
Porrentruy
Origine du nom de Porrentruy
Le nom apparaît en 1136 sous la forme « Purrentru ». En allemand, la ville s'appelle « Pruntrut ». Le nom reste inexpliqué.[1]
Fondation de Porrentruy
Le site est fréquenté dès le Mésolithique. À l'époque romaine, un habitat gallo-romain occupe déjà l'emplacement de la future ville, le long de la voie qui relie Augst à Mandeure par la vallée de l'Allaine. Au haut Moyen Âge, une première agglomération se forme autour de l'église Saint-Germain. La ville elle-même est l'œuvre des comtes de Ferrette. Pour en faire le chef-lieu de leur seigneurie d'Ajoie, ils y bâtissent un château sur un site facile à fortifier. Un bourg grandit à son pied (l'actuel faubourg de France), un autre sur la colline au sud, et des remparts les réunissent. Porrentruy passe ensuite à l'évêque de Bâle. Le comte de Montbéliard, qui la tient en gage, doit céder devant l'armée de l'empereur Rodolphe de Habsbourg, et la ville reçoit alors ses franchises impériales.[1]
Histoire de Porrentruy
Mésolithique. Un outillage retrouvé dans la cour arrière de l'Hôtel-Dieu est le plus ancien indice de présence humaine.[1]
Ier siècle. Une voie romaine avec relais, reliant Augst à Mandeure (Epomanduodurum), traverse le territoire. Un habitat gallo-romain occupe le site de la future ville.[1]
Xe-XIe siècles. Construction dont les vestiges carbonisés ont été retrouvés dans la cour de l'Hôtel-Dieu. Premier édifice de l'église Saint-Germain au XIe siècle.[1]
1136. Première mention : « Purrentru ».[1]
1140. L'église Saint-Germain, autour de laquelle s'est formée la première agglomération, est citée. L'archevêque de Besançon en est le collateur jusqu'en 1781.[1]
1236. Les comtes de Ferrette, fondateurs du château et de la ville, engagent Porrentruy au comte de Montbéliard.[1]
1281. Les Ferrette cèdent leurs droits sur l'Ajoie à l'évêque de Bâle.[1]
1283. Après un siège de six semaines par l'armée impériale, le comte de Montbéliard se soumet. Le 20 avril, l'empereur accorde à la ville une lettre de franchises reprenant les droits de Colmar et instituant un marché le jeudi.[1]
1321-1333. Construction de l'église Saint-Pierre, qui ne devient paroissiale qu'en 1475.[1]
1386-1461. La ville et l'Ajoie sont de nouveau engagées aux comtes de Montbéliard, qui confirment les franchises.[1]
1406. Fondation de l'hôpital, remplacé au XVIIIe siècle par l'actuel Hôtel-Dieu.[1]
1528. Le prince-évêque de Bâle et sa cour s'installent à Porrentruy, qui reste leur résidence jusqu'en 1792.[1]
1555-1580. La Réforme connaît un succès partiel, brisé par le prince-évêque Jacques Christophe Blarer de Wartensee.[1]
1591. Blarer implante un collège de jésuites et fait venir un imprimeur. Suivront les ursulines (1619), les annonciades (1646) et les capucins (1663).[1]
1730-1740. Les « Troubles » : la bourgeoisie, menée par Jean Georges Bruat et Pierre François Choullat, s'oppose au prince et est sévèrement réprimée.[1]
1792. Le 27 avril, les troupes françaises chassent le prince-évêque. En 1793, Porrentruy devient chef-lieu du département du Mont-Terrible, puis sous-préfecture du Haut-Rhin de 1800 à 1814.[1]
1815. Réunion au canton de Berne. Porrentruy est chef-lieu de bailliage, puis de district à partir de 1831.[1]
1842. Création d'un atelier d'apprentissage horloger. Une soixantaine d'entreprises horlogères vers 1870 et une école d'horlogerie en 1884.[1]
1872. Ouverture de la ligne de chemin de fer vers Delle, puis vers Delémont en 1877 et Bonfol en 1901.[1]
1979. Entrée dans la République et Canton du Jura. La ville accueille plusieurs institutions cantonales, dont le lycée cantonal.[1]
1988. Porrentruy reçoit le prix Wakker de Patrimoine suisse.[7]
1998. L'autoroute A16 (Transjurane) relie Porrentruy à Delémont.[1]
Population de Porrentruy
Sources et références : [1]
| 1380 | 1'400 (estimation) |
| vers 1480 | 1'000 (estimation) |
| vers 1540 | 1'600 (estimation) |
| 1770 | 2'408 |
| 1809 | 2'355 |
| 1818 | 1'896 |
| 1850 | 2'280 |
| 1900 | 6'959 |
| 1950 | 6'523 |
| 2000 | 6'753 |
| 2010 | 6'687 |
| 2025 | 6'597 |
Lieux historiques de Porrentruy
Château de Porrentruy. Ensemble de constructions élevées du XIIIe au début du XVIIIe siècle, qui domine la ville au nord. Bâti par les comtes de Ferrette, il fut la résidence des princes-évêques de Bâle de 1528 à 1792. Sa tour Réfous, ronde, haute d'environ 32 m et datée d'environ 1271, en est la plus ancienne partie conservée. Bien culturel d'importance nationale.[1][4]
Église Saint-Pierre. Construite entre 1321 et 1333, devenue paroissiale en 1475. La chapelle Saint-Michel, gothique, y fut ajoutée entre 1450 et 1487.[1]
Église Saint-Germain. Premier sanctuaire au XIe siècle, reconstruit au début du XIIIe siècle. Restée hors des remparts, elle marque le noyau de la première agglomération.[1]
Collège des jésuites et église de l'Assomption. Collège fondé en 1591 par le prince-évêque Blarer. Il abrita plus tard un grand séminaire (1716) et une faculté de théologie (1760). Bien culturel d'importance nationale.[1][4]
Hôtel de ville, Hôtel-Dieu et hôtel des Halles. Trois édifices du XVIIIe siècle dus à l'architecte Pierre-François Paris. L'Hôtel-Dieu, ancien hôpital, abrite aujourd'hui un musée.[1]
Hôtel de Gléresse. Demeure aristocratique de la ville des princes-évêques, siège des archives de l'ancien évêché de Bâle.[1][4]
Fontaines du Banneret et de la Samaritaine. Fontaines de style Renaissance érigées vers 1560.[1]
Porte de France. Des cinq portes que comptait la ville jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, seules subsistent les deux du faubourg de France.[1]
Chapelle Notre-Dame-de-Lorette. Chapelle construite vers 1650, lieu de pèlerinage.[1]
Vestiges de Porrentruy
Voie romaine. Voie du Ier siècle apr. J.-C. avec relais, fouillée sur plus d'un kilomètre en direction d'Alle. Elle reliait Augst à Mandeure par l'Alsace et la vallée de l'Allaine, avec un embranchement vers Besançon par Damvant.[1]
Fanum d'En Solier. Petit temple gallo-romain repéré en 1983 au lieu-dit En Solier.[1][4]
Remparts. Enceinte probablement antérieure à 1283, qui réunissait le bourg du château et celui de la colline mais laissait l'église Saint-Germain hors les murs.[1]
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Porrentruy (commune) » (François Kohler), version du 19.05.2020
- Statistique Jura, tableau JU-T.01.01.03, population résidante permanente au 31 décembre 2025
- geo.admin.ch (swisstopo), recherche de lieux « Porrentruy »
- Office fédéral de la protection de la population (OFPP), Inventaire PBC, liste cantonale du canton du Jura (état au 1.1.2026)
- Inventaire PBC (OFPP), fiche KGS 03567 « Château (Porrentruy) », texte de la Société d'histoire de l'art en Suisse (Guide artistique de la Suisse)
- Inventaire PBC (OFPP), fiche KGS 03568 « Lycée cantonal, ancien collège des Jésuites (Porrentruy) », texte de la Société d'histoire de l'art en Suisse
- Patrimoine suisse (Schweizer Heimatschutz), « Wakkerpreis », liste des lauréats
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