Etoy

Canton de Vaud · District : Morges · Environ 2'900 habitants (2'913 au 31 décembre 2023, 2'931 un an plus tôt selon une autre compilation ; les deux chiffres se recoupent à quelques dizaines d'habitants près, ce qui est normal pour une commune de cette taille).

Origine du nom d'Etoy

Le nom d'Etoy est attesté par écrit dès 1145, sous la forme Stuie, dans un acte où intervient un certain Ulrich de Stuie au nom du prieuré local, déjà existant à cette date. Les graphies se succèdent ensuite au fil des siècles : Estui (1167), Stoy (1177, dans la bulle où le pape reconnaît la « Cella de Stoi »), Estue (1215), Estuve (1228), Estuy (1269), Estuez (1349), Stuez (1379) puis Estuey (1430), avant que l'orthographe ne se stabilise avec le temps sur Etoy. L'hypothèse retenue pour l'étymologie fait dériver ce nom de l'ancien français estui, qui désigne un lieu où l'on range ou entrepose quelque chose ; on ignore en revanche ce qui était précisément entreposé, ou si le mot renvoyait à un bâtiment, une fonction ou un usage plus général. On croise parfois, dans des textes plus récents ou dans l'usage courant, la graphie accentuée Étoy, mais le nom officiel de la commune, tel qu'il figure dans les registres administratifs et les documents officiels, reste Etoy sans accent. En patois vaudois, le village se nomme Etiai ou Ètyè. Ses habitants sont appelés les Etierruz, un gentilé qui coexiste avec un surnom collectif plus imagé, les Écureuils (« lè z'Etiâiru » en patois). L'origine précise de ce sobriquet animalier n'a pas pu être établie avec certitude dans les sources consultées ; il est en tout cas suffisamment enraciné dans la mémoire locale pour avoir inspiré, en 1920, une partie des armoiries communales, qui associent un écureuil de sable aux clés d'or héritées du passé religieux du village.

Fondation d'Etoy

Etoy ne doit pas son existence à un acte de fondation daté ni à la volonté d'un seul seigneur. Le nom du lieu apparaît pour la première fois dans les textes en 1145 à propos d'un prieuré déjà en place, ce qui laisse supposer que l'habitat s'était formé plus tôt encore, autour de ce petit établissement religieux et du domaine agricole qui l'entourait, sur les terres basses au bord du Léman. Les origines de ce prieuré restent débattues : certains l'attribuent aux sires d'Aubonne, d'autres plutôt à la famille des chevaliers d'Hauteville, dont un membre, Pierre d'Hauteville, confirme en 1206 « toutes les donations faites par ses ancêtres à cette maison d'Etoy », ce qui témoigne en tout cas d'un lien ancien et durable entre cette famille et l'établissement. En 1177, le pape Alexandre III reconnaît formellement la « Cella de Stoi » comme possession de la congrégation du Grand-Saint-Bernard, c'est-à-dire des chanoines réguliers rattachés à l'hospice du col ; au XVIe siècle encore, le prieuré est administré directement par le prévôt du Mont-Joux, ancien nom de ce col alpin. C'est de cette filiation que viennent les clés d'or sur fond d'azur des armoiries communales, reprises de celles de Bourg-Saint-Pierre, siège de la prévôté du Grand-Saint-Bernard. Le village s'est donc développé, tout au long du Moyen Âge, comme une dépendance rurale et religieuse tournée vers le lac plutôt que comme une création seigneuriale classique bâtie autour d'un château. Ce n'est qu'avec la Réforme et la conquête bernoise de 1536 que le prieuré est sécularisé ; un château est alors édifié sur son emplacement, dont la silhouette actuelle, remaniée, date pour l'essentiel du XVIIIe siècle. Une hypothèse plus ancienne encore, avancée par certains ouvrages mais qu'on n'a pas pu recouper de façon indépendante, voudrait que des chapelains aient déjà desservi une paroisse à cet endroit dès le milieu du IXe siècle ; ce point reste à vérifier plutôt qu'à tenir pour acquis.

Histoire d'Etoy

IXe siècle (hypothèse). Selon une hypothèse rencontrée dans certains ouvrages, mais qui n'a pas pu être confirmée de façon indépendante, des chapelains desserviraient déjà une paroisse à Etoy dès le milieu du IXe siècle. À prendre avec prudence en l'absence de recoupement solide.

1145. Première mention écrite connue du lieu, sous la forme Stuie, dans un acte où intervient Ulrich de Stuie au nom d'un prieuré déjà existant.

1167. Le nom apparaît sous la forme Estui.

1177. Le pape Alexandre III reconnaît la « Cella de Stoi » comme possession de la congrégation du Grand-Saint-Bernard.

1206. Pierre d'Hauteville confirme les donations faites par ses ancêtres à la maison d'Etoy, un des indices utilisés pour discuter des origines du prieuré.

1215. Le village est mentionné sous la forme Estue.

1228. Nouvelle graphie attestée : Estuve.

1269. Le nom s'écrit Estuy.

1349. Graphie Estuez.

1379. Graphie Stuez.

1430. Graphie Estuey, dernière variante notable avant la stabilisation progressive de l'orthographe sur Etoy.

1536. La conquête bernoise du Pays de Vaud entraîne la sécularisation du prieuré. Un château est édifié sur son ancien emplacement.

1701. Sous administration bernoise, Etoy est rattaché au bailliage d'Aubonne.

1798-1803. Pendant la République helvétique, Etoy relève d'abord du district d'Aubonne, dans le canton du Léman.

1803. À l'entrée en vigueur de l'Acte de Médiation, Etoy est réorganisé et rattaché au district de Morges, où il restera durablement, et non au district d'Aubonne comme on pourrait le penser à première vue : le passage par Aubonne, quelques années plus tôt, n'aura été que transitoire.

1850. La commune compte 474 habitants.

14 avril 1858. La ligne de chemin de fer Morges-Coppet, tronçon de la ligne Lausanne-Genève, est mise en service et dessert Etoy d'une gare.

1872. Fondation à Etoy de l'Espérance, institution médico-éducative destinée à l'accueil de personnes en situation de handicap, par Auguste Buchet.

1900. La commune compte 663 habitants.

1920. Les armoiries communales, associant les clés d'or du passé religieux et l'écureuil du surnom local, sont officiellement adoptées.

1980. La commune compte 891 habitants.

1984. La population franchit le seuil des 1'000 habitants.

1998. La population franchit le seuil des 2'000 habitants, signe d'une croissance résidentielle rapide sur une quinzaine d'années.

31 août 2006. Réforme des districts vaudois : l'ancien district de Morges, auquel Etoy appartenait depuis 1803, fusionne avec les anciens districts d'Aubonne, de Cossonay et de Rolle pour former le nouveau et plus vaste district de Morges.

2009. L'entreprise Chiquita Brands International installe à Etoy l'un de ses deux sièges mondiaux.

2022. La commune compte 2'931 habitants selon une compilation statistique.

2023. La commune compte 2'913 habitants, une légère fluctuation par rapport à l'année précédente plutôt qu'une rupture de tendance.

Population d'Etoy

Population d'Etoy
1850474
1900663
1980891
19841'000
19982'000
20222'931
20232'913

Lieux historiques d'Etoy

Château d'Etoy. Bâti au XVIe siècle sur l'emplacement de l'ancien prieuré du Grand-Saint-Bernard, sécularisé après la conquête bernoise, le château a été remanié à plusieurs reprises et doit l'essentiel de sa silhouette actuelle au XVIIIe siècle. Il a notamment accueilli, pendant plus de cinquante ans, la famille de l'écrivain genevois Guy de Pourtalès. Il reste aujourd'hui un lieu de vie culturelle, accueillant concerts et manifestations, et abrite toujours des vestiges de son origine religieuse dans son organisation générale.

Église Saint-Nicolas. L'édifice actuel conserve pour une bonne part des éléments remontant au XIIIe siècle, avec des remaniements ultérieurs liés notamment à la Réforme. Son arc triomphal, du XIIe siècle, est antérieur au reste du bâtiment visible aujourd'hui. Le clocher, massif, correspond à une ancienne tour de défense reconvertie en clocher ; il porte une cloche datée de 1630.

Hameau de la Romanèche. Ce hameau conserve une image bâtie caractéristique, avec des maisons rurales, à vocation agricole et viticole, remontant pour certaines aux XVIIe-XIXe siècles. L'ensemble du village d'Etoy, Romanèche comprise, figure à l'Inventaire fédéral des sites construits d'importance nationale à protéger en Suisse.

L'Espérance. Fondée en 1872 par Auguste Buchet, cette institution médico-éducative destinée à l'accueil de personnes en situation de handicap occupe un vaste site au nord du village. Elle constitue, avec le château et l'église, l'un des repères historiques les plus marquants de la commune, bien qu'à vocation sociale plutôt que patrimoniale au sens strict.

Gare d'Etoy. Mise en service le 14 avril 1858 avec l'ouverture du tronçon Morges-Coppet de la ligne Lausanne-Genève, la gare d'Etoy a contribué, comme dans beaucoup de communes riveraines du Léman, à l'essor résidentiel et économique du village au cours du XXe siècle.

Vestiges d'Etoy

Vestiges du prieuré médiéval. Le prieuré fondé au plus tard au XIIe siècle, rattaché à la congrégation du Grand-Saint-Bernard, n'existe plus en tant que tel depuis sa sécularisation en 1536 : le château actuel a été bâti sur son emplacement et en a vraisemblablement intégré une partie des structures. Aucune fouille archéologique documentée sur ce site précis n'a été retrouvée dans les sources consultées ; ce qui subsiste du bâtiment religieux original tient donc davantage de la trace indirecte, dans l'implantation et l'organisation du château, que d'un vestige visible et clairement identifié comme tel.

Arc triomphal du XIIe siècle. Conservé dans l'église Saint-Nicolas malgré les remaniements postérieurs du bâtiment, cet arc triomphal roman constitue l'élément architectural le plus ancien identifié avec certitude sur le territoire du village.

Ancienne tuilerie et quai. Une ancienne tuilerie a fonctionné à Etoy, qui comptait parmi les premiers centres de fabrication de tuiles du canton de Vaud ; une allée de marronniers en marquerait encore aujourd'hui le tracé jusqu'à un quai sur le lac. Ce détail provient d'une seule source consultée et n'a pas pu être recoupé de façon indépendante ; il est mentionné ici avec cette réserve plutôt que comme un fait pleinement établi.

Sources

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