Gruyères

Ville Canton de Fribourg · District : Gruyère · 2'353 habitants (31.12.2025)

Origine du nom de Gruyères

Le nom apparaît en 1138-1139 sous la forme « de Grueri », puis en 1144 dans « comes de Grueria », titre d'un comte nommé Willelmus. Il dériverait plutôt de « gruarius », la charge de garde forestier, que de la grue, même si les armoiries des comtes, connues par un sceau de 1221, montrent cet oiseau.[1][2]

Fondation de Gruyères

Le comte de Gruyère fait élever un château au sommet de la colline, d'où il contrôle la haute vallée de la Sarine. Cette forteresse remonte peut-être à la fin du XIe siècle et s'accompagne d'un petit bourg. La famille comtale venait de Château-d'Œx. Avant 1195/1196, Gruyères tient déjà un marché. La ville s'étend ensuite vers l'ouest depuis le château, avec le bourg d'En-Haut puis le bourg d'En-Bas, une rue centrale et une enceinte. La commune comprend aussi les villages d'Épagny, de Pringy et de Moléson-sur-Gruyères, les hameaux de Saussivue, du Pont et du Creux, et l'ancienne chartreuse de la Part-Dieu.[1][2]

Histoire de Gruyères

1115. Un comte Wilerius figure dans la pancarte de Rougemont, un acte de donation au prieuré. Il pourrait appartenir à la famille des comtes de Gruyère.[2]

1195/1196. Le marché de Gruyères est supprimé au profit de celui de Bulle.[1][2]

1244. Le comte Rodolphe III rend hommage à Pierre II de Savoie pour le « castrum Gruerie ».[2]

1254. L'église Saint-Théodule, voulue par Rodolphe III, est consacrée. Gruyères se détache de la paroisse de Bulle.[1][2]

1272-1280. Le château est reconstruit sous suzeraineté savoyarde, en carré savoyard flanqué d'une grande tour circulaire.[2]

1359. Amédée VI de Savoie confirme les franchises de la ville, calquées sur celles de Moudon.[2]

1397. Le comte Rodolphe IV confirme à son tour ces franchises.[1]

1434. Un conseil de douze membres est institué. Il se réunit dans l'hôpital, à l'angle nord-ouest du bourg d'En-Haut.[1][2]

1473-1493. L'enceinte est reconstruite. Vers 1475, le Belluard, une barbacane à deux portes latérales, renforce l'entrée.[2]

1493. Un incendie touche le château, dont les appartements sont reconstruits.[1]

1554-1555. La Diète déclare en faillite Michel, le dernier comte. Berne et Fribourg se partagent ses terres, et Gruyères devient le chef-lieu d'un bailliage fribourgeois.[1][2]

1611-1612. La peste fait 140 morts. La chapelle du Berceau, dédiée à saint Sébastien et saint Roch, est bâtie en 1612 (ou 1614) sur le cimetière des pestiférés.[1][2]

1639-1651. Pendant la guerre de Trente Ans, des bernardines et des visitandines venues de Besançon et de Dole se réfugient à Gruyères. Les visitandines y tiennent une école de filles.[1]

1767. La route de la Haute-Gruyère cesse de monter sur la colline. La ville décline après l'ouverture de la route de plaine par Épagny.[1]

1814. Le château devient le siège de la préfecture, jusqu'en 1848.[1][2]

1849. L'État de Fribourg vend le château à la famille Bovy, de Genève. Il passe en 1861 aux Balland, industriels horlogers, par mariage.[1][2]

1891. Les sœurs d'Ingenbohl ouvrent l'institut Saint-Joseph pour sourds-muets, en 1891 (ou 1890), dans la maison forte des Saint-Germain. Il part pour Fribourg en 1925 (ou 1921).[1][2][4]

1903. Pringy obtient sa gare sur la ligne Palézieux-Montbovon, puis Épagny la sienne sur la ligne Bulle-Broc en 1913.[1][2]

1938. Le gouvernement fribourgeois rachète le château et le transforme en musée historique.[1][2]

1998. Le musée HR Giger s'installe dans le château Saint-Germain, et un nouveau funiculaire dessert Moléson-sur-Gruyères.[1][4]

Population de Gruyères

Sources et références : [1][6]

Population de Gruyères
1850972
19001'389
19201'711
19501'302
20001'546
20252'353

Lieux historiques de Gruyères

Château de Gruyères. Siège des comtes, puis des baillis et des préfets, le château est un musée depuis 1938. Il est classé bien culturel d'importance nationale, avec sa chapelle Saint-Jean-Baptiste, dont les vitraux datent de la fin du XVe siècle, et son enceinte.[1][2][5]

Remparts et tour Chupyâ Bârba. L'enceinte, la tour Chupyâ Bârba, la Charrière des Morts et le Belluard sont classés d'importance nationale. Élevée vers 1440, la tour a été sauvée en 1828 par une lettre des habitants au gouvernement, alors que les portes Sainte-Agathe, de Bulle et de Chavonne disparaissaient en 1831, 1836 et 1860.[2][5]

Maison dite de Chalamala. Sa façade de 1531, entre gothique tardif et Renaissance, porte des baies moulurées en plâtre dur, un travail très rare. À l'intérieur, un poêle en catelles de 1536 compte parmi les plus anciens du canton.[3][5]

Maison forte des Saint-Germain. Bâtie à la fin du XIIIe ou au XIVe siècle pour une famille de ministériaux des comtes, présente à Gruyères de 1351 à 1578, elle est remaniée en 1607. Elle abrite le musée HR Giger depuis 1998.[4][5]

Église Saint-Théodule. Consacrée en 1254, l'église abrite les tombeaux des comtes sous l'autel Saint-Michel. Après les incendies de 1670 (ou 1679) et de 1856, la nef est rebâtie et l'église consacrée à nouveau en 1860. Son trésor est inscrit à l'inventaire des biens culturels.[1][2][5]

Maisons du bourg et grange du Laviau. La maison Castella, la maison Gachet et les mesures à grains de la rue du Bourg sont classées d'importance nationale, comme la grange domaniale du Laviau, sans doute de la fin du XVe siècle.[2][5]

Épagny, Pringy, Moléson et la Part-Dieu. La commune compte aussi la chapelle Sainte-Anne d'Épagny, le manoir Castella du Clos Muré à Pringy, la station de Moléson-sur-Gruyères, ouverte dans les années 1960, et l'ancienne chartreuse de la Part-Dieu, classée d'importance nationale.[1][5]

Vestiges de Gruyères

Épagny. Épagny a livré des vestiges de l'âge du Bronze et de Hallstatt, des tombes de La Tène (325-250 av. J.-C.), une villa des IIe et IIIe siècles et une nécropole du haut Moyen Âge de plus de 80 tombes.[1][2]

Colline de Gruyères. Une monnaie de Maximien, une main en bronze et une fibule des IIe et IIIe siècles laissent supposer une occupation romaine de la colline. Une maçonnerie sous l'esplanade du château pourrait appartenir à un édifice religieux du haut Moyen Âge.[1][2]

Légendes de Gruyères

Chalamala, bouffon du comte. La tradition veut que la maison de la rue du Bourg ait appartenu à Girard, dit Chalamala, bouffon du comte Pierre IV de Gruyère, mort vers 1349. On a reconstitué sa maison au Village suisse de l'Exposition nationale de Genève en 1896.[3]

Sources

  1. Dictionnaire historique de la Suisse, « Gruyères (commune) » (Jean-Marc Purro, version du 24.07.2006)
  2. Office fédéral de la culture, Inventaire fédéral des sites construits (ISOS), « Gruyères » (n° 1616), 3e version, octobre 2023
  3. Inventaire PBC, fiche KGS 02193, « Maison dite de Chalamala », Gruyères (texte du Guide artistique de la Suisse, SHAS)
  4. Inventaire PBC, fiche KGS 02198, « Porte et maison forte des Saint-Germain », Gruyères (texte du Guide artistique de la Suisse, SHAS)
  5. Office fédéral de la protection de la population, « Révision Inventaire PBC 2021 : Liste cantonale Canton de FR » (état au 1.1.2026)
  6. Service de la statistique du canton de Fribourg (SStat), « Population des communes, de 1900 à 2025 » (T01-02-03), population résidante permanente au 31.12.2025

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