Pierre-Pertuis
Origine du nom de Pierre-Pertuis
Le nom vient du latin « petra pertusa », la pierre percée, d'après l'ouverture naturelle dans le rocher que traverse la route.[1]
Fondation de Pierre-Pertuis
Le col, à 815 m d'altitude (ou 827 m), s'ouvre sur le territoire de Tavannes, à la jonction des chaînes du Montoz et du Mont-Soleil. Il relie la vallée de la Suze à celle de la Birse par une voûte rocheuse naturelle. Les Romains y font passer une route venue de Petinesca, qui relie deux voies militaires, Avenches-Soleure-Augst et Besançon-Mandeure-Kembs. Ce passage a peut-être marqué la frontière entre les territoires helvète et rauraque. Il a été emprunté sans interruption jusqu'à l'ouverture du tunnel autoroutier en 1997.[1][2][3]
Histoire de Pierre-Pertuis
Seconde moitié du Ier siècle. La route romaine est construite au nord du col, large de 5 à 6 m. Une fibule, une perle en verre et une analyse au carbone 14 permettent de la dater.[2]
Vers 200. Une inscription dédiée à la puissance divine des empereurs attribue la route à Marcus Dunius Paternus, duumvir d'Aventicum. Elle se rapporterait à la réfection et à l'élargissement de la voie et de l'ouverture rocheuse (travaux placés aussi entre 161 et 169, sous Marc Aurèle).[1][3]
1179. Le col est mentionné pour la première fois.[1]
Jusqu'à la Réforme. Le col sépare les diocèses de Lausanne et de Bâle. Il marque aussi la limite entre la prévôté de Moutier-Grandval et le bailliage d'Erguël.[1]
1752. Une route passant par le col et les gorges de Court et de Moutier relie Bâle à Bienne. Elle devient une voie postale et touristique.[1]
Vers 1792. Peter Birmann grave une vue aquarellée du passage, éditée à Bâle par Christian von Mechel.[1]
1797. Avec le sud de l'évêché de Bâle, le col est rattaché à la France.[1]
1815. Le col passe au canton de Berne, qui élargit la route entre Boujean et Courtelary.[1]
1874. La ligne Sonceboz-Tavannes ouvre, avec un tunnel ferroviaire sous Pierre-Pertuis.[1]
1992-1994. Des fouilles menées pour l'autoroute entre Péry et Tavannes précisent le tracé romain. La route est recoupée et dégagée en 1993 et 1994.[2]
1997. Le tunnel autoroutier de Pierre-Pertuis ouvre, étape de l'A16 (Transjurane). Christophe Gerber publie la même année « La route romaine transjurane de Pierre Pertuis ».[1][2]
Lieux historiques de Pierre-Pertuis
Voûte et inscription romaine. L'inscription, de 159 sur 96 cm, surmonte le portail nord de la voûte rocheuse, au-dessus du passage taillé dans le roc.[1][2]
Sentier archéologique. Le site fait partie du sentier archéologique de la Transjurane romaine. Depuis Tavannes, on y monte à pied en une dizaine de minutes.[2]
Vestiges de Pierre-Pertuis
Route romaine. Le tronçon dégagé dans la vallée de la Birse, au nord du col, mesurait 5 à 6 m de large. À Pierre-Pertuis même, la route antique est remblayée.[2]
Tour forte. Au Moyen Âge, une tour forte gardait le passage. Elle a disparu.[3]
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Pierre-Pertuis » (Martin Bossert), version du 28.09.2010
- Service archéologique du canton de Berne, « La Transjurane romaine. Sentier archéologique, Jura bernois » (Christophe Gerber, 2014)
- Commune de Tavannes, « Présentation et histoire »
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