Tarnaiae

Site Canton de Valais · District : Saint-Maurice · Site non habité (commune de Massongex)
Fait partie de la commune de Massongex

Origine du nom de Tarnaiae

Nom antique de Massongex, Tarnaiae figure dans l'Itinéraire d'Antonin, sur la Table de Peutinger et dans la Cosmographie de Ravenne. Il se rattache à Taranis, dieu celte du ciel que les Romains assimilèrent à Jupiter.[6][1]

Fondation de Tarnaiae

Tarnaiae est né au bord du Rhône, sur la route du Grand-Saint-Bernard, au premier point en aval de Martigny où l'on pouvait franchir le fleuve, d'abord à gué puis par un pont. À l'époque gauloise, c'était le chef-lieu des Nantuates, un village surtout bâti en bois. Il abritait probablement un sanctuaire de Taranis où se réunissaient les délégués des quatre peuples du Valais. Après la conquête romaine, l'agglomération grandit au croisement de trois routes, vers l'Italie, vers Avenches par la rive droite et vers la Savoie par la rive gauche. Ses vestiges reposent aujourd'hui sous le village de Massongex.[1][3]

Histoire de Tarnaiae

vers 50 av. J.-C.. Un fossé gaulois, peut-être cultuel, est creusé puis remanié à plusieurs reprises. Des bâtiments en bois avec foyers l'accompagnent.[1]

57 av. J.-C.. Battue à Octodure (Martigny) par les Véragres et les Sédunes, l'armée envoyée par César se replie chez les Nantuates, qui semblent avoir coopéré avec elle, puis quitte le Valais.[3]

16-15 av. J.-C.. Rome conquiert le Valais. Le sanctuaire fédéral de la Vallis Poenina se serait alors trouvé à Tarnaiae.[1][3]

10-15 apr. J.-C.. Les thermes publics sont construits. Ils comptent parmi les plus anciens monuments romains de Suisse.[5]

années 30 apr. J.-C.. La mosaïque des deux lutteurs orne le tepidarium des thermes.[3]

vers 47 apr. J.-C.. Martigny devient la capitale du Valais unifié et Tarnaiae perd son rang de chef-lieu des Nantuates. Le village continue pourtant de prospérer, avec entrepôts, ateliers et rues à portiques.[1][3]

110-111. Des aménagements des berges du Rhône, datés par la dendrochronologie, accompagnent peut-être la construction ou la reconstruction d'un pont.[1]

IIIe siècle. Dès la seconde moitié du siècle, la plupart des bâtiments sont abandonnés. Une partie de l'agglomération subsiste et le passage du Rhône reste en usage dans l'Antiquité tardive.[1][3]

fin de l'Antiquité. Les ruines servent de carrière pour Agaune (Saint-Maurice), qui s'agrandit.[3]

haut Moyen Âge. Des tombes sont creusées dans les ruines du vicus.[2]

1873. Des vestiges, peut-être ceux d'une tête de pont, sont observés.[6]

1976. Dans le Rhône apparaissent des pieux en bois munis de sabots de fer et de gros blocs de calcaire, peut-être d'une pile de pont. La dendrochronologie n'a pas pu les dater.[6]

années 1980. Les fouilles commencent à dégager de petites parties des maisons et des ateliers du vicus. Leurs résultats paraissent en 1991 sous le titre « Aux origines de Massongex VS ».[6][1]

Lieux historiques de Tarnaiae

Place de l'Église. Les thermes publics se trouvaient sous la place actuelle. Un marquage au sol y montre le plan du caldarium, du frigidarium et de l'apodyterium avec la palestre.[3][7]

Caveau romain. Une verrière, à l'angle du bâtiment surnommé « caveau romain », laisse voir la mosaïque des thermes.[3]

Vestiges de Tarnaiae

Mosaïque des lutteurs. Mesurant environ 148 sur 147 cm, elle est l'un des rares vestiges de l'époque romaine à avoir traversé les âges en restant relativement bien conservé. Deux lutteurs y combattent, séparés par la palme de la victoire.[3]

Autel de Jupiter et vasque. Sous l'actuel café Central, deux indices d'un temple de Jupiter, successeur de celui de Taranis, ont été retrouvés. Le premier est un autel dédié à Jupiter Optimus Maximus, conservé dans le vestibule de l'abbaye de Saint-Maurice. Le second est une vasque de plus de 2,5 m de diamètre, sans doute cultuelle. Le sanctuaire lui-même n'a pas été localisé.[3]

Borne milliaire. Une borne indiquant douze mille pas depuis Martigny, distance qui sépare Tarnaiae de Forum Claudii Vallensium, a été retrouvée dans les murs de l'abbaye de Saint-Maurice, où elle servait de linteau de porte dans le clocher.[3]

Sources

  1. Dictionnaire historique de la Suisse, « Tarnaiae » (François Wiblé, version du 20.08.2012)
  2. Dictionnaire historique de la Suisse, « Massongex » (Albano Hugon, version du 27.08.2008, version allemande)
  3. Commune de Massongex, « Histoire »
  4. Inventaire suisse des biens culturels d'importance nationale (PBC), « Tarnaiae, vicus celtique - galloromain », objet n° 9701
  5. Société d'histoire de l'art en Suisse, Guide artistique de la Suisse, notice « Massongex » (via l'inventaire PBC)
  6. Ostia-antica.org, « Massongex (Tarnaiae) »
  7. Vici.org, « Thermen Massongex (Tarnaiae) »

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