières est rattachée à la région Littoral.

2025/2026. Lignières demeure une commune indépendante du canton de Neuchâtel ; le Conseil communal annonce une baisse de l'impôt communal de 10 points pour l'année 2026.

Population de Lignières

Population de Lignières
1750319
1850686
1900693
1950521
1970498
2000914
20221'006
20251'103

Lieux historiques de Lignières

Le franc-alleu de Lignières. Bande de terre longue d'environ 7 km sur 300 à 1'800 mètres de large, délimitée par des bornes en 1535 puis en 1705, qui est restée pendant des siècles à l'écart des juridictions féodales voisines en raison des conflits de frontière entre le comté de Neuchâtel et l'évêché de Bâle. Rattaché définitivement à Neuchâtel en 1815 par le congrès de Vienne, il constitue une particularité juridique et historique unique en Suisse.

Le circuit de Lignières. Seul circuit de vitesse permanent (automobile et moto) de Suisse, en activité depuis le début des années 1960 et propriété du Touring Club Suisse (TCS) depuis le milieu des années 2000. Il a accueilli des manches du championnat suisse de vitesse moto, réunissant jusqu'à environ 12'000 spectateurs, un record atteint en 1973.

Le temple de Lignières. Église réformée du village, centre de la paroisse protestante depuis l'adoption de la Réforme en 1553. À l'origine, Lignières dépendait de la paroisse du Landeron, dont le curé desservait une chapelle dédiée à saint Loup, citée en 1179.

L'ancienne maison d'école (1835-1837). Bâtiment scolaire construit sur les plans de l'architecte Edouard de Sandoz-Rosières, témoin de l'essor de l'instruction publique neuchâteloise au XIXe siècle.

L'école de la Combe-du-Sapin (1909-1910). Petite école de style Heimatstil (régionaliste), édifiée par l'architecte Eugène Yonner, représentative de l'architecture scolaire rurale du début du XXe siècle.

Le Parc régional Chasseral. Lignières se situe sur le versant sud du Chasseral, au cœur du Parc naturel régional Chasseral, offrant des points de vue reconnus sur le lac de Bienne, le Plateau suisse et les Alpes.

Vestiges de Lignières

Villa romaine du Ruz-du-Plane. Vestiges d'une villa romaine du IIe siècle apr. J.-C., mise au jour par des fouilles archéologiques en 1907, située à proximité de l'ancienne voie romaine de la Vy d'Etraz. Elle atteste une occupation agricole organisée du territoire dès l'Antiquité.

Pierres à cupules et tumulus présumés hallstattiens. Deux pierres à cupules (blocs gravés de petites cavités, d'interprétation débattue) et des tumulus dont l'attribution à l'époque de Hallstatt (âge du Fer) reste présumée.

Hache de pierre polie. Outil signalé sur le territoire communal et attribué à l'âge du Bronze (à recouper).

Bornes du franc-alleu. Bornes territoriales posées en 1535 puis redéfinies en 1705 pour délimiter la bande de terre du franc-alleu de Lignières, resté longtemps hors des juridictions féodales voisines.

Sources

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