Ballens

Canton de Vaud · District : Morges · 580 habitants au 31 décembre 2025, commune toujours indépendante du district de Morges, non fusionnée à ce jour

Origine du nom de Ballens

C'est un document de 1139, évoquant la chapelle du village dédiée à Saint-Maurice et alors rattachée comme filiale à l'église de Mollens, qui livre la toute première trace écrite du nom de Ballens, sous la forme ancienne « Barlens ». La graphie « Balens » se rencontre ensuite en 1453, avant de se fixer peu à peu vers la forme actuelle. Les sources consultées ne s'accordent pas totalement sur l'année de cette première mention : la plupart indiquent 1139, mais l'une d'entre elles situe l'événement en 1158 ; ce point mériterait d'être tranché en consultant directement le document médiéval concerné. Sur le plan étymologique, Ballens appartient à la grande famille des noms de lieux romands en « -ens », très répandue dans les cantons de Vaud et de Fribourg. Ce suffixe dérive du germanique « -ingos », qui signifiait à l'origine « chez les gens de » ou « chez le clan de », et s'est greffé sur des noms de personnes dès le VIe siècle dans l'espace gallo-romain passé sous influence burgonde. Pour Ballens, le nom de personne à l'origine serait le germanique « Berilo », ou, selon une autre hypothèse retenue par la même source, le nom latin « Barilius » ; une racine apparentée se retrouve dans le toponyme fribourgeois de Berlens. Cette explication n'a pu être recoupée qu'auprès d'une seule référence toponymique spécialisée et resterait à confirmer par une deuxième source du même type. Aucune forme patoise particulière du nom n'a pu être trouvée dans les sources consultées. Les habitants de Ballens sont appelés les Ballensards et les Ballensardes.

Fondation de Ballens

Comme beaucoup de villages du pied du Jura vaudois, Ballens n'a pas de fondateur ni d'acte de fondation unique et daté : c'est un habitat rural qui s'est constitué progressivement, sur un site qui, selon une description reprise par une seule source consultée, aurait formé à l'origine une sorte d'îlot entouré de marais disposés en arc de cercle autour du village (information non recoupée ailleurs, à prendre avec réserve). La première structure institutionnelle attestée est religieuse plutôt que seigneuriale au sens strict : une chapelle dédiée à Saint-Maurice, filiale de la paroisse de Mollens, mentionnée dès 1139. Le territoire de Ballens dépendait alors, comme celui de plusieurs villages voisins du pied du Jura, en bonne partie du grand monastère de Romainmôtier, qui y percevait des droits et de la dîme ; la tradition locale veut qu'un moine de l'abbaye ait financé, dès 1257, la construction d'un moulin sur place, et cette même dîme était encore levée au profit du monastère vers 1650. Au Moyen Âge, Ballens formait ainsi le centre d'une petite seigneurie placée sous l'autorité conjointe du monastère de Romainmôtier et des seigneurs d'Aubonne, une configuration assez typique de cette portion du pied du Jura vaudois, organisée autour de droits partagés entre pouvoir monastique et pouvoir laïque plutôt que fondée d'un seul coup par un unique seigneur fondateur.

Histoire de Ballens

Époque romaine. Des vestiges de constructions en briques et plusieurs médailles de bronze datant de l'époque romaine sont mis au jour en 1846 au lieu-dit la Tuillerie, entre Mollens et Ballens, attestant une occupation du secteur bien antérieure au village médiéval.

Âge du Fer (période hallstattienne). Un tumulus de cette période aurait été repéré sur le territoire de la commune. Cette information ne repose que sur une seule source consultée et mériterait d'être recoupée avant d'être considérée comme définitivement établie.

1139. Première mention écrite connue du village, sous la forme « Barlens », à travers la chapelle Saint-Maurice, alors filiale de la paroisse de Mollens. Une source situe cette première mention en 1158 plutôt qu'en 1139 ; voir la remarque sur ce désaccord dans la section consacrée à l'origine du nom.

1257. Un moine de l'abbaye de Romainmôtier finance, selon la tradition locale, la construction d'un moulin à Ballens.

Moyen Âge. Ballens forme le centre d'une petite seigneurie placée sous l'autorité conjointe du monastère de Romainmôtier et des seigneurs d'Aubonne.

vers 1650. La dîme due par les habitants de Ballens est encore livrée au monastère de Romainmôtier.

1453. La graphie « Balens » apparaît dans les documents, forme intermédiaire vers le nom actuel du village.

1536. La conquête bernoise du Pays de Vaud fait passer Ballens, comme le reste de la région, sous administration de Berne ; le village suit alors le sort de la châtellenie d'Aubonne. Les maisons les plus anciennes encore visibles dans le village dateraient du début de cette période bernoise, avec de belles caves voûtées, mais une autre source évoque plutôt des bâtiments du début du XIVe siècle et une troisième mentionne des fermes traditionnelles des XVIe au XIXe siècles : ces datations ne se recoupent pas parfaitement et concernent peut-être des bâtiments différents.

1592. Arrivée du premier pasteur réformé à Ballens, dans le sillage de la Réforme imposée par Berne.

1597. Le départ de ce pasteur pour la paroisse voisine de Bière ramène Ballens au rang de simple annexe paroissiale, statut qui durera jusqu'en 1849.

1609. Fondation de L'Abbaye, la plus ancienne des sociétés de tir qui se sont succédé à Ballens.

1701. Ballens est rattaché au bailliage bernois d'Aubonne.

1709. Fondation d'une seconde société de tir, dite la Jeune Abbaye.

Juin 1780. Douze habitants du village fondent la Société militaire des Cadets de Ballens, qui restera active jusqu'à sa dissolution en 1876.

1798-1803. Durant la République helvétique, Ballens appartient d'abord au canton du Léman, puis, après la disparition de ce canton, au canton de Vaud ; le village dépend dans un premier temps du district de Morges.

1803. Avec la réorganisation administrative du canton, Ballens est rattaché au nouveau district d'Aubonne.

1843-1844. Construction du bâtiment scolaire du village, œuvre des architectes lausannois Henri Perregaux et Achille de La Harpe.

9 juillet 1843. Vingt-six fondateurs créent l'Abbaye Suisse Indépendante de Ballens, chaque membre versant 24,15 francs au fonds de la société ; cette société de tir existe toujours aujourd'hui.

1849. La paroisse de Ballens, réduite au rang d'annexe depuis 1597, est rétablie comme paroisse à part entière.

1856. La paroisse de Ballens est à nouveau dotée d'un pasteur en titre.

1900-1950. Le nombre d'habitants de Ballens oscille entre environ 350 et 400 durant cette période, sans variation majeure d'une décennie à l'autre.

1er juillet 1895. Mise en service de la ligne de chemin de fer à voie étroite Bière-Apples-Morges, qui dessert Ballens et le hameau voisin de Froideville.

1898. Un tilleul est planté sur la place de l'église pour commémorer le centenaire de l'indépendance du canton de Vaud.

1909. Les femmes sont admises pour la première fois au banquet de l'Abbaye Suisse Indépendante.

1925. Adoption des armoiries communales : un champ d'or à la bande de gueules chargée d'une croix trèflée d'argent posée en pal. La bande rappelle le fief de Froideville, hameau de la commune de Ballens (à ne pas confondre avec la commune indépendante de Froideville, dans le Gros-de-Vaud), tenu autrefois par la famille Monod ; la croix honore saint Maurice, patron de l'église du village.

1935. Création de commissions spécialisées au sein de l'Abbaye Suisse Indépendante, consacrées au tir, à la décoration et aux prix.

1937-1938. Le clocher-porche du temple, bâti en 1715, est remplacé.

15 mars 1942. L'Abbaye Suisse Indépendante de Ballens devient l'une des 79 sociétés fondatrices de la Fédération des Abbayes Vaudoises.

1955. Le temple de Ballens, ancienne église Saint-Maurice, est classé monument historique.

Années 1960. La route principale traversant le village est revêtue de béton, à des fins d'usage militaire.

1970. Instauration d'une fête quinquennale (tous les cinq ans) au sein de l'Abbaye Suisse Indépendante.

1972. Organisation du premier tir réservé aux enfants dans le cadre de l'Abbaye.

1982. Mise en place d'un tir spécial réservé aux dames au sein de l'Abbaye.

1984. L'Abbaye Suisse Indépendante adopte de nouveaux titres pour ses dirigeants (Abbé-Président, Lieutenant d'Abbé, entre autres).

1993. Le bâtiment scolaire de 1843-1844 reçoit une mesure de protection générale au titre du patrimoine bâti.

2006. La dissolution du district d'Aubonne fait passer Ballens dans le nouveau district de Morges, tel qu'il existe encore aujourd'hui.

2015. Christian Croisier, agriculteur exploitant une ferme familiale de la commune, devient syndic de Ballens après dix ans passés au sein de la municipalité.

2020-2025. La population de Ballens continue de croître lentement, passant d'environ 560 à 580 habitants ; la commune reste indépendante, ayant décliné les propositions de fusion qui lui ont été faites, tout en collaborant avec les communes voisines sur certains services intercommunaux.

2025. Ballens compte 580 habitants au 31 décembre et demeure une commune indépendante du district de Morges, dotée d'un conseil général de 55 à 61 membres en raison de sa taille sous le seuil des 1'000 habitants.

Population de Ballens

Population de Ballens
1850422
1900361
2018537
2020562
2023576
2024579
2025580

Lieux historiques de Ballens

Temple de Ballens (ancienne église Saint-Maurice). Cet édifice réformé, mentionné dès 1139 sous sa forme de chapelle Saint-Maurice, a connu plusieurs remaniements au fil des siècles ; les parchemins et documents anciens consultés jusqu'ici n'ont pas permis de dater précisément sa construction d'origine. Le clocher-porche actuel remonte à 1715 ; il a été remplacé en 1937-1938. L'édifice est classé monument historique depuis 1955 et reste, avec la place qui l'entoure, le cœur symbolique du village.

École communale de 1843-1844. Bâtiment scolaire construit en 1843-1844 sur les plans des architectes lausannois Henri Perregaux et Achille de La Harpe. Il a fait l'objet d'une mesure de protection générale du patrimoine bâti en 1993.

Le tilleul du centenaire. Planté en 1898 sur la place de l'église, cet arbre commémore le centenaire de l'indépendance du canton de Vaud, proclamée en 1798.

Gare de Ballens-Froideville. Halte de la ligne à voie étroite Bière-Apples-Morges (BAM), mise en service le 1er juillet 1895, qui relie Ballens et le hameau de Froideville au réseau ferroviaire régional. Elle témoigne du désenclavement du village à la fin du XIXe siècle et reste aujourd'hui un point de desserte des transports publics.

Vieux village et maisons anciennes. Le centre du village conserve des maisons rurales aux belles caves voûtées, dont l'ancienneté est estimée diversement selon les sources consultées, entre le début du XIVe siècle et le début de la période bernoise (à partir de 1536), avec par ailleurs des fermes traditionnelles attribuées aux XVIe-XIXe siècles ; ce flou de datation, propre à ce type de bâti rural jamais précisément documenté à l'origine, mériterait d'être précisé par un inventaire architectural détaillé.

Vestiges de Ballens

Vestiges romains de la Tuillerie. En 1846, des vestiges de constructions en briques ainsi que plusieurs médailles de bronze datant de l'époque romaine ont été mis au jour au lieu-dit la Tuillerie, entre les villages de Mollens et de Ballens. Ces découvertes attestent une occupation du secteur dès l'Antiquité, bien avant l'apparition du village médiéval de Ballens.

Tumulus de l'âge du Fer. Un tumulus de la période hallstattienne aurait été localisé sur le territoire communal. Cette information n'a pu être recoupée qu'à travers une seule source consultée et resterait à confirmer par une source archéologique de référence avant d'être considérée comme définitivement établie.

Ossements de l'ancien cimetière. Des fouilles menées à proximité du temple ont mis au jour des ossements attestant l'existence d'un cimetière très ancien à cet endroit. Aucune datation précise de ce cimetière n'a pu être trouvée dans les sources consultées.

Sources

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