
Genève
Origine du nom de Genève
César est le premier à nommer la ville, en 51 av. J.-C. : « Genua ». On trouve ensuite « Genava » et, dans la Notitia Galliarum, « Civitas Genavensium ». L'origine du nom n'a pas encore été expliquée.[1]
Fondation de Genève
Genève est née sur une colline que protègent le lac, le Rhône, l'Arve et, à l'est, des fossés. Le lieu est habité dès la fin du Ve millénaire av. J.-C. : les plus anciennes traces ont été retrouvées sous le temple de Saint-Gervais. Des villages littoraux occupent ensuite la rade, au IVe millénaire et à l'âge du Bronze. Vers la fin du IIe siècle av. J.-C., les Allobroges développent un oppidum sur la colline Saint-Pierre. Une fois les Allobroges soumis par Rome, la ville devient un poste avancé de la Gaule transalpine, puis un vicus rattaché à la colonie de Vienne, et enfin une civitas à la fin du IIIe siècle. Au IVe siècle, elle est déjà le siège d'un évêché.[1][4]
Histoire de Genève
fin du Ve millénaire av. J.-C.. Premières traces d'habitat, découvertes sous le temple de Saint-Gervais.[1]
121 av. J.-C.. Soumission des Allobroges : Genève devient un poste avancé de la Gaule transalpine.[1]
58 av. J.-C.. César s'installe à Genève ; la ville s'agrandit et se dote de fossés et de murs de terre.[1]
vers 376-380. Achèvement du premier complexe cathédral. Isaac est le premier évêque connu.[1]
443. Installation des Burgondes en Sapaudia : Genève devient leur capitale.[1]
563. L'éboulement du Tauredunum provoque un raz-de-marée sur le lac et des destructions à Genève.[1]
1124. Le traité de Seyssel reconnaît la souveraineté de l'évêque sur la cité. En 1162, Frédéric Barberousse fait des évêques des princes immédiats de l'Empire.[1]
1309. L'évêque Aymon de Quart reconnaît les syndics, quatre élus chaque année. Construction de la halle du Molard.[1]
1387. L'évêque Adhémar Fabri confirme solennellement les franchises de la ville, en 79 articles.[1]
1526. Traité de combourgeoisie avec Berne et Fribourg, approuvé le 25 février : fin du pouvoir épiscopal.[1]
1536. La Réforme est adoptée en Conseil général le 21 mai.[1]
1559. Fondation de l'Académie.[1]
1602. Dans la nuit du 11 au 12 décembre (ancien style), l'Escalade : l'attaque savoyarde menée par Charles de Simiane d'Albigny échoue. Une centaine de morts, dont dix-sept Genevois. La paix de Saint-Julien (1603) reconnaît implicitement l'indépendance de Genève.[2]
1708. La « machine des eaux » de Joseph Abeille pompe l'eau du Rhône pour la ville.[1]
1798. Annexion à la France : Genève devient le chef-lieu du département du Léman. La loi du 17 février 1800 la dote d'une mairie.[1][4]
1842. Après la Restauration de 1814, qui avait supprimé la commune, et le coup de force du 21 novembre 1841, la Constitution de 1842 rend à la ville son autonomie municipale : un Conseil municipal de 81 membres élit un Conseil administratif de 11 membres.[1][4]
1849. Début de la démolition des fortifications, qui ouvre la ville à de nouveaux quartiers, à l'université (1868-1873) et au Grand Théâtre (1874-1879).[1]
1891. Inauguration du jet d'eau, pour le 600e anniversaire de la Confédération.[1]
1920. La Société des Nations s'installe à Genève. L'ONU y est présente depuis 1946.[1]
1931. Après le vote populaire du 18 mai 1930, la fusion avec Plainpalais, les Eaux-Vives et le Petit-Saconnex est opérée le 10 juillet. Les quatre arrondissements portant le nom des anciennes communes subsistent jusqu'en 1958.[1][4][5]
1968-1969. Lise Girardin est la première femme maire de Genève.[1]
Population de Genève
Sources et références : [1][3]
| 1356-1358 | 491 feux (foyers), environ 2'500 habitants |
| 1550 | 13'150 (ville d'alors) |
| 1650 | 12'250 (ville d'alors) |
| 1690 | 16'220 (ville d'alors) |
| 1798 | 24'331 (ville d'alors) |
| 1834 | 27'177 (ville d'alors) |
| 1850 | 37'724 (territoire communal actuel) |
| 1900 | 97'359 (territoire communal actuel) |
| 1930 | 124'121 (territoire communal actuel) |
| 1950 | 145'473 |
| 1970 | 173'618 |
| 2000 | 177'964 |
| 2025 | 210'601 |
Lieux historiques de Genève
Cathédrale Saint-Pierre. Commencée au milieu du XIIe siècle sous l'épiscopat d'Arducius de Faucigny et achevée un siècle plus tard, elle marque le passage du roman au gothique. Le cardinal Jean de Brogny y fait élever la chapelle des Macchabées, l'un des premiers exemples du gothique flamboyant, entre 1397 (autorisation papale) et 1405. Le mobilier d'origine a presque entièrement disparu. Le portique néoclassique, dessiné par Benedetto Alfieri, date de 1752-1756 (ou 1752-1755). Bien culturel d'importance nationale.[1][7][9]
Maison Tavel. La plus ancienne des maisons médiévales conservées à Genève, propriété dès la fin du XIIIe siècle de la famille noble des Tavel, qui la reconstruit après l'incendie de 1334. Bien culturel d'importance nationale, elle abrite depuis 1986 un musée de l'histoire urbaine et de la vie quotidienne, avec le relief Magnin, maquette de Genève vers 1850 réalisée par l'architecte Auguste Magnin entre 1880 et 1896.[8][9]
La Rade et le jet d'eau. Le port général ou Rade, aménagé en 1858, sert au commerce lacustre jusqu'au début du XXe siècle. Le jet d'eau y est inauguré en 1891.[1]
Musée d'art et d'histoire. Construit en 1903-1910 sur les terrains libérés par la démolition des fortifications, il conserve notamment des trophées de l'Escalade de 1602.[1][2]
Vestiges de Genève
Site archéologique de la cathédrale. Fouillé et aménagé entre 1976 et 2006 sous la cathédrale Saint-Pierre, il montre les étapes du groupe épiscopal : premier sanctuaire chrétien installé dans une habitation romaine que l'on a pu considérer comme un praetorium, complexe cathédral achevé vers 376-380, puis deuxième cathédrale et baptistère déplacé au Ve siècle.[1][7]
Port gaulois. Des piquets de chêne datés par dendrochronologie montrent qu'un port est aménagé vers 123-105 av. J.-C. au pied de l'oppidum.[1]
Stations littorales de la rade. Des villages littoraux occupent la rade au IVe millénaire av. J.-C. et densément aux XIe-Xe siècles av. J.-C. (Bronze final), avant d'être abandonnés au IXe siècle av. J.-C. à la suite d'une remontée du lac.[1]
Légendes de Genève
La mère Royaume. Selon la tradition de l'Escalade, la mère Royaume aurait jeté des projectiles sur les assaillants savoyards dans la nuit de 1602. Elle reste une figure emblématique des fêtes de l'Escalade, avec le chant « Cé qu'è lainô », composé peu après l'événement et devenu l'hymne genevois.[2]
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Genève (commune) » (Martine Piguet, Jean Terrier, Charles Bonnet, Liliane Mottu-Weber, Irène Herrmann, Charles Heimberg), version du 07.02.2018
- Dictionnaire historique de la Suisse, « Escalade », version du 26.11.2009
- Office cantonal de la statistique (OCSTAT), Mémento statistique du canton de Genève 2026, tableau Population résidante par commune, en 2025
- Ville de Genève, « Le régime municipal »
- Ville de Genève, Compte rendu de l'administration municipale pendant l'année 1931 (1932)
- geo.admin.ch, service de recherche de swisstopo (coordonnées)
- Inventaire fédéral des biens culturels (PBC), fiche 2443 « Cathédrale Saint-Pierre et chapelle des Macchabées », texte de la Société d'histoire de l'art en Suisse (Guide artistique de la Suisse)
- Inventaire fédéral des biens culturels (PBC), fiche 2466 « Maison Tavel », texte de la Société d'histoire de l'art en Suisse (Guide artistique de la Suisse)
- Inventaire PBC, liste cantonale Genève (état au 1.1.2026)
Localités de la commune avec une fiche
- Bourg-de-Four
- Champel
- Faubourgs de Saint-Léger et Saint-Victor
- Le Petit-Saconnex
- Les Acacias
- Les Eaux-Vives
- Pâquis
- Plainpalais
- Prieuré de Saint-Jean
- Saint-Gervais
Autres villages près de Genève
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