Grotte de Sainte-Colombe

Site Canton de Jura · District : Delémont · Site non habité (commune de Haute-Sorne)
Fait partie de la commune de Haute-Sorne
Vue de Grotte de Sainte-Colombe
Photo : Roland Zumbuehl, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

Origine du nom de Grotte de Sainte-Colombe

La grotte porte le nom de sainte Colombe, à qui elle est dédiée et qui, selon la tradition, y aurait séjourné. Auguste Quiquerez la nomme « Baume de Ste-Colombe » en 1871. On ignore pourquoi elle lui a été dédiée : l'hagiographie de sainte Colombe, martyre à Sens, s'accorde mal avec un séjour dans le Jura.[1][3][4]

Fondation de Grotte de Sainte-Colombe

La grotte est une cavité karstique naturelle, formée d'une seule salle d'environ 30 m de long, 26 m de large et 7 m de haut, à 531 m d'altitude, ouverte par un vaste porche. Les hommes s'en sont d'abord servis comme abri sous roche, surtout au Bronze moyen. Elle est ensuite devenue un lieu de culte chrétien, mentionné dans des documents ecclésiastiques dès le XIIIe siècle. Ce culte dériverait probablement de la christianisation d'un ancien lieu de culte païen consacré à l'eau. Le pèlerinage a été aménagé à la fin du XVIIIe siècle. La grotte s'ouvre sur la rive gauche de la Sorne, dans les gorges au nord d'Undervelier, entre le village et le hameau des Forges, au bord de la route qui relie le bassin de Delémont à Bellelay par les gorges du Pichoux. L'ancienne commune d'Undervelier fait partie de Haute-Sorne depuis le 1er janvier 2013.[1][2][3][4]

Histoire de Grotte de Sainte-Colombe

Néolithique. Des ossements et des silex taillés attestent une présence humaine à l'âge de la Pierre.[3][4]

Âge du Bronze moyen. Principale occupation de la grotte, utilisée comme abri sous roche. De la céramique du Bronze final y a aussi été retrouvée.[1][2][4]

Époque romaine et bas Moyen Âge. Occupation secondaire de la grotte (céramique gallo-romaine).[1]

XIIIe siècle. Le lieu de pèlerinage chrétien est mentionné dans des documents ecclésiastiques.[1]

1782-1794. Le prince-évêque de Bâle François-Joseph Sigismond de Roggenbach encourage l'aménagement de la grotte en lieu de pèlerinage.[2][3][4]

1868. Auguste Quiquerez y pratique un petit sondage : cendres, charbons, tessons qu'il attribue à l'âge de la Pierre et os fendus, matériel perdu depuis.[1]

1871. Quiquerez publie « La Baume de Ste-Colombe » dans le Musée neuchâtelois.[1]

vers 1900. La grotte prend son aspect actuel.[3][4]

1933. La paroisse rétablit le pèlerinage annuel de la « bonne fontaine ».[3]

1942. L'ADIJ reprend les recherches : L. Lièvre dirige des tranchées sous la supervision scientifique de Frédéric-Édouard Koby. Les dépôts, perturbés par des travaux et par l'eau, livrent une centaine de tessons, des objets en fer et de nombreux ossements.[1]

1943. Koby et Lièvre publient « Les cavernes du Jura : Ste-Colombe ».[1]

1994. M. Schenardi étudie le mobilier de l'âge du Bronze et conclut à une occupation vers le milieu du Bronze moyen.[1]

Lieux historiques de Grotte de Sainte-Colombe

Grotte-chapelle. Lieu de culte aménagé dans la grande salle de la grotte, derrière un vaste porche, avec une croix à l'entrée. Chaque 15 août, un pèlerinage y est organisé. L'accès est libre et gratuit.[1][3][4]

Vestiges de Grotte de Sainte-Colombe

Mobilier archéologique. Les fouilles ont livré surtout de la céramique de l'âge du Bronze moyen et final (environ 1500 à 1000 av. J.-C.), ainsi que des silex taillés, des ossements d'animaux (castor, élan, bouquetin), des objets en fer et de la céramique gallo-romaine et médiévale. Les collections sont déposées au Musée jurassien des sciences naturelles, à Porrentruy.[1][4]

Légendes de Grotte de Sainte-Colombe

Sainte Colombe et l'ours. Selon la légende, sainte Colombe, jeune princesse d'Espagne réfugiée dans les montagnes du Jura, aurait séjourné dans la grotte, où elle venait chercher de l'eau sous la protection d'un ours. Une tradition locale lui attribue aussi un séjour dans une grotte du même nom à Frenois, au-dessus de Soulce.[3][4]

La bonne fontaine. L'eau qui tombe goutte à goutte au pied d'une stalagmite passe pour bienfaisante : des malades viennent y chercher la guérison et des mères y amènent leurs enfants chétifs. Les traditions locales rapportent des guérisons d'enfants à la source, près de la croix de l'entrée.[1][4]

Sources

  1. Office de la culture du Jura, Section d'archéologie et paléontologie, « Undervelier, grotte Sainte-Colombe »
  2. Dictionnaire historique de la Suisse, « Undervelier »
  3. Inventaire fédéral des sites construits (ISOS), « Cluses d'Undervelier »
  4. Showcaves.com, « Grotte église de Sainte-Colombe »
  5. Office fédéral de topographie swisstopo, map.geo.admin.ch

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