Vérolliez

Canton de Valais · District : Saint-Maurice · Pas de chiffre publié pour la localité ; la commune de Saint-Maurice compte 4'652 habitants (31.12.2025, chiffre provisoire OFS)
Fait partie de la commune de Saint-Maurice

Origine du nom de Vérolliez

Le lieu apparaît en 1290 dans la formule « in prato de Viroleto » (dans le pré de Viroleto), puis en 1746 sous la forme « in territorio Epauni Viroleto nuncupato » (sur le territoire d'Epaune, au lieu dit Viroleto). Le nom viendrait de « virorum fletu », « les pleurs des hommes », un lieu proche de l'abbaye où l'on pleurait les martyrs, devenu « Viroleto » au Moyen Âge puis Vérolliez. La croyance populaire y entend plutôt le « vrai lieu » du martyre.[1][2]

Fondation de Vérolliez

Vérolliez doit son existence au culte des martyrs thébains. Selon la tradition, saint Maurice et ses compagnons y furent mis à mort vers 300, dans la plaine du Rhône au sud d'Agaune. Leurs ossements furent ensuite transférés au pied de la falaise, où naquit l'abbaye, mais le lieu du supplice resta vénéré et une chapelle y fut entretenue par l'abbaye. Le site était pourtant menacé sans cesse par les crues et par le torrent du Mauvoisin. Sa force symbolique explique qu'une chapelle s'y soit toujours maintenue. Aujourd'hui, Vérolliez est aussi un quartier de la commune de Saint-Maurice.[2][3][1]

Histoire de Vérolliez

380-390. L'évêque Théodule fait transférer les ossements des soldats de la Légion thébaine de Vérolliez au pied de la falaise d'Agaune.[3]

fin du XIe siècle. D'anciennes chroniques attribuent une restauration de la chapelle au prévôt Wido, cité dans un acte de 1108.[1]

1174. L'abbé Burcard restaure à son tour la chapelle et songe à y transférer les bâtiments de l'abbaye. Une nouvelle inondation l'en dissuade.[1]

XIIIe siècle. Presque entièrement détruit par une lave du Mauvoisin, l'édifice est reconstruit. Ses murs nord servent de digue contre le torrent.[1]

1290. Aymon, évêque de Verceil, consacre la chapelle le 8 septembre, avec la confirmation de Boniface, évêque de Sion. Elle est dédiée à saint Maurice, à ses compagnons et à saint Martin, et les pèlerins y gagnent une indulgence de quarante jours.[1]

1662. Un portail est ajouté à l'initiative du chanoine François Perriard.[1]

1739. Le 10 septembre, le chapitre de l'abbaye décide de rebâtir entièrement la chapelle, dont il avait d'abord voté la restauration en 1736.[1]

1744. Devant la pierre où les malades avaient coutume de prier s'élève un portique monumental.[1]

1746. L'abbé Jean-Joseph Claret bénit la nouvelle chapelle le 9 mai. Elle est destinée aux malades venus « de toute part demander leur guérison ».[1]

1747. Le sculpteur Jean Bozzo reçoit le 2 novembre la commande d'un autel en bois.[1]

1891. Sous le prieur Revaz, la chapelle est reblanchie et reçoit une sacristie.[1]

1911-1912. Le prieur Pierre Bourban fait installer un chauffage central, un sol en mosaïque, un vitrail en œil-de-bœuf et une tribune. Le toit est refait et l'édifice exhaussé. Le Chemin de croix peint par Joseph Morand est inauguré le 1er octobre 1912.[1]

1972. Les Sœurs de saint Maurice, dont la chapelle était le sanctuaire et le lieu d'adoration perpétuelle, quittent Vérolliez. La Société des Ciments Portland achète leurs terrains.[1]

1975-1976. Les abords sont remblayés et plantés, et un parvis est créé à l'ouest de la chapelle.[1]

1982. Le 4 janvier, l'Atelier d'archéologie médiévale de Moudon ouvre un chantier de fouilles dans la chapelle, alors en restauration.[1]

Lieux historiques de Vérolliez

Chapelle des Martyrs. Elle doit sa forme actuelle à la reconstruction du XVIIIe siècle. Elle est le point d'arrivée du chemin des stèles et une étape du chemin des chapelles de Saint-Maurice.[4][5]

Pierre du martyre. Une grande dalle de pierre est fixée dans la chapelle. Les malades venaient prier devant elle.[1][2]

Parvis ouest. Il accueille jusqu'à deux mille personnes lors des veillées de la fête de saint Maurice. Les grands pèlerinages réunissent plus de 3'000 personnes.[1]

Légendes de Vérolliez

La dalle du martyre. Selon la tradition locale, saint Maurice et ses compagnons furent exécutés sur la grande dalle de pierre conservée dans la chapelle. Une pierre dressée a peut-être servi de premier mémorial du lieu et donné naissance à cette tradition.[2][5][1]

Le « vrai lieu ». Pour la croyance populaire, le nom de Vérolliez désigne le « vrai lieu » du martyre de saint Maurice.[2]

Sources

  1. Jean-Marie Theurillat, « La chapelle des Martyrs à Vérolliez : notes en cours de restauration », Echos de Saint-Maurice, t. 78, 1982, p. 226-234
  2. Saint-Maurice Tourisme, « Chapel of the Martyrs, Vérolliez »
  3. Dictionnaire historique de la Suisse, article sur l'abbaye de Saint-Maurice (n° 011411, version du 30.07.2015)
  4. Dictionnaire historique de la Suisse, « Saint-Maurice (commune) » (Gaëlle Bourguinet Eggs, version du 10.11.2021)
  5. Commune de Saint-Maurice, « Ballades agaunoises » (brochure de randonnées, 2022)
  6. Office fédéral de la statistique (OFS), STATPOP, chiffres provisoires au 31.12.2025, via citypopulation.de
  7. geo.admin.ch, recherche de lieux (coordonnées du quartier de Vérolliez)

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