Armoiries de Bonfol

Bonfol

Canton de Jura · District : Porrentruy · 648 habitants (2023, ancienne commune de Bonfol, dernier chiffre avant la fusion)
Fait partie de la commune de Basse-Vendline
Vue de Bonfol
Photo : Rauenstein, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons · Armoiries : Domaine public

Origine du nom de Bonfol

Le village est mentionné pour la première fois en 1136, sous la forme « Bunfol ». En allemand, il s'appelait autrefois « Pumpfel ». Ce nom n'a pas encore trouvé d'explication.[1][8]

Fondation de Bonfol

Le plus ancien vestige connu sur son territoire est un tumulus de l'âge du Fer, repéré à Moncevi, et une nécropole du haut Moyen Âge a été découverte au lieu-dit Cras Chalet, au nord du village. Selon la tradition, le village actuel aurait pris la place de trois hameaux, Bonfol-le-Vieux, Trunchéré et Vareroille, détruits pendant les guerres de Bourgogne par Étienne de Hagenbach, au service de Charles le Téméraire. Au Moyen Âge, Bonfol suivit le sort de l'avouerie d'Ajoie, qui passa à l'évêché de Bâle à la fin du XIIIe siècle. Sous l'Ancien Régime, la commune relevait de la mairie de Cœuve. Village agricole, Bonfol s'est fait connaître par sa poterie. On ne sait ni qui a fondé Bonfol ni quand.[1][3][4][5][8]

Histoire de Bonfol

1136. Première mention : « Bunfol ».[1][8]

fin du XIIIe siècle. L'avouerie d'Ajoie, dont Bonfol suit le sort, est intégrée à l'évêché de Bâle.[1]

guerres de Bourgogne (1474-1477). Selon la tradition, Étienne de Hagenbach détruit les hameaux de Bonfol-le-Vieux, Trunchéré et Vareroille, que le village actuel aurait remplacés.

1497. Première mention des étangs de Bonfol.[1][8]

1619. Bonfol se détache de la paroisse de Damphreux et forme avec Vendlincourt une paroisse, qui relève du diocèse de Besançon jusqu'en 1779.[1]

1751-1754. Le prince-évêque de Bâle fait aménager les étangs pour la pêche.[1]

1770. 24 chefs de famille sur 123 sont potiers.[1]

1783-1784. Construction de l'église Saint-Laurent.[1]

1792-1814. Bonfol fait partie des départements français du Mont-Terrible, puis du Haut-Rhin.[1]

1816-1830. Bonfol relève du bailliage bernois, puis du district bernois de Porrentruy (1831-1978).[1]

1836. Bonfol adopte le statut de commune mixte.[1][8]

1885. Découverte d'une nécropole du haut Moyen Âge au lieu-dit Cras Chalet.[1][4][5]

1901. Ouverture de la liaison ferroviaire avec Porrentruy, qui favorise la diversification industrielle.[1][8]

1912. Début de la production de poterie en fabrique.[1]

1914-1918. Le front de l'Ouest commence au Largin, étroite bande de terre qui s'enfonce en territoire alsacien.

1961-1976. L'industrie chimique bâloise dépose des déchets toxiques dans une ancienne glaisière. Les étangs deviennent réserves naturelles en 1961 (ou 1930).[1]

1979. Bonfol fait partie du district jurassien de Porrentruy.[1]

1999. Faillite de la dernière entreprise de céramique.[1]

2016. Fin de l'excavation des 220'000 tonnes de déchets de la décharge et de leur incinération en Allemagne. Le site est renaturé en 2018-2019.[1]

2024. Le 1er janvier, Bonfol fusionne avec Beurnevésin dans la commune de Basse-Vendline.[1][8]

Population de Bonfol

Sources et références : [1]

Population de Bonfol
1770805
18501'263
19001'340
19501'017
2000679
2010585
2020654
2023648

Lieux historiques de Bonfol

Église Saint-Laurent. Église paroissiale construite en 1783-1784. La paroisse, formée en 1619 avec Vendlincourt, relevait du diocèse de Besançon jusqu'en 1779.[1]

Étangs de Bonfol. Mentionnés dès 1497, aménagés de 1751 à 1754 par le prince-évêque de Bâle pour la pêche, ils sont devenus réserves naturelles en 1961 (ou 1930).[1][8]

Le Largin. Étroite bande de terre qui s'enfonce en territoire alsacien, où commençait le front de l'Ouest pendant la Première Guerre mondiale. De 1942 à 1944, la ferme du Largin a servi de lieu de passage à des réfugiés.

Poterie de Bonfol. Bonfol est surtout connu pour sa poterie, notamment les caquelons. En 1770, 24 chefs de famille sur 123 étaient potiers. La production en fabrique commença en 1912 et la dernière entreprise de céramique fit faillite en 1999. Un musée de la poterie, issu de la fondation « Poteries de Bonfol » créée en 1980, présente cet artisanat.[1][7]

Site de l'ancienne décharge industrielle de Bonfol (DIB). De 1961 à 1976, l'industrie chimique bâloise déposa des déchets toxiques dans une ancienne glaisière. Après deux campagnes partielles (1986-1989 et 1991-1996), l'assainissement fut mené par Basler Chemische Industrie (BCI) : l'excavation de 220'000 tonnes de déchets, incinérés en Allemagne, fut achevée en 2016 et le site renaturé en 2018-2019.[1]

Chapelle Saint-Fromond. Chapelle construite en 1866 à l'initiative du curé François-Joseph Jeanguenat, au lieu-dit En-Boréz, dans la forêt au nord du village. Elle est liée au culte de saint Fromond.[6][8]

Vestiges de Bonfol

Nécropole du Cras Chalet. Nécropole du haut Moyen Âge découverte en 1885 au lieu-dit Cras Chalet, au nord du village. Elle comptait une quarantaine de tombes. On y a trouvé une plaque-boucle du début du VIIe siècle, dite « de Daniel », généralement interprétée comme Daniel entre deux lions.[1][4][5]

Tumulus de Moncevi. Tumulus de l'âge du Fer repéré lors d'une prospection aérienne en 1989 à Moncevi, présenté comme le seul de ce type connu en Ajoie.[3]

Légendes de Bonfol

Les trois villages détruits. Selon la tradition, Bonfol aurait remplacé Bonfol-le-Vieux, Trunchéré et Vareroille, hameaux détruits pendant les guerres de Bourgogne par Étienne de Hagenbach, au service de Charles le Téméraire.[1]

Saint Fromond. Selon la tradition, un ermite nommé Fromond aurait vécu au VIIe siècle dans une cabane au fond de la forêt. Un chêne séculaire près de la chapelle serait né du bâton qu'il avait jeté. Vénéré depuis le début du XVIIe siècle, notamment contre les épizooties, il est fêté par un pèlerinage avec procession le lendemain de l'Ascension.[6]

Sources

  1. Dictionnaire historique de la Suisse, « Bonfol » (Dominique Prongué), version du 06.12.2024
  2. Gouvernement de la République et Canton du Jura, message relatif à la fusion des communes mixtes de Beurnevésin et de Bonfol (Basse-Vendline), 06.12.2022
  3. Dictionnaire du Jura, « Moncevi (site archéologique, Bonfol) » (Claude Juillerat, François Schifferdecker, Guide archéologique du Jura et du Jura bernois, 1997)
  4. Dictionnaire du Jura, « Cras Chalet (site archéologique, Bonfol) » (Claude Juillerat, François Schifferdecker, 1997)
  5. République et Canton du Jura, Office de la culture, archéologie, « Bonfol, Cras Chalet »
  6. Dictionnaire du Jura, « Saint-Fromont, chapelle (paroisse de Bonfol) » (Philippe Kauffmann et al., Damien Bregnard, 2006)
  7. Dictionnaire du Jura, « Musée de la poterie, Bonfol » (Emma Chatelain, 2008)
  8. Commune de Basse-Vendline, « Histoire de Bonfol »
  9. geo.admin.ch (swisstopo), recherche de lieux « Bonfol »

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