Morcles
Origine du nom de Morcles
Le nom de Morcles est attesté par écrit dès 1043, déjà sous cette forme, puis de nouveau en 1239 et en 1255. L'hypothèse la plus généralement retenue le fait dériver du terme francoprovençal « morra », qui désigne un rocher proéminent, un tas de pierres ou une pointe arrondie, une image cohérente avec le relief abrupt du vallon et le massif qui domine le village. Ce massif, les Dents de Morcles, a par la suite pris le nom du village plutôt que l'inverse. Cette étymologie reposant essentiellement sur une seule source consultée, elle mériterait d'être recoupée par un ouvrage de toponymie romande dédié.
Fondation de Morcles
Aucun acte de fondation formelle n'est connu pour Morcles. Le lieu apparaît déjà organisé en petite communauté rurale de montagne au XIe siècle, lorsque l'évêque de Sion Aimon en fait donation en 1043 au chanoine Varnerius, ce qui indique une dépendance initiale de l'évêché de Sion. Par la suite, plusieurs familles détiennent successivement des droits féodaux (fief) sur le village : les Veillon, les de Bex, les Macognin, puis les Quartéry de Saint-Maurice, sans qu'aucune d'elles n'en soit à proprement parler la fondatrice. Morcles s'est plutôt développé progressivement comme communauté d'alpage organisée autour de l'usage collectif des pâturages, comme l'atteste un accord de 1272 réglant l'usage des pâtures entre les habitants et le seigneur local Jean d'Arbignon.
Histoire de Morcles
1043. Première mention écrite connue du lieu, sous le nom de Morcles : l'évêque de Sion Aimon en fait donation au chanoine Varnerius.
1239 et 1255. Le nom de Morcles réapparaît dans des documents anciens, confirmant la continuité de la communauté.
1272. Accord entre les habitants et le seigneur local Jean d'Arbignon réglant l'usage des pâturages communs.
1476. Morcles passe sous la domination bernoise et est intégré au bailliage de Bex ; la justice locale est rendue par un métral, les appels étant portés à Bex.
1504. Fixation des limites territoriales entre Morcles et le Valais voisin.
1529. La paroisse de Morcles, jusque-là rattachée à Saint-Sigismond, passe à la Réforme protestante et rejoint la paroisse de Bex.
1732. Première mention connue d'un régent (maître d'école) à Morcles.
1764. Le village compte 66 habitants.
1803. La population atteint 84 habitants.
1830. Une route carrossable relie enfin Morcles à la vallée du Rhône.
1850. La population redescend à 68 habitants, juste avant la fusion.
1852. La commune de Morcles fusionne avec celle de Lavey pour former la nouvelle commune de Lavey-Morcles. Les sources s'accordent à dire que cette fusion, motivée par des problèmes de gestion, s'est faite contre la volonté de la commune de Morcles.
début du XXe siècle. Le village, qui accueille alors plusieurs fonctionnaires fédéraux en villégiature, dispose d'une école, d'un hôtel, d'un restaurant et de deux épiceries.
1892-1894. Construction, dans le massif de Dailly qui surplombe le village, du Fort de Dailly, ouvrage militaire intégré au dispositif de défense de Saint-Maurice.
début des années 2000. L'arrêt de la ligne de CarPostal fait de Morcles l'une des rares localités de Suisse à ne plus être desservie par les transports publics.
Population de Morcles
| 1764 | 66 |
| 1803 | 84 |
| 1850 | 68 |
Lieux historiques de Morcles
Le hameau de Morcles. Alpage habité à 1160 mètres d'altitude, niché au fond d'un vallon, il constitue aujourd'hui le point de départ de randonnées vers les Muverans, les Dents de Morcles, Ovronnaz et Derborence.
Massif des Dents de Morcles. Sommet des Alpes vaudoises qui domine le village et lui doit son nom (ou inversement, selon l'hypothèse toponymique retenue), point de repère visible depuis les rives du lac Léman.
Fort de Dailly. Ouvrage militaire souterrain construit entre 1892 et 1894 dans le massif de Dailly, au-dessus du village, puis considérablement modernisé au XXe siècle (nouvelles tourelles d'artillerie testées dès 1960, en service jusqu'en 1994). Il fait partie du dispositif historique de la Forteresse de Saint-Maurice, verrou stratégique de l'entrée des Alpes.
Vestiges de Morcles
Vestiges antiques (à recouper). Des vestiges antiques, haches et monnaies, sont mentionnés pour le territoire de l'actuelle commune de Lavey-Morcles, sans qu'il soit possible, sur la base des sources consultées, de déterminer avec certitude s'ils proviennent du secteur de Morcles ou de celui de Lavey. Cette information devrait être recoupée par une source archéologique cantonale plus précise avant publication.
Légendes de Morcles
Le départ de la fée des Tannes de Javerne. Une légende locale, rattachée à Morcles dans un recueil de légendes des Alpes vaudoises, raconte qu'une fée des Tannes de Javerne (alpage voisin du territoire de Bex) épousa un mortel, Jean Guillat, à la condition qu'il ne lui adresse jamais trois paroles insultantes précises. Le récit veut que cette condition ait fini par être rompue, poussant la fée à quitter son époux et la vie qu'ils partageaient, sur le modèle d'autres légendes alpines d'unions entre fées et mortels. Cette légende ne provenant que d'une seule source recensée, son rattachement précis et son contenu détaillé mériteraient d'être recoupés.
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, article « Morcles »
- Dictionnaire historique de la Suisse, article « Lavey-Morcles »
- Wikipédia (français), « Morcles »
- Wikipedia (English), "Morcles"
- Commune de Lavey-Morcles, page « Historique »
- notreHistoire.ch, « La petite histoire de Morcles »
- Monde Légendaire, « Légendes des Alpes vaudoises »
- Wikipedia (English), "Fort de Dailly"
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