Valangin
Origine du nom de Valangin
Première mention en 1241 sous la forme « de Valengiz » ; l'ancien nom allemand est « Valendis ». Le nom est souvent expliqué par le latin vallis angina, « la vallée resserrée », en référence au passage du Seyon entre des gorges étroites (à recouper). Les linguistes Wulf Müller et Eric Sigrist ont publié « Le toponyme Valangin, nouvel essai d'explication », signe que la question reste discutée. Le nom a été donné au Valanginien, étage géologique du Crétacé inférieur décrit en 1853 par Édouard Desor.
Fondation de Valangin
Valangin est situé à l'entrée nord des gorges du Seyon et comprend le hameau de La Borcarderie ainsi que les domaines de Bussy et du Sorgereux. Le site est fréquenté dès l'époque de Hallstatt, comme le montrent une dizaine de tumulus du bois de Bussy. Le château, siège de la seigneurie médiévale de Valangin, a livré les vestiges d'une tour romane du XIe ou du XIIe siècle ; sa tour maîtresse remonte au XIIIe siècle. Les origines de la seigneurie sont mal connues : une charte de donation à l'abbaye de Fontaine-André, vers 1143, mentionnerait des seigneurs se réclamant de Valangin, et un Berthold de Valangin aurait fait défricher les terres et bâtir le château en 1152 (à recouper pour ces deux points). La seigneurie passe ensuite aux seigneurs d'Aarberg. Le bourg actuel, au plan régulier, résulte d'une fondation planifiée et voulue par les d'Aarberg entre 1301 et 1330, probablement après la destruction de La Bonneville. Jean d'Aarberg lui octroie ses premières franchises en 1352 ; la bourgeoisie, réservée d'abord aux habitants de Valangin propriétaires d'une maison, recrute ensuite dans toute la seigneurie et au-delà, jusqu'à sa dissolution en 1852.
Histoire de Valangin
Époque de Hallstatt. Une dizaine de tumulus sont élevés dans le bois de Bussy ; ils sont fouillés entre 1920 et 1960.
XIe-XIIe siècle. Une tour romane, dont des vestiges ont été retrouvés, est bâtie au sommet de la colline.
vers 1143-1150. Une charte de donation à l'abbaye de Fontaine-André mentionne des seigneurs se réclamant de Valangin, Renaud et Guillaume d'Aarberg. C'est la plus ancienne trace indirecte connue du lieu, qui permettrait de faire remonter l'origine du château à la première moitié du XIIe siècle, voire au XIe siècle (à recouper).
1152. Berthold de Valangin, avec l'appui du comte Rodolphe II de Neuchâtel, aurait obtenu l'aide de nombreux villageois pour défricher les terres et construire le château (à recouper).
avant 1218. La seigneurie de Valangin passe aux mains des comtes de Neuchâtel (à recouper).
1215-1251. Les seigneurs d'Aarberg prennent le contrôle de Valangin ; la date varie selon les sources, de 1215 à après 1251 (à recouper).
1241. Plus ancienne mention écrite connue du nom du lieu, sous la forme « de Valengiz ».
1276. Mort d'Ulrich Ier d'Aarberg. Ses terres, dont Valangin, sont partagées entre trois de ses fils. L'un d'eux, Jean Ier, fonde la branche d'Aarberg-Valangin (à recouper).
XIIIe siècle. Construction de la tour maîtresse du château, une tour-salle gothique à quatre niveaux combinant logement seigneurial et défense.
6 janvier 1296. Première mention explicite du château dans un document d'archives, sous la formule « li chastels de Valangins ».
1296. La même année, après la défaite de Coffrane face au comte Rodolphe IV de Neuchâtel, Jean Ier et Thierry d'Aarberg résignent temporairement leurs terres à l'évêque de Bâle (à recouper).
1301-1330. Les d'Aarberg fondent selon un plan régulier le bourg au pied du château, probablement après la destruction de La Bonneville, ville neuve combattue par le comte de Neuchâtel (à recouper pour ce dernier point).
1352. Jean d'Aarberg octroie au bourg ses premières franchises.
milieu du XIVe siècle. Construction de la tour Prisonnière, qui domine la basse-cour du château.
XVe-XVIe siècle. Les murailles sont complétées et une enceinte extérieure relie le bourg au château. Des inventaires recensent une dizaine de pièces au château en 1429 et une trentaine en 1517.
1505. Consécration de la collégiale Saint-Pierre, érigée par Claude d'Aarberg et Guillemette de Vergy ; son chapitre, formé d'un prévôt et de six chanoines, incorpore sept des onze églises paroissiales de la seigneurie.
1517. Mort de Claude d'Aarberg. Sa veuve, Guillemette de Vergy, fait construire un vaste corps de logis neuf au château, avec poêle, grande cuisine, fours, chambres et galeries.
1531. La collégiale est mise à sac lors de la Réforme, qui met fin au chapitre ; la seigneurie adopte la Réforme en 1536 (à recouper pour cette date). Valangin, qui relevait de la paroisse d'Engollon, forme ensuite une paroisse avec Boudevilliers.
1552. René de Challant fait reconstruire à grands frais le mur séparant le château du bourg.
1563-1564. Construction, face à la collégiale, d'une maison dite « de Madame T. » ; une « Maison Touchon » datée de 1588 est aussi mentionnée au même emplacement (à recouper).
1565. Mort de René de Challant, qui marque la fin des grands travaux de construction menés au château.
1592. À la suite d'un désaccord entre héritiers, la seigneurie de Valangin est rattachée au comté, puis à la principauté, de Neuchâtel.
1601, 1701 et 1713. Effondrements successifs de tours du château, qui conduisent à l'arasement partiel de son enceinte extérieure.
1707. Après l'extinction de la maison souveraine des Orléans-Longueville, les États de Neuchâtel choisissent le roi de Prusse comme nouveau prince. Valangin suit ce changement de souverain avec le reste de la principauté.
1747. Un incendie accidentel détruit la plupart des bâtiments du château, à l'exception de la grande tour gothique.
1766. Une fabrique d'indiennes s'établit à La Borcarderie.
1769-1772. Reconstruction du château, qui lui donne l'essentiel de sa silhouette actuelle : la partie nord est remplacée par une terrasse, le corps sud est abaissé d'un niveau.
1789. Démolition de la tour Prisonnière.
1806. La principauté de Neuchâtel, dont dépend Valangin, est cédée par la Prusse à Napoléon (à recouper).
1815. La principauté de Neuchâtel, et donc Valangin, intègre la Confédération suisse.
1839-1841. Restauration de l'église Saint-Pierre, qui prend la forme d'une croix grecque.
1848. Le château cesse de servir de tribunal ; Valangin fait partie du district du Val-de-Ruz jusqu'en 2017.
1852. Dissolution de la bourgeoisie de Valangin.
1853. Le géologue Édouard Desor décrit le Valanginien, couche géologique qui porte le nom du lieu.
1894. Le château cesse de servir de prison. L'État en cède la jouissance à la Société d'histoire et d'archéologie, qui y installe un musée régional.
1896-1916. Campagnes successives de restauration du château, menées notamment sous la direction des architectes Léo Châtelain, Jean Béguin puis Louis Reutter.
1901. Un tramway relie Valangin à Neuchâtel ; il est remplacé par un trolleybus de 1948 à 1968, puis par l'autobus Neuchâtel-Cernier.
1905. Le château et son enceinte sont classés monument historique.
1973. Le viaduc d'évitement de Valangin s'effondre en cours de construction (sept blessés, à recouper).
1975. Ouverture du viaduc d'évitement, qui mène aux gorges du Seyon.
1994-1996. Modernisation de l'accès au musée et sécurisation des collections. Une réserve d'eau et un abri pour biens culturels sont aménagés sous la terrasse.
début du XXIe siècle. Valangin conserve quelques exploitations agricoles et un petit artisanat ; la majorité des actifs sont des pendulaires.
2005. Dernière restauration de la collégiale.
2011. Une seule paroisse réformée regroupe désormais tout le Val-de-Ruz.
2016. La population de Valangin accepte par votation le principe d'une fusion avec la Ville de Neuchâtel.
2017. Valangin rejoint l'association « Les plus beaux villages de Suisse ».
été 2020. Inauguration au château d'un jardin d'inspiration médiévale, organisé en terrasses sur environ 8'000 mètres carrés autour de neuf thèmes.
2021. Le 1er janvier, Valangin fusionne avec Neuchâtel, Corcelles-Cormondrèche et Peseux et devient une localité de la nouvelle commune de Neuchâtel, qui compte alors 44'411 habitants.
Population de Valangin
| 1750 | 186 |
| 1850 | 418 |
| 1900 | 476 |
| 1950 | 427 |
| 2000 | 400 |
| 2010 | 409 |
| 2020 | 523 (recensement cantonal au 31.12.2020) |
Lieux historiques de Valangin
Le château de Valangin. Bâti sur un éperon rocheux au débouché des gorges du Seyon, le château est resté la résidence des seigneurs de Valangin du XIIe au XVIe siècle. Sa silhouette actuelle combine une tour-salle gothique de la fin du XIIIe siècle, un vaste corps de logis remanié au XVIe siècle et une enceinte extérieure à onze tours demi-circulaires. Transformé en musée régional dès 1894 après avoir servi de tribunal puis de prison, il est classé monument historique depuis 1905. On y visite la grande salle, la chambre seigneuriale, la cuisine, ainsi que d'anciens cachots. Un jardin d'inspiration médiévale, aménagé en terrasses sur environ 8'000 mètres carrés, a été inauguré à l'été 2020.
Le Bourg, la vieille ville fortifiée. Fondé selon un plan régulier entre 1301 et 1330 au pied du château, le bourg conserve un plan médiéval d'environ 70 mètres sur 50. Sa rue principale est bordée de maisons des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles et débouche au nord sur une porte de ville du XVe siècle.
La collégiale Saint-Pierre. Érigée par Claude d'Aarberg et Guillemette de Vergy et consacrée en 1505, elle abrite les gisants de ses deux fondateurs, qui y sont inhumés. Restaurée en 1839-1841, elle présente un plan en croix grecque de style gothique tardif ; sa dernière restauration date de 2005.
La maison face à la collégiale. Maison ancienne aujourd'hui occupée par une galerie d'art. Elle est appelée « maison de Madame T. » et datée de 1563-1564 par certaines sources, tandis que d'autres mentionnent au même emplacement une « Maison Touchon » de 1588 (à recouper).
Le hameau de La Borcarderie. Hameau rural avec une demeure de type seigneurial ; une fabrique d'indiennes s'y établit en 1766. Il figure, avec le village de Valangin, à l'inventaire fédéral des sites construits d'importance nationale à protéger en Suisse (ISOS).
Vestiges de Valangin
Tumulus du bois de Bussy. Une dizaine de tumulus de l'époque de Hallstatt y ont été fouillés entre 1920 et 1960. Le tumulus 8 contenait un homme inhumé avec un rasoir en fer, un bracelet et un nécessaire de toilette ; le tumulus 4 a livré des bracelets en bronze et en sapropélite, des anneaux et un grelot ; le tumulus 5 abritait quatre sépultures, dont celle d'une femme du Hallstatt final portant une plaque de ceinture en bronze décorée.
Vestiges du premier château, XIe-XIIe siècle. Des vestiges d'une tour romane du XIe ou du XIIe siècle ont été découverts au sommet de la colline ; du château primitif ne subsistent que quelques tronçons de murs noyés dans les reconstructions ultérieures.
Les cachots du château. Deux cachots et une cage de bois sont encore visibles au château, témoins de son usage comme tribunal jusqu'en 1848 puis comme prison jusqu'en 1894.
L'enceinte extérieure. L'enceinte extérieure des XVe et XVIe siècles, qui relie le bourg au château, conserve des tours demi-circulaires percées de meurtrières, malgré les effondrements de 1601, 1701 et 1713.
La porte de ville du Bourg. Datant du XVe siècle, elle marque toujours l'entrée nord de la rue principale du bourg fortifié.
Fortifications du XXe siècle. La région conserve des ouvrages fortifiés liés à la défense nationale pendant la Seconde Guerre mondiale ; un musée consacré à la Brigade frontière 2 existerait dans les environs (à recouper).
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Valangin (commune) » (version du 24.09.2021)
- Wikipédia (français), « Valangin »
- Wikipédia (allemand), « Valangin »
- Wikipédia (anglais), « Valangin »
- Wikipédia (français), « Château de Valangin »
- Ville de Neuchâtel, « Fusion avec Neuchâtel »
- Ville de Neuchâtel, page découverte « Valangin »
- swisscastles.ch, « Château de Valangin »
- État de Neuchâtel, arrêté du 10 février 2021 portant homologation des résultats du recensement cantonal de la population du 31 décembre 2020
- Ville de Neuchâtel, communiqué « Recensement : la population de Neuchâtel est stable » (11 février 2021)
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