Mézières
Origine du nom de Mézières
Le nom de Mézières vient du latin « maceriae », qui désignait un mur, en particulier un mur en ruine, mot qui a donné en ancien français « maisière », avec le même sens de ruines d'un bâtiment. Le nom du lieu a connu de nombreuses variantes graphiques avant de se stabiliser : « Maiseriis » (1150), « Maseres » (1161, dans un acte citant un certain Paganus de Maseres), « Maseriis » (1170), « Masieres » (1177), « Maisieres » (1180, dans un acte citant un certain Jordanus de Maisieres), « Masirie » (1184), « Maceriis » (1186), « Messeretes » (1228), « Mayseres » (1290), « Mayseriis » (1292), puis « Mexieres » (encore attesté en 1453), avant de devenir « Mézières ». L'idée de « murs en ruine » pourrait renvoyer aux vestiges d'un bâtiment antique, peut-être liés à la villa gallo-romaine attestée sur le territoire du village, autour desquels le lieu se serait développé ; les sources consultées ne tranchent toutefois pas ce point avec certitude (à recouper).
Fondation de Mézières
Mézières n'a pas de fondateur ni de date de fondation identifiable avec précision : le village s'est constitué progressivement, comme beaucoup de localités du Jorat, autour d'un habitat rural dont l'occupation remonte à l'Antiquité. Une hache de l'âge du Bronze, les vestiges d'un aqueduc et d'une villa gallo-romaine, ainsi qu'une nécropole du haut Moyen Âge, attestent d'une présence humaine continue bien avant les premières mentions écrites. Mézières se développe ensuite comme un grand village-rue, bâti au croisement de deux axes de circulation importants, la route reliant Vevey à Moudon et celle reliant Oron à Echallens, ce qui favorise son rôle de lieu de passage et d'échanges. Sur le plan féodal, le village dépendait à l'origine de la seigneurie de Vulliens, dont il se détache vers 1370 pour former, avec le village voisin des Cullayes, une coseigneurie propre. Le village résulte donc d'une lente structuration d'un habitat agricole antique en communauté villageoise, puis en entité seigneuriale distincte au bas Moyen Âge, plutôt que d'un acte de fondation unique.
Histoire de Mézières
Âge du Bronze. Une hache de l'âge du Bronze, retrouvée sur le territoire du village, constitue le plus ancien témoignage connu d'une présence humaine à Mézières.
Époque romaine. Une villa gallo-romaine (domaine agricole antique) et les vestiges d'un aqueduc attestent de l'existence d'un établissement rural organisé durant l'Antiquité.
Haut Moyen Âge. Une nécropole du haut Moyen Âge est découverte sur le territoire du village, confirmant une occupation continue après la période romaine.
1150. Première mention écrite connue du lieu, sous la forme latine « Maiseriis ».
1161. Le lieu est mentionné sous la forme « Maseres », dans un acte citant un certain Paganus de Maseres.
1180. Le lieu est mentionné sous la forme « Maisieres », dans un acte citant un certain Jordanus de Maisieres.
1228. Le village est mentionné sous la forme « Messeretes ». C'est aussi de cette période que date la plus ancienne mention connue de son église paroissiale ; la paroisse existe depuis le XIIIe siècle.
vers 1370. Le village se détache de la seigneurie de Vulliens pour former, avec le village voisin des Cullayes, une coseigneurie propre à Mézières et aux Cullayes.
1453. Le nom du lieu est attesté sous la forme « Mexieres », proche de sa forme actuelle.
vers 1536-1544. La seigneurie passe des mains de la famille de Blonay à celles de la famille de Lenzbourg.
1536. À la suite de la conquête bernoise du Pays de Vaud, Mézières passe sous l'autorité de Berne et dépend désormais du bailliage bernois de Moudon.
vers 1550 (à recouper). Selon une source, les bois du Jorat sont alors infestés de brigands qui menacent les voyageurs ; le médecin et chroniqueur bâlois Félix Platter aurait dû fuir de nuit une auberge de Mézières pour échapper à ce danger. Cette insécurité routière aurait persisté jusqu'au XVIIIe siècle.
1544-1798. La coseigneurie de Mézières passe successivement entre les mains de plusieurs familles, notamment Meyer, Du Moulin, de Graffenried puis de Diesbach, jusqu'à la chute de l'Ancien Régime en 1798.
XVIIe siècle. Mézières partage une école commune avec le village voisin de Carrouge.
1706-1707. Construction de l'actuel temple (église réformée) du village.
1730 ou 1756 (à recouper). Une cure est construite ou établie à Mézières ; les sources consultées ne concordent pas sur la date exacte, l'une indiquant 1730 et l'autre 1756, mais elles convergent sur le fait qu'elle devient le siège du consistoire local.
1779-1792 (à recouper). Un pasteur du village nommé Martin est accusé de haute trahison pour avoir contesté la dîme perçue sur les pommes de terre sous le régime bernois. Arrêté en 1791, il est emprisonné à Berne pendant quatre mois avant qu'un arrêt du 4 avril 1791 ne le libère et ne lui accorde une compensation. Son retour aurait été triomphal ; cet épisode aurait inspiré plus tard la pièce « La Dîme » de René Morax.
1798. La chute de l'Ancien Régime met fin aux droits des coseigneurs. Le Pays de Vaud devient un temps le canton du Léman au sein de la République helvétique, et Mézières est rattaché au district vaudois d'Oron.
1803. L'Acte de Médiation crée le canton de Vaud tel qu'on le connaît aujourd'hui. Mézières reste rattaché au district d'Oron et compte alors 290 habitants.
1850. Le village compte 476 habitants.
1874. Naissance à Mézières d'Henri Guisan, futur général de l'armée suisse durant la Seconde Guerre mondiale, fils du médecin du village Charles-Ernest Guisan.
1883. Fondation d'une société coopérative de laiterie au village.
1899 (à recouper). Selon une source, une compagnie de chemin de fer du Jorat est fondée cette année-là, en vue de la construction d'une ligne ferroviaire reliant la région à Lausanne et à Moudon.
1900. Le village compte 498 habitants.
novembre 1902. Ouverture de la ligne de chemin de fer La Sallaz-Moudon, avec une gare importante à Mézières.
15 avril 1903. Première représentation de la pièce « La Dîme » de René Morax, donnée dans un dépôt de trams à l'occasion du centenaire de l'entrée du canton de Vaud dans la Confédération suisse. Son succès convainc l'auteur de la viabilité d'un théâtre en milieu rural.
9 mai 1908. Inauguration du Théâtre du Jorat, construit entièrement en bois par René Morax sur le modèle du Théâtre du Peuple de Bussang, en France. Surnommé « la grange sublime » ou le « palais en bois » par les habitants, il offre plus de 1000 places selon la plupart des sources (une source évoque 1200 places, à recouper).
1921 (à recouper). Le Théâtre du Jorat accueillerait la création de l'oratorio « Le Roi David » d'Arthur Honegger, sur un livret de René Morax ; cette information mériterait d'être recoupée avec une source spécialisée en histoire musicale avant publication définitive.
1923. À l'occasion du bicentenaire de la mort d'Abraham Davel, le Conseil fédéral suisse au complet assiste au spectacle « Davel » de Morax et Gustave Doret au Théâtre du Jorat. Le temple du village est restauré cette même année.
1950. Le village compte 494 habitants.
1962 (à recouper). Fermeture de la ligne de chemin de fer Lausanne-Moudon et de la gare de Mézières ; selon une autre source, ce sont des autobus qui remplacent les tramways l'année suivante, en 1963.
1970. Le village compte 540 habitants.
1978. Nouvelle restauration du temple. Ouverture d'un collège intercommunal à Mézières.
1980. Le village compte 714 habitants.
2000. Le village compte 969 habitants.
31 décembre 2014. La commune de Mézières compte 1'193 habitants, son dernier chiffre connu avant la fusion.
1er juillet 2016. Mézières fusionne avec les communes voisines de Carrouge et de Ferlens pour former la nouvelle commune de Jorat-Mézières, dont Mézières devient le chef-lieu.
Population de Mézières
| 1432 | 10 feux |
| 1803 | 290 |
| 1850 | 476 |
| 1900 | 498 |
| 1950 | 494 |
| 1970 | 540 |
| 1980 | 714 |
| 2000 | 969 |
| 2014 | 1'193 |
Lieux historiques de Mézières
Théâtre du Jorat. Inauguré le 9 mai 1908, ce théâtre entièrement construit en bois par René Morax est surnommé « la grange sublime » par les habitants, car son architecture s'inspire des granges et fermes environnantes. Il est aujourd'hui inscrit comme bien culturel suisse d'importance nationale et reste un lieu de création théâtrale et musicale actif, offrant plus de 1000 places selon la plupart des sources.
Le temple (église réformée) de Mézières. Construit en 1706-1707, restauré en 1923 puis en 1978, le temple est le lieu de culte réformé du village. Une cure lui est associée, devenue le siège du consistoire local.
L'ancienne gare de Mézières. De 1902 à 1962, Mézières a accueilli une gare importante sur la ligne de chemin de fer reliant La Sallaz (Lausanne) à Moudon, témoignant du développement du village à l'ère industrielle avant la fermeture de la ligne.
Vestiges de Mézières
Hache de l'âge du Bronze. Une hache datant de l'âge du Bronze a été retrouvée sur le territoire du village ; elle constitue le plus ancien vestige archéologique connu de Mézières. Les sources consultées ne précisent pas le lieu exact ni la date de la découverte.
Villa gallo-romaine et vestiges d'un aqueduc. Les restes d'une villa gallo-romaine, c'est-à-dire d'un domaine agricole antique, ainsi que des vestiges d'un aqueduc, ont été identifiés sur le territoire du village. Le détail des fouilles n'est pas précisé dans les sources disponibles.
Nécropole du haut Moyen Âge. Une nécropole datant du haut Moyen Âge a également été mise au jour sur le territoire de Mézières, confirmant l'occupation continue du site après l'Antiquité.
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse (HLS/DHS) - Mézières (VD)
- Wikipédia (français) - Mézières (Vaud)
- Wikipedia (allemand) - Mézières VD
- Wikipédia (français) - Théâtre du Jorat
- Wikipédia (français) - Henri Guisan
- Commune de Jorat-Mézières - Historique
- Mézières au fil du temps (ouvrage, 1987)
Autres villages près de Mézières
Une information manque ou une source existe ? Proposez une correction ou un complément, chaque suggestion est vérifiée avant d'être publiée.
Proposer une modification