Assens

Canton de Vaud · District : Gros-de-Vaud · environ 1'140 habitants (2020, dernier chiffre avant la fusion du 1er juillet 2021 avec Bioley-Orjulaz)

Origine du nom d'Assens

L'origine exacte du nom d'Assens reste débattue et les sources divergent sur ses formes les plus anciennes. Le site officiel de la commune avance une origine burgonde, le mot "Assensa" ayant pu désigner une "terre donnée en cens" (un domaine concédé moyennant redevance), avec une première forme "Astelegus" datée de 1102 selon cette source (une autre source donne 1002 pour une forme très proche, "Astlegus" : ce point est à recouper, la date exacte de première attestation n'étant pas établie avec certitude). Ce qui est mieux corroboré, c'est l'évolution du nom à travers le Moyen Âge : "Ascens" (1228, année où la paroisse est elle-même documentée), puis "Astyens" (1238) et "Astiens" (1291), avant de se stabiliser en "Assens".

Fondation d'Assens

Il n'existe pas de fondateur individuel connu ni d'acte de fondation attesté pour Assens : comme la majorité des villages du Plateau vaudois, il s'est constitué progressivement au haut Moyen Âge comme domaine rural, probablement à l'époque burgonde, avant de devenir une paroisse et une communauté villageoise structurée. La présence humaine sur le territoire de la commune est attestée bien plus tôt par l'archéologie : un tumulus funéraire du premier âge du Fer (vers 600-450 av. J.-C.) atteste une occupation protohistorique du site, sans qu'un lien de continuité directe avec la fondation du village médiéval puisse être établi. Le village lui-même émerge dans les sources écrites avec sa paroisse, mentionnée dès 1228, alors dépendante de l'abbaye d'Abondance. Aucun seigneur unique n'a fondé Assens : plusieurs familles seigneuriales locales se sont partagé des droits sur le territoire au Moyen Âge.

Histoire d'Assens

vers 600-450 av. J.-C.. Occupation protohistorique attestée par un tumulus funéraire (premier âge du Fer) situé au Bois des Allemands, à l'est du village ; deux inhumations successives y sont documentées.

1228. Première mention attestée du village, sous la forme "Ascens" ; la paroisse d'Assens, dépendante de l'abbaye d'Abondance, est elle-même documentée à cette date.

1238-1291. Le nom évolue dans les documents médiévaux : "Astyens" (1238), puis "Astiens" (1291), avant de se fixer sous la forme "Assens".

1453-1454. Le chœur de l'église Saint-Germain est reconstruit et prolongé.

1476-1798. Assens fait partie du bailliage commun d'Orbe-Échallens, administré conjointement par Fribourg et Berne.

1585. Après une Réforme difficile à établir localement, le premier pasteur protestant est nommé à Assens ; l'église devient paritaire (mixte), utilisée à la fois par les catholiques et les protestants.

1619. La communauté villageoise refuse de trancher en faveur d'une seule confession et conserve un régime religieux mixte, avec un conseil comptant historiquement six membres catholiques et six protestants.

vers 1650-1654 (à recouper, une autre source évoque plutôt la fin du XVIIe siècle). Réalisation du retable baroque de l'église, attribué à l'atelier Reyff de Fribourg, orné de dorures et de bas-reliefs représentant l'Annonciation.

1696. Pose de la grille en fer forgé séparant le chœur de la nef dans l'église Saint-Germain, date inscrite sur la serrure.

1698-1717. Percement de nouvelles fenêtres dans la nef de l'église pour en améliorer l'éclairage.

1717. Construction d'un nouveau clocher-porche, qui remplace l'ancien clocher alors démoli.

1744. Alignement des toitures du chœur et de la nef de l'église.

1769. Construction d'une sacristie latérale voûtée en berceau.

1798. Le bailliage d'Orbe-Échallens est aboli avec la Révolution vaudoise et la fin de l'Ancien Régime ; le recensement de l'époque dénombre 276 habitants à Assens.

1842-1845. Construction d'une nouvelle église catholique Saint-Germain, de style néoclassique, par l'architecte vaudois Henri Perregaux ; à son achèvement en 1845, l'ancienne église paritaire devient exclusivement réformée (calviniste), mettant fin à deux siècles et demi de partage confessionnel.

1874. Ouverture de la gare d'Assens sur la ligne de chemin de fer Lausanne-Échallens-Bercher (LEB).

1901. Le tumulus est fouillé officiellement le 23 juillet par Albert Naef, archéologue cantonal vaudois ; une pierre gravée commémore l'intervention.

années 1930. Construction d'une route d'évitement du village.

1930 (à recouper, source unique). Adoption des armoiries communales, associant deux croix (symbole du régime religieux mixte historique) et une gerbe de blé (symbole de l'activité agricole).

2002. Jumelage d'Assens avec la commune française de Colombey-les-Deux-Églises.

2008. Restauration du tumulus et installation d'un panneau d'information sur le site.

1er janvier 2009. Fusion d'Assens avec la commune voisine de Malapalud.

1er juillet 2021. Fusion de la commune d'Assens (déjà élargie à Malapalud depuis 2009) avec Bioley-Orjulaz, entérinée par le Conseil d'État vaudois après acceptation des corps électoraux le 24 novembre 2019 ; la nouvelle commune issue de cette fusion reprend le nom d'Assens, le village d'Assens en devenant le chef-lieu.

Population d'Assens

Population d'Assens
1798276
1850356
1900401
1970335
2000770
20201'140

Lieux historiques d'Assens

Église paritaire Saint-Germain d'Assens. Édifice bâti sur un promontoire dès la fin du XIIe ou le début du XIIIe siècle, au style évoluant du roman vers le gothique, remanié à plusieurs reprises (chœur refait en 1453-1454, clocher-porche de 1717). Elle conserve des fresques gothiques du XVe siècle, un retable baroque de l'atelier Reyff de Fribourg et une grille en fer forgé de 1696 séparant le chœur de la nef. Particularité rare en Suisse : elle possède deux chaires distinctes, car elle a servi de 1585 à 1845 aux cultes catholique et protestant simultanément (église "paritaire"). Depuis 1845, seul le culte réformé (calviniste) y est pratiqué. Classée bien culturel d'importance régionale.

Église catholique Saint-Germain (1845). Construite entre 1842 et 1845 par l'architecte vaudois Henri Perregaux dans un style néoclassique sobre, elle a été édifiée pour accueillir le culte catholique après la fin du régime paritaire de l'ancienne église. Elle fut l'une des rares églises catholiques du canton de Vaud autorisées, à cette époque, à posséder un clocher.

Gare d'Assens (ligne Lausanne-Échallens-Bercher). Ouverte en 1874, la gare d'Assens sur la ligne du LEB a profondément transformé le village, facilitant son désenclavement et amorçant, au XXe siècle, sa transition d'un village agricole vers une localité résidentielle proche de Lausanne.

Bois des Allemands. Zone boisée à l'est du village abritant le tumulus celtique (voir vestiges) ; lieu de promenade donnant accès au site archéologique aménagé et à son panneau d'information.

Vestiges d'Assens

Tumulus d'Assens. Situé dans le Bois des Allemands, à environ 1 km à l'est du village, ce tumulus de 19 mètres de diamètre abrite la sépulture d'une femme de haut rang, incinérée et accompagnée de parures, datée du premier âge du Fer (vers 600 av. J.-C.) ; une seconde inhumation, plus tardive (vers 450 av. J.-C.), y a également été identifiée. Connu depuis le XIXe siècle, le site est classé monument historique depuis 1901, année où il fut fouillé le 23 juillet sous la direction de l'archéologue cantonal Albert Naef (une pierre gravée commémore cette intervention). Restauré en 2008 avec pose d'un panneau informatif, il reste aujourd'hui visible sous la forme d'un monticule de terre et constitue un bien culturel d'importance régionale.

Sources

Localités de la commune avec une fiche

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