Cornaux
Origine du nom de Cornaux
La plus ancienne mention écrite du nom date de 1212, sous la forme « Curnaul », dans un acte relatif à un litige entre les premiers habitants du lieu et l'abbaye de Saint-Jean. Son étymologie n'est pas établie. Le nom a ensuite connu plusieurs graphies (Curnal, Culnau, Cornaul) avant de se fixer en « Cornaux ». Une hypothèse le rattache au roman « corte » (domaine agricole ou hameau, du latin cohors) associé au prénom germanique « Arnald » ou « Arnold », soit « le domaine d'Arnald » (à recouper). Un ancien nom allemand, « Gurnau », aujourd'hui tombé en désuétude, est également signalé (à recouper). Au XIIIe siècle, les habitants étaient appelés les « Corbonetchs » (attesté entre 1212 et 1220) ; ils sont aujourd'hui surnommés « les Chasseurs », un surnom d'origine inconnue.
Fondation de Cornaux
Aucun acte de fondation ni fondateur n'est connu pour Cornaux : le village s'est formé peu à peu, comme une communauté rurale. Son implantation a probablement été favorisée par de modestes sources, dont l'une, aujourd'hui disparue, est citée dès 1373 à l'est du territoire. L'hypothèse d'une colonie agricole romaine, appuyée sur des débris de tuiles romaines, a été avancée (à recouper). Une communauté rurale existait en tout cas au début du XIIIe siècle : entre 1212 et 1220, ses habitants sont en litige avec l'abbaye de Saint-Jean. Elle ne se constitue politiquement qu'au XVe siècle. Hormis quelques familles devenues bourgeoises de Neuchâtel au XIVe siècle, les habitants sont en majorité de condition servile jusqu'à l'affranchissement général de 1526. Cornaux fait partie de la châtellenie de Thielle jusqu'en 1848 (le village voisin de Cressier relevait, lui, de la châtellenie du Landeron). La paroisse Saint-Pierre, citée dès 1228, relevait du décanat de Soleure (diocèse de Lausanne). La commune moderne (municipalité) est créée en 1869.
Histoire de Cornaux
Hallstatt (premier âge du Fer, env. 800-450 av. J.-C.). Un groupe de tumulus hallstattiens est attesté au-dessus du lieu-dit Souaillon.
1892. Six squelettes sont exhumés dans une gravière située entre Cornaux et Cressier ; l'un porte trois bracelets en bronze à tampon et un autre un bracelet en lignite, datés de l'époque de Hallstatt.
IIe-Ier siècle av. J.-C. (La Tène finale). Un pont de bois d'environ 90 mètres, à sept palées formées chacune de trois pieux et de deux supports latéraux obliques, franchit la Thielle au lieu-dit Les Sauges. La dendrochronologie situe l'abattage des chênes utilisés à l'année 116 av. J.-C.
Époque romaine. Des trouvailles gallo-romaines isolées, dans le village et dans le lit de la Thielle, attestent une présence à l'époque romaine. Des débris de tuiles romaines ont aussi été relevés ; l'hypothèse d'une colonie agricole romaine liée à une source citée en 1373 a été avancée (à recouper).
Haut Moyen Âge. Des trouvailles mérovingiennes isolées sont également attestées, dans le village et dans le lit de la Thielle.
1212-1220. Première mention écrite du village, sous la forme « Curnaul » (1212). Les premiers habitants, alors désignés « Corbonetchs », sont documentés en litige avec l'abbaye de Saint-Jean.
1228. La paroisse de Cornaux (église Saint-Pierre) est citée pour la première fois ; elle relève du décanat de Soleure, dans le diocèse de Lausanne.
1340. Construction du Temple, dédié à saint Pierre.
XVe siècle. La communauté rurale de Cornaux s'organise politiquement.
1500. Claude Layderrier et Guillauma Marchandet financent la construction de la Chapelle Clottu, accolée au Temple.
1526. Affranchissement général des habitants : jusque-là, hormis quelques familles devenues bourgeoises de Neuchâtel au XIVe siècle, la majorité était de condition servile.
1532. À la Réforme, les protestants d'Enges sont rattachés à la paroisse de Cornaux.
1743-1746. Premières armoiries du village, commandées par des notables locaux : celles de 1743 (Abraham Clottu et Abraham Charles) sont taillées dans la pierre du linteau de la porte d'entrée de la forge, rue des Fontaines, où elles sont toujours visibles ; celles de 1746 (Jean-Pierre Clottu et Abraham Junod) ne sont conservées nulle part à Cornaux, mais gravées sur deux bidons à vin d'étain (semaises) aujourd'hui au Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel.
1770. Construction de l'Hôtel du Soleil.
1775. Le roi de Prusse Frédéric II, alors souverain de Neuchâtel, autorise la transformation de l'Hôtel du Soleil en cabaret et hôtel.
1806-1814. Sous le prince Berthier, souverain de Neuchâtel durant la période napoléonienne, l'Hôtel du Soleil devient le siège de la justice de la châtellenie.
jusqu'en 1848. Cornaux fait partie de la châtellenie de Thielle.
1869. Création de la municipalité de Cornaux.
13 décembre 1890. Adoption des armoiries modernes de la commune : « d'azur au soleil d'or accompagné en chef de deux trèfles d'argent ».
1895. Agrandissement de la nef du Temple d'environ 50 %, avec ajout de galeries.
1937. Construction d'un orgue dans le Temple.
1964. La deuxième correction des eaux du Jura permet d'assécher les abords de la Thielle et d'y implanter l'industrie lourde ; la viticulture et l'agriculture avaient dominé l'économie jusqu'au milieu du XXe siècle.
1965-1966. Lors de la deuxième correction des eaux du Jura, des fouilles mettent au jour au lieu-dit Les Sauges les vestiges effondrés du pont de bois de La Tène finale, sous lequel gisaient une vingtaine de squelettes humains ainsi que des restes de bétail, accompagnés d'épées, pointes de lances, outils, fibules, mors, monnaies et récipients, aujourd'hui conservés au Laténium (Musée d'archéologie de Hauterive).
1966. Mise en service de la cimenterie Juracime, qui exploite le calcaire du Bois Jacques. Cornaux abrite aussi la gare de triage de la raffinerie de Cressier, ouverte la même année.
1978. Restauration profonde du Temple, qui révèle des vestiges de crépi et de décorations sacrées du XVe siècle.
1979. Installation d'un nouvel orgue dans le Temple.
1er janvier 2018. Le district de Neuchâtel, dont dépendait administrativement Cornaux, est aboli avec la suppression des districts dans le canton.
Population de Cornaux
| 1750 | 308 |
| 1850 | 459 |
| 1900 | 522 |
| 1950 | 405 |
| 1990 | 1'545 |
| 2000 | 1'473 |
| 2022 | 1'635 |
| 2025 | 1'681 |
Lieux historiques de Cornaux
Le Temple. Édifice religieux principal du village, construit en 1340 et dédié à saint Pierre. Il est enrichi en 1500 par la Chapelle Clottu, financée par Claude Layderrier et Guillauma Marchandet. Sa nef est agrandie d'environ 50 % en 1895. Une restauration profonde menée en 1978 met au jour du crépi et des reliquats de décorations sacrées du XVe siècle. Il abrite un orgue construit en 1937, remplacé en 1979.
L'Hôtel du Soleil. Construit en 1770, cet édifice reçoit en 1775 l'autorisation royale (Frédéric II, roi de Prusse et souverain de Neuchâtel) de fonctionner comme cabaret et hôtel. Il sert aussi de maison de commune, puis, sous le prince Berthier (1806-1814), de siège de la justice de la châtellenie.
Domaine et jardin du château de Souaillon. Habitation et grange édifiées à partir de 1718 pour Pierre Chambrier, entre Cornaux et Saint-Blaise. Le domaine s'enrichit progressivement d'un jardin à la française à trois terrasses superposées, orné de deux fontaines néoclassiques. Après un incendie, James-Ferdinand de Pury modernise la propriété : reconstruction de la grange, des écuries et d'une serre en 1880, puis agrandissement de la maison de maître en 1882. Le jardin du château de Souaillon figure à l'Inventaire suisse des biens culturels d'importance nationale et régionale.
Vieilles demeures du village. Plusieurs maisons du centre du village datent du XVIe siècle, témoins de l'ancienneté du noyau villageois.
Ensemble de la Vieille Thielle. Ensemble archéologique regroupant des sites néolithiques et romains le long de l'ancien lit de la Thielle (avant sa correction), inscrit à l'Inventaire suisse des biens culturels d'importance nationale et régionale sous la catégorie « archéologie ».
Vestiges de Cornaux
Pont de bois celtique des Sauges. Mis au jour en 1965-1966 lors de la deuxième correction des eaux du Jura, ce pont de bois d'environ 90 mètres, à sept palées, franchissait la Thielle aux IIe et Ier siècles av. J.-C. (La Tène finale). La dendrochronologie date l'abattage des chênes de l'année 116 av. J.-C. Sous l'ouvrage effondré gisaient une vingtaine de squelettes humains, dont certains contenaient encore leur cerveau, ainsi que du bétail, avec un mobilier de La Tène finale (épées, pointes de lances, outils, fibules, mors, monnaies, récipients en céramique), aujourd'hui conservé au Laténium (Musée d'archéologie de Hauterive). Cette découverte a valu à Cornaux une renommée dans le monde de l'archéologie celtique.
Tumulus hallstattiens de Souaillon. Un groupe de tumulus datant du premier âge du Fer (époque de Hallstatt, env. 800-450 av. J.-C.) est attesté au-dessus du lieu-dit Souaillon.
Sépultures de 1892 à la limite de Cressier. Six squelettes ont été exhumés en 1892 dans une gravière située entre Cornaux et Cressier ; l'un portait trois bracelets en bronze à tampon, un autre un bracelet en lignite, datés de l'époque de Hallstatt.
Trouvailles gallo-romaines et mérovingiennes dispersées. Des trouvailles gallo-romaines et mérovingiennes isolées ont été faites dans le village et dans le lit de la Thielle. Des débris de tuiles romaines ont par ailleurs été relevés près d'une source aujourd'hui disparue ; l'hypothèse d'une occupation agricole romaine qui s'y rattache reste à confirmer (à recouper).
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, article « Cornaux »
- Dictionnaire historique de la Suisse, article « Cressier (NE) »
- Commune de Cornaux, Histoire de la commune (page officielle)
- Commune de Cornaux, document historique officiel (Meier)
- Commune de Cornaux, La commune en bref
- Wikipédia FR, « Cornaux »
- Wikipédia EN, « Cornaux »
- Wikipédia FR, « Liste des biens culturels d'importance nationale dans le canton de Neuchâtel »
- État de Neuchâtel, arrêté du 4 février 2026 homologuant le recensement cantonal de la population au 31 décembre 2025
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