Murten

Ville Canton de Fribourg · District : Lac · 9'525 habitants (31.12.2025)

Origine du nom de Murten

Le lieu apparaît en 515 sous la forme « Muratum ». Le nom allemand est Murten, le nom français Morat, et l'italien disait autrefois « Morato ». Le sens de « Muratum » n'est pas éclairci.[1]

Fondation de Murten

Murten (Morat) occupe un plateau à environ 20 m au-dessus de la rive sud du lac de Morat, entre la vallée de la Broye et le Grand-Marais. Le site se trouve sur la transversale qui relie Genève à Brugg et Windisch depuis l'époque romaine, et sur les routes de terre et d'eau vers le Pays de Vaud et Yverdon. La ville a été fondée dans les années 1170 ou 1180, par le duc Berthold IV de Zähringen ou par l'évêque Landri de Durnes, sur un plan inspiré du système zähringien. Elle aurait servi de place forte à la frontière occidentale des terres des Zähringen. La commune englobait Muntelier jusqu'en 1533 et Meyriez jusqu'en 1536. Chef-lieu du district du Lac, elle a réuni de 1975 à 2022 Burg bei Murten, Altavilla, Büchslen, Courlevon, Jeuss, Lurtigen, Salvenach, Clavaleyres, Galmiz et Gempenach.[1][4]

Histoire de Murten

515. Le domaine de « Muratum » apparaît pour la première fois dans les textes.[1][3]

1013-1032. Le roi de Bourgogne Rodolphe III tient sa cour à Murten en 1013. En 1032, Eudes II de Blois occupe Murten et Neuchâtel. L'empereur Conrad II reprend les deux places, et Murten est détruit.[1]

1079. L'empereur Henri IV donne Murten à l'évêque de Lausanne.[1]

années 1170 ou 1180. Naissance de la ville, sous le duc Berthold IV de Zähringen ou l'évêque Landri de Durnes.[1]

1218. La lignée des Zähringen s'éteint. Murten devient ville libre d'Empire sous l'empereur Frédéric II.[3][4]

1238-1239. Murten est cité comme ville en 1238, l'année où son enceinte est conçue. Un hôpital pour les pauvres, avec la chapelle Sainte-Catherine, est fondé en 1239.[1]

1245. La ville s'allie avec Fribourg, et vers la même date avec Berne. L'alliance bernoise est renouvelée en 1318 et en 1335.[1]

1255-1310. Le comte Pierre II de Savoie prend la ville sous sa protection en 1255. Rodolphe Ier de Habsbourg s'en empare ensuite. Amédée V de Savoie la reprend en 1291, puis la rend à Albert Ier de Habsbourg. En 1310, Murten est engagé à la Savoie pour 4'000 marcs d'argent.[1]

1377. Le comte Amédée de Savoie accorde à Murten ses droits de ville.[3]

1416. Un incendie détruit la ville, dont les maisons sont pour la plupart en bois. Elle est rebâtie en pierre.[1][3][4]

1475. Le 14 octobre, en pleine guerre de Bourgogne, Berne et Fribourg occupent Murten.[1][3][4]

1476. Les troupes de Charles le Téméraire assiègent la ville, puis les Confédérés gagnent la bataille de Morat le 22 juin. La date est encore fêtée par la Solennität, la fête de la jeunesse. Jusqu'en 1798, Murten forme avec Lugnorre un bailliage commun de Berne et Fribourg. L'avoyer, élu pour cinq ans, y préside le Conseil, le tribunal et le consistoire.[1][3]

1530. Sous la pression bernoise et après les prédications de Guillaume Farel, Murten adopte la Réforme.[1][4]

1798. Berne retire sa garnison, et les troupes françaises envahissent le pays le 3 mars. Rattachée au canton de Fribourg, la ville perd ses privilèges sur la campagne.[1][4]

1803. Avec l'acte de Médiation, Napoléon attribue définitivement Murten à Fribourg, contre la volonté des habitants.[3][4]

1835-1903. Des bateaux à vapeur relient Murten à Neuchâtel dès 1835. Le tracé Lausanne-Berne, choisi en 1856, laisse la ville à l'écart. Les lignes Palézieux-Morat-Lyss (1875-1876), Fribourg-Morat (1898) et Morat-Anet (1903) la desservent ensuite.[1]

1975-1991. Burg bei Murten rejoint la commune en 1975, Altavilla en 1991 (ou 1990).[1][2]

2002. Le tronçon Löwenberg-Greng de l'autoroute A1 ouvre peu avant l'Expo.02. Murten en accueille un site, dominé par le « monolithe » de Jean Nouvel.[1][4]

2013-2016. Büchslen entre dans la commune le 1er janvier 2013, Courlevon, Jeuss, Lurtigen et Salvenach le 1er janvier 2016. Les cinq communes avaient voté la fusion le 30 novembre 2014, Murten par 1'922 voix contre 338.[1][5]

2022. Le 1er janvier, Galmiz, Gempenach et Clavaleyres, jusque-là bernoise, rejoignent Murten. Le Grand Conseil avait approuvé la fusion avec Galmiz et Gempenach le 23 mars 2021, à l'unanimité des 93 voix exprimées.[1][6][7]

Population de Murten

Sources et références : [1][8]

Population de Murten
1428840 environ
1558-1559790 environ
1657750 environ
18111'011
18502'137
19002'645
19503'106
19904'472
20005'578
20105'991
20168'075 (après la fusion de 2016)
20229'299 (après la fusion de 2022)
20259'525

Lieux historiques de Murten

Enceinte. Conçus en 1238, les remparts sont presque entièrement conservés. Les portes d'Avenches et du Ryf ont été démolies peu après 1798. Les fortifications sont protégées par la Confédération depuis 1912.[1]

Château. Bâti par Pierre II de Savoie, il garde l'aspect de la seconde moitié du XIIIe siècle. L'avoyer y résidait. Le château abrite la préfecture du district du Lac.[1][4]

Église allemande. La chapelle Notre-Dame, mentionnée en 1381, a reçu un nouveau clocher en 1681-1682 et une nouvelle nef en 1710. Le culte y est célébré en allemand depuis 1762.[1]

Église française. C'est l'ancienne chapelle Sainte-Catherine de l'hôpital fondé en 1239. Démolie en 1475-1476, elle a été reconstruite à l'intérieur des murs.[1]

Église catholique Saint-Maurice. Église néogothique bâtie en 1885 pour la nouvelle paroisse catholique.[1]

Collège. Construit dès 1836 face à la porte de Berne par l'architecte Johann Jakob Weibel, c'est le premier bâtiment public de Suisse dans le style à arcs en plein cintre.[1]

Moulin du Ryf et Musée historique. Le moulin municipal du Ryf, quartier d'artisans dès la fin du XVIIe siècle, a été rénové en 1976-1978. Il abrite le Musée historique.[1]

Château de Löwenberg. Les CFF ont acheté le château et son parc à la famille de Rougemont en 1973, pour y installer un centre de formation.[1]

Vestiges de Murten

Stations littorales. La station de Murten-Segelboothafen fait partie des 56 stations littorales suisses inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco. Celle de Pantschau a été découverte en 2009. Des silex microlithiques du Mésolithique (8200-5500 av. J.-C.) ont été trouvés surtout à la Combette et à Ober Prehl.[1]

Nécropole de Löwenberg. Les fouilles menées de 1976 à 1995 sur le tracé de l'autoroute A1 ont touché le Pré de la Blancherie, Löwenberg, Ober Prehl et Chantemerle. À Löwenberg, la nécropole a livré des tombes de l'âge du Bronze moyen à La Tène, les plus riches datant du premier âge du Fer. Des tumulus s'élèvent à Löwenberg et dans le Murtenwald, et une tombe à incinération de La Tène finale a été trouvée à la Combette.[1]

Villa romaine de la Combette. Une grande villa de la fin du Ier et du début du IIe siècle apr. J.-C. occupait la Combette. Un tronçon de voie romaine a été relevé à Löwenberg.[1]

Sources

  1. Dictionnaire historique de la Suisse, « Morat (commune) » (Hermann Schöpfer, Denis Ramseyer, version du 12.02.2026)
  2. Dictionnaire historique de la Suisse, « Altavilla » (Hermann Schöpfer, version du 05.06.2001)
  3. Fribourg Région, « History of Murten »
  4. Commune de Murten, « Murten im Lauf der Geschichte »
  5. Conseil d'État du canton de Fribourg, message 2015-DIAF-22 accompagnant le projet de loi relative à la fusion des communes de Courlevon, Jeuss, Lurtigen, Morat et Salvenach (16.03.2015)
  6. Conseil d'État du canton de Fribourg, message 2020-DIAF-10 accompagnant le projet de décret relatif à la fusion des communes de Galmiz, Gempenach et Morat (02.02.2021)
  7. swissinfo.ch (ATS), « Feu vert à la fusion de Morat, Galmiz et Gempenach (FR) » (23.03.2021)
  8. Service de la statistique du canton de Fribourg (SStat), « Population des communes, de 1900 à 2025 » (T01-02-03), population résidante permanente au 31.12.2025

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