
Saint-Maurice
Origine du nom de Saint-Maurice
Vers 200, une inscription mentionne la localité sous la forme « Acaun[ensis quadragesimae] Gal[liarum] ». On la connaît alors sous les noms d'« Agaune » ou d'« Acaunum ». Au XIe siècle, elle prend le nom de Saint-Maurice, en l'honneur du saint martyr. Cette forme apparaît en 1003. L'étymologie d'Acaunum n'a pas encore été expliquée.[1]
Fondation de Saint-Maurice
Saint-Maurice occupe la rive gauche du Rhône, au pied d'une falaise et en amont d'un défilé, sur la route obligée vers l'Italie par les cols valaisans. Des vestiges de l'âge du Bronze ont été trouvés au pied du rocher. À l'époque romaine, Agaune est un poste de douane où l'on perçoit le « quarantième des Gaules », un impôt d'environ 2,5 %. Un sanctuaire des eaux dédié aux Nymphes y est probable. La tradition y place le martyre de saint Maurice et de ses compagnons de la Légion thébaine. L'évêque Théodule fait bâtir une basilique en leur honneur, qui devient un lieu de pèlerinage très fréquenté. Puis Sigismond, futur roi des Burgondes, y fonde l'abbaye de Saint-Maurice et la dote de nombreux territoires. La ville se développe ensuite autour de l'abbaye et du passage du défilé. Elle comprend aujourd'hui les hameaux d'Epinassey et des Cases. Evionnaz et Vérossaz en ont fait partie, et Mex l'a rejointe.[1]
Histoire de Saint-Maurice
vers 200. Première mention de la localité, sous la forme « Acaun[ensis quadragesimae] Gal[liarum] » : Agaune est un poste de douane romain où l'on perçoit le « quarantième des Gaules ».[1]
286-310. Règne de Maximien, sous lequel la tradition place le martyre de saint Maurice et de ses compagnons de la Légion thébaine.[1]
360-370. L'évêque Théodule fait bâtir une basilique en l'honneur des martyrs. Le lieu devient un pèlerinage très fréquenté.[1]
515. Sigismond, futur roi des Burgondes, fonde l'abbaye de Saint-Maurice et la dote de nombreux territoires.[1]
523. Invasion des Francs, suivie de celle des Lombards en 574 et des Sarrasins au milieu du Xe siècle.[1]
888. Le Guelfe Rodolphe est couronné roi de Bourgogne dans l'abbaye.[1]
1003. Première mention du nom de Saint-Maurice.[1]
1034. Le Chablais passe à la Savoie. Saint-Maurice forme avec Monthey une châtellenie, dont le châtelain s'installe à Saint-Maurice vers 1300.[1]
vers 1170. Première mention des bourgeois ; au plus tard en 1275, la communauté élit deux syndics.[1]
1317. Le comte Amédée V de Savoie confirme les franchises de la ville, entourée de murailles dès le XIIIe siècle.[1]
1475. Le Bas-Valais passe sous la domination des sept dizains. Saint-Maurice est jusqu'en 1798 le centre du gouvernement du même nom.[1]
1476. Début de la construction du château qui garde le défilé, devenu frontière avec le territoire bernois. Il est achevé en 1646 avec l'extension des logis.[1]
1611. Installation des capucins, dont le couvent et la chapelle datent de 1640.[1]
1693. Un incendie ravage la ville et provoque l'explosion de la poudre stockée. Le château est partiellement détruit.[1]
1810-1814. Saint-Maurice est sous-préfecture du département français du Simplon.[1]
1822. Le Conseil d'État accorde la séparation de Vérossaz et d'Evionnaz.[1]
1831. Début de la fortification du défilé, poursuivie en 1848, 1859 et 1892. Saint-Maurice devient l'un des trois piliers du réduit national.[1]
1860. Arrivée du chemin de fer, qui fait de Saint-Maurice une importante gare de triage.[1]
1863. Ouverture de la grotte aux Fées.[1]
1995. Désaffectation des fortifications, devenues depuis un site touristique.[1]
2013. Fusion avec la commune de Mex.[1]
Population de Saint-Maurice
Sources et références : [1][2]
| 1798 | 830 |
| 1850 | 1'224 |
| 1900 | 2'162 |
| 1950 | 2'728 |
| 2000 | 3'596 |
| 2013 | 4'516 |
| 2020 | 4'515 |
| 2025 | 4'652 |
Lieux historiques de Saint-Maurice
Abbaye de Saint-Maurice. Fondée en 515 par Sigismond sur le lieu de culte des martyrs thébains, c'est l'institution religieuse la plus importante de la ville. Avec son trésor, elle attire pèlerins et touristes. Le collège qui lui est rattaché est attesté dès le Moyen Âge et lié à l'État du Valais par une convention en 1806.[1]
Église paroissiale Saint-Sigismond. Paroisse depuis le milieu du XIIe siècle au moins, elle succède à une chapelle funéraire du VIe ou du VIIe siècle dédiée à saint Jean. Le bâtiment actuel date de 1715. Morcles en dépendait jusqu'à la Réforme (1529).[1]
Château. Construit dès 1476 pour garder le défilé devenu frontière avec le territoire bernois, achevé en 1646 avec l'extension des logis, puis partiellement détruit lors de l'incendie de 1693.[1]
Pont sur le Rhône. Premier pont sur le Rhône en amont du Léman, il existe dès le XIIe siècle et permet, avec le défilé, de contrôler le commerce et de défendre la localité.[1]
Notre-Dame-du-Scex. Église accrochée à la falaise, dont l'édifice actuel date du XVIIIe siècle, sur des vestiges d'un bâtiment du VIIIe siècle.[1]
Chapelle des martyrs de Vérolliez. Chapelle dédiée aux martyrs, dont la forme actuelle remonte au XVIIIe siècle.[1]
Grotte aux Fées. Grotte ouverte au public en 1863, qui attire depuis lors les touristes avec l'abbaye et son trésor.[1]
Hôpital Saint-Jacques. Hospice fondé au Xe siècle, toujours existant.[1]
Vestiges de Saint-Maurice
Vestiges de l'âge du Bronze. Des vestiges de l'âge du Bronze ont été découverts au pied du rocher.[1]
Captage romain de la source. Le captage de la source au pied du rocher est sans doute d'époque romaine. Un sanctuaire des eaux dédié aux Nymphes est probable.[1]
Fortifications du défilé. Ouvrages construits par étapes en 1831, 1848, 1859 et 1892, qui font de Saint-Maurice l'un des trois piliers du réduit national. Désaffectés en 1995, ils sont devenus un site touristique.[1]
Légendes de Saint-Maurice
Le martyre de la Légion thébaine. Selon la tradition, saint Maurice et ses compagnons de la Légion thébaine furent martyrisés à Agaune sous le règne de Maximien (286-310). C'est en leur honneur que l'évêque Théodule fit bâtir une basilique vers 360-370 et que la localité prit au XIe siècle le nom de Saint-Maurice.[1]
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Saint-Maurice (commune) » (Gaëlle Bourguinet Eggs, version du 10.11.2021)
- Office fédéral de la statistique (OFS), STATPOP, chiffres provisoires au 31.12.2025, via citypopulation.de
- geo.admin.ch, recherche de lieux (coordonnées)
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