Armoiries de Saint-Ursanne

Saint-Ursanne

Canton de Jura · District : Porrentruy · 688 habitants (2008, ancienne commune de Saint-Ursanne, dernier chiffre avant la fusion)
Fait partie de la commune de Clos du Doubs
Vue de Saint-Ursanne
Photo : chrisaliv, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons · Armoiries : CC BY-SA 3.0

Origine du nom de Saint-Ursanne

Le nom apparaît en 1139 sous la forme « Sancti Ursicini ». Il vient de l'ermite Ursicinus (Ursanne), sur la tombe duquel s'est formé le centre religieux. En allemand, la ville s'appelait autrefois St. Ursitz.[1]

Fondation de Saint-Ursanne

La ville est née de la tombe de l'ermite Ursicinus, mort vers 610. La tradition en fait un compagnon de saint Colomban, ce qui n'est pas établi. Un monastère se développa sur sa tombe, puis la localité devint un centre religieux régional et, avant 1210, le chef-lieu de la prévôté de Saint-Ursanne, qui couvrait le Clos du Doubs. Le bourg se forma sur la rive droite du Doubs, autour de la collégiale construite du XIIe au XVe siècle, et resta soumis au chapitre. Ceint de murailles au XIVe siècle, il n'obtint jamais de véritables franchises. C'est la taxe sur le vin accordée par l'évêque de Bâle pour payer les fortifications qui en fit une vraie ville, dirigée par un conseil et un bourgmestre sous la tutelle du bailli épiscopal.[1]

Histoire de Saint-Ursanne

Mésolithique-âge du Bronze. Présence humaine attestée par des trouvailles au lieu-dit Les Grippons.[1]

Vers 610. Mort de l'ermite Ursicinus, vers 610 ou en 620. Le centre religieux se développe sur sa tombe.[1][2]

849. Un diplôme de l'empereur Lothaire (25 août) mentionne la cella de Saint-Ursanne, première mention écrite du monastère.[3]

1139. Mention sous la forme « Sancti Ursicini ».[1]

1210. L'évêque de Bâle Lütold de Röteln reconnaît les privilèges de la prévôté de Saint-Ursanne.[3]

Début du XIIIe siècle. Une foire annuelle se tient à Saint-Ursanne.[1]

Vers 1330. Construction d'une forteresse épiscopale sur le rocher dominant la ville.[1]

1356. Le tremblement de terre de Bâle aurait endommagé la ville et le clocher de la collégiale.

1376-1426. La prévôté est engagée successivement à Jean de Vienne, à la ville de Bâle et aux seigneurs de Neuchâtel en Bourgogne. La ville conserve les droits acquis durant cette période.[1]

1378. L'évêque de Bâle accorde une taxe sur le vin pour financer les fortifications : Saint-Ursanne devient une vraie ville.[1]

XVe siècle. Deux foires annuelles ; le renforcement du pouvoir des princes-évêques bloque l'émancipation des bourgeois.[1]

1618-1648. La guerre de Trente Ans ruine la ville.[1]

1728-1729. Construction du pont de pierre à quatre arches sur le Doubs.

1793. Suppression du chapitre ; Saint-Ursanne perd son rôle de chef-lieu de la prévôté.[1][2]

1793-1814. La ville appartient au département du Mont-Terrible (1793-1800), puis du Haut-Rhin (1800-1814).[1]

1803. L'ancienne collégiale devient église paroissiale.[1]

1815-1978. Saint-Ursanne fait partie du canton de Berne, dans le bailliage puis le district de Porrentruy.[1]

1831. La ville rejette la nouvelle Constitution bernoise pour protester contre le refus de créer un district de Saint-Ursanne dans les limites de l'ancienne prévôté.[1]

1861. Fermeture des fonderies de Bellefontaine.[1]

1876. Percement du tunnel ferroviaire Saint-Ursanne-Courgenay. Métallurgie et fours à chaux s'implantent ensuite.[1]

1977. Le 3 février, l'Assemblée constituante, réunie à Saint-Ursanne, accepte le projet de Constitution de la République et Canton du Jura.[3]

1986. La ville est inscrite à l'Inventaire des sites construits à protéger.[1]

1993. Fermeture des fours à chaux.[1]

2009. Le 1er janvier, Saint-Ursanne fusionne avec Epauvillers, Epiquerez, Montenol, Montmelon, Ocourt et Seleute dans la commune de Clos du Doubs.[1]

2023. Le 19 octobre, l'Organisation mondiale du tourisme distingue Saint-Ursanne, avec Morcote, parmi les « Best Tourism Villages ».[9]

Population de Saint-Ursanne

Sources et références : [1]

Population de Saint-Ursanne
1797666
1850726
1900828
19501'277
2000769
2008688

Lieux historiques de Saint-Ursanne

Collégiale. Église romane autour de laquelle s'est formée la ville : chœur, abside et crypte construits entre le dernier quart du XIIe siècle et 1210, nef vers 1200, voûtes de 1259 à 1307, modifications au XIVe siècle. Son portail sud, de la fin du XIIe siècle, est le plus important portail roman de style bourguignon de Suisse. Église du chapitre jusqu'en 1793, elle est devenue église paroissiale en 1803. Avec le cloître et l'ancienne église Saint-Pierre, bien culturel d'importance nationale.[2][5]

Cloître. Cloître reconstruit vers 1380, aux arcades géminées et brisées, la plupart trilobées, sous lequel ont été trouvés des vestiges des VIIe-Xe siècles.[1]

Ermitage de Saint-Ursanne. Chapelle accrochée à la falaise, à côté de la grotte où l'ermite aurait vécu selon la tradition. On y monte par un escalier d'environ 190 marches. Inscrite en 1998 au catalogue des monuments protégés, elle est un bien culturel d'importance régionale. Son mobilier daterait des XVIIe et XVIIIe siècles.[4][5]

Pont Saint-Jean. Pont de pierre à quatre arches construit en 1728-1729 par le maître maçon Brunet, sur des plans de l'avocat Humbert, à la place d'un pont en bois des années 1670 ; bien culturel d'importance nationale. La statue de saint Jean Népomucène (1731), don de Jean Münch de Münchenstein, est une copie de 1973. L'original est au Musée lapidaire.[5][10]

Portes de la ville. Les trois portes de la ville sont conservées : Saint-Pierre à l'est (clocheton qui serait de 1665), Saint-Paul à l'ouest (qui aurait été reconstruite en 1664) et Saint-Jean au sud, vers le pont. Avec l'enceinte et la tour de défense, les portes forment un bien culturel d'importance nationale.[5][10]

Vieille ville. Centre médiéval aux nombreux bâtiments du gothique tardif, dont d'anciennes maisons de chanoines, avec l'hôtel de ville et une fontaine ornée d'une statue de saint Ursanne. Le site figure depuis 1986 à l'inventaire des sites protégés. La ville médiévale est un bien culturel d'importance nationale.[1][5][10]

Vestiges de Saint-Ursanne

Ruines du château. Forteresse épiscopale construite vers 1330 sur le rocher au nord de la ville. Ses ruines sont un bien culturel d'importance régionale. Il en resterait une porte, une tour et des pans de murs. Ses pierres ont servi de matériau de construction, les dernières en 1828 pour une filature, un détail à confirmer.[1][5]

Enceinte du XIVe siècle. Murailles élevées au XIVe siècle et financées dès 1378 par la taxe sur le vin. Les façades arrière des maisons en forment d'importants vestiges, avec une tour de défense côté Doubs (rue Basse 6). Une partie aurait été restaurée.[1]

Vestiges anciens. Trouvailles du Mésolithique à l'âge du Bronze au lieu-dit Les Grippons et vestiges des VIIe-Xe siècles sous le cloître.[1]

Légendes de Saint-Ursanne

L'ermite Ursanne. Selon la légende, la ville doit son origine au moine irlandais Ursanne (Ursicinus), qui vécut en ermite dans une grotte au-dessus du Doubs. La chapelle de l'Ermitage a été bâtie en son honneur à côté de cette grotte.[10]

Sources

  1. Dizionario storico della Svizzera, « Saint-Ursanne (villaggio) » (Jean-Paul Prongué), versione del 18.05.2020
  2. Dictionnaire historique de la Suisse, « Saint-Ursanne (chapitre) » (Jean-Paul Prongué), version du 11.06.2020
  3. Denis Moine, Chronologie jurassienne, « Saint-Ursanne : Histoire, Chronologie »
  4. Denis Moine, Chronologie jurassienne, « Saint-Ursanne : Ermitage »
  5. Office fédéral de la protection de la population (OFPP), Inventaire PBC, liste cantonale du canton du Jura (état au 1.1.2026)
  6. Inventaire PBC, fiche 3607 « Collégiale, cloître et ancienne église St-Pierre », texte de la Société d'histoire de l'art en Suisse (Guide artistique de la Suisse)
  7. Inventaire PBC, fiche 3614 « Pont sur le Doubs », texte de la Société d'histoire de l'art en Suisse
  8. Inventaire PBC, fiche 9586 « St-Ursanne, ville médiévale », texte de la Société d'histoire de l'art en Suisse
  9. Conseil fédéral, communiqué « Morcote und Saint-Ursanne von der UNWTO als « Beste Tourismusdörfer » ausgezeichnet » (19.10.2023)
  10. Suisse Tourisme (MySwitzerland), « St-Ursanne / Clos du Doubs »
  11. geo.admin.ch (swisstopo), recherche de lieux « St-Ursanne »

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