Château d'Erguël

Site Canton de Berne · Ancien district : Courtelary · Site non habité (commune de Sonvilier)
Fait partie de la commune de Sonvilier

Origine du nom de Château d'Erguël

Le château porte le nom de ses premiers seigneurs, les sires d'Arguel, venus de Franche-Comté. Leur nom, écrit aussi Erguël, a passé à toute la seigneurie qui s'étendait dans le vallon de Saint-Imier.[1][2]

Fondation de Château d'Erguël

La ruine se dresse sur un escarpement rocheux du versant sud du vallon, au sud-est de Sonvilier. Les dates de construction sont inconnues, et une origine gallo-romaine est parfois avancée. Au XIe siècle, les sires d'Arguel, qui ont obtenu l'avouerie de la région, s'y installent. L'architecture visible remonte au XIIIe siècle, sans que des constructions plus anciennes soient exclues. Après 1264, le château appartient à l'évêque, qui le fait restaurer et fortifier. Il perd son rôle en 1606, quand le bailli s'installe à Courtelary.[1][2][3][5]

Histoire de Château d'Erguël

XIe siècle. Les sires d'Arguel, originaires de Franche-Comté, obtiennent l'avouerie de la région et s'installent au château.[1][2][3]

1178. Un Henricus de Arguel est témoin dans un acte.[1]

XIIIe siècle. Les parties conservées du château sont construites, peut-être sur des bâtiments antérieurs.[1]

1264. Le 11 décembre, le chevalier Otton d'Arguel cède sa charge d'avoué, sa part du château et ses biens à l'évêque Henri de Neuchâtel, contre un quart des dîmes de Rödersdorf, en Alsace. Le maire épiscopal de Bienne reprend l'avouerie.[1][2][3]

Vers 1284. L'évêque Henri d'Isny fait restaurer et fortifier le château.[1][3]

1386. En guerre contre le prince-évêque Jean de Vienne, les Bernois l'incendient en partie. Il est ensuite restauré peu à peu.[3]

1606. Le bailli s'installe à Courtelary, dans un nouveau château. Un seul gardien reste à Erguël.[1][3]

1617. Un plan du château est dressé, et l'évêque Rink de Baldenstein envisage de grands travaux.[1][3]

Années 1630. La guerre de Trente Ans cause de nouvelles destructions, suivies de réparations.[1][3]

1754. Il est décidé de ne plus entretenir le château.[1]

1762. Le pasteur Théophile Rémy Frêne et sa femme visitent les lieux. Inhabité depuis une quinzaine d'années, le château n'a plus que sa tour couverte, et la végétation l'envahit.[1]

1767. Le prince-évêque remet le domaine en fief à La Ferrière.[1][4]

1806. La commune de La Ferrière achète le domaine.[4]

1828. Le domaine est vendu à François Finot, d'Undervelier (à la commune bourgeoise de Sonvilier selon une autre source).[1][3][4]

1845. La bourgeoisie de Sonvilier acquiert le château. Des habitants y prennent ensuite des pierres pour leurs propres constructions.[1][3]

1884. L'architecte Antoine Biétrix y mène des fouilles et réalise deux maquettes.[1]

1929-1931. Placé sous la protection de la Confédération en 1929, le château voit sa tour restaurée et consolidée grâce à l'historien Paul Flotron, sous l'égide de la section d'Erguël de la Société jurassienne d'émulation. L'architecte Louis Bueche dirige les travaux.[1][3]

1964. Des joints sont refaits avec un mortier trop riche en ciment, cause d'une grande partie des dégâts ultérieurs.[1]

1993-1996. De nombreux effondrements conduisent à créer une commission de restauration avec le Service archéologique cantonal. La zone dangereuse est clôturée et 65 m³ de bois sont abattus.[1][3]

1997. La restauration commence par le donjon, puis gagne les murs visibles. Les murs enfouis ne sont pas dégagés.[1][3]

2008. L'association Tour à Tour est fondée pour organiser des expositions dans la tour du château et dans la tour Saint-Martin de Saint-Imier.[6]

Lieux historiques de Château d'Erguël

Ruines du château. Il reste la partie inférieure du donjon, un pan de la tour voisine et quelques restes de murs, sur un escarpement qui domine le vallon de Saint-Imier. Les vestiges se voient depuis la route entre Saint-Imier et Sonvilier.[1][3]

Maquettes d'Antoine Biétrix. Les deux maquettes réalisées après les fouilles de 1884 sont conservées dans les musées de Saint-Imier et de Sonvilier.[1][3]

Vestiges de Château d'Erguël

Château médiéval. L'édifice comprenait un double bâtiment principal, un petit bâtiment avec une cour et une tour carrée. Les murs enfouis n'ont jamais été fouillés.[3]

Légendes de Château d'Erguël

La dame blanche. Philippine, fille de Jean d'Erguël, aimait Pierre de Gliers, seigneur de Chauviller, mais leur mariage lui fut refusé. Une nuit de Noël, lors d'une tentative d'enlèvement, Pierre fut tué d'une flèche tirée depuis la tour, et Philippine se laissa mourir de faim. Son fantôme erre dans les ruines chaque nuit de Noël, à minuit.[1]

Le château dans les romans. En 1909, Louise Châtelain publie le roman « Les deux trésors ou le château d'Erguël », réédité en 1955, ainsi qu'une nouvelle intitulée « La légende du château d'Erguël ».[1]

Sources

  1. Mémoires d'Ici, « Un château en Erguël : histoire et histoires », Les dossiers de Mémoires d'Ici, mai 2007
  2. Dictionnaire historique de la Suisse, « Erguël » (Anne Beuchat-Bessire), version du 26.07.2017
  3. Municipalité de Sonvilier, « Château d'Erguël »
  4. Dictionnaire historique de la Suisse, « Ferrière, La » (Anne Beuchat-Bessire), version du 18.01.2005
  5. Dictionnaire historique de la Suisse, « Sonvilier » (Christine Gagnebin-Diacon), version du 13.02.2023
  6. Chronologie jurassienne (Denis Moine, Archives cantonales jurassiennes, Archives de l'État de Berne, Mémoires d'Ici), « Saint-Imier, Monuments historiques, Tour Saint-Martin »

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